Interview du fondateur de Ledger – Eric Larchevêque – au FDDay 2018

Exclusif – La semaine dernière, lors de l’événement France Digital Day 2018 à Paris, nous avons rencontré et interviewé Eric Larchevêque, co-fondateur et actuel CEO de l’entreprise française Ledger.

 

 

Pensez-vous que les ventes du portefeuille Ledger Nano S seront supérieures à l’année dernière (plus de 1 million d’unités vendues en 2017) ?

Clairement non. Quand il y a une baisse sur le marché, que ce soit sur le Bitcoin ou le MarketCap en général, il y a une baisse de l’intérêt global, il y a moins de nouveaux utilisateurs qui arrivent, et cela fait moins de trafic sur le site et donc moins de ventes. Les prévisions de vente sont en deçà de l’année 2017.

 

Vous avez récemment lancé Ledger Vault aux USA, une solution pour les institutions, pouvez-vous nous en dire plus ?

Notre métier est de sécuriser les crypto-assets depuis 2014. Avec le Nano S, nous nous sommes d’abord intéressés aux individus.

Aujourd’hui, il y a de plus en plus de grandes entreprises, des banques, des fonds d’investissement qui possèdent – ou prévoient de posséder – des crypto-monnaies et qui ont aussi besoin de sécurité. Ils ne peuvent pas utiliser le Nano S car il a le “défaut” d’être associé à une seule personne en particulier.

Avec Ledger Vault, nous voulons proposer une solution qui permet de sécuriser des crypto-actifs avec de la gouvernance (multi-signature, ouverture retardée…), des règles permettant de distribuer les risques.

C’est une solution qui permet à nos clients – tout en gardant la propriété des crypto-actifs – d’avoir toute la gouvernance nécessaire à assurer la gestion des fonds de manière contrôlée.

 

L’arrivée de ‘Wall Street’ aidera-t-elle à l’adoption de la crypto-monnaie ?

Depuis 6 mois, nous dealons avec des centaines de clients dans le monde entier qui souhaitent entrer sur le marché, et que l’on pourrait qualifier de “Wall Street” : des banques d’affaires, des entreprises financières, des hedge funds…

Dans les mois qui viennent, nous allons voir une injection phénoménale d’argent, qui se mesure en milliards, voire dizaines de milliards. On pensait que ce serait fin 2018, mais ça sera finalement pour 2019.

On peut imaginer que cette arrivée va probablement contribuer à faire remonter les cours. Concernant l’adoption, c’est difficile à dire, tout dépend de ce que l’on entend par adoption. Ce qui est certain, c’est que l’impact ne sera pas neutre sur l’industrie.

 

Pour votre seconde levée de fonds, des rumeurs affirment que de gros industriels comme Samsung seraient intéressés pour investir dans Ledger. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Pas de commentaire.

 

Cet été, vous avez annoncé vendre un dernier lot de Ledger Blue. Le produit a-t-il un avenir ?

Le Ledger Blue n’est pas abandonné, il est maintenant réservé à notre marché entreprises (Ledger Vault) comme interface privilégiée pour accéder à nos différents services.

 

Quel est votre avis sur le nouveau cadre juridique mis en place pour les ICOs en France ?

L’AMF a vraiment fait preuve d’innovation. C’est une bonne nouvelle pour l’écosystème qui va pouvoir se conforter à un cadre bien spécifique, qui donnera des règles du jeu. Il s’agit d’un cadre non obligatoire, c’est une première étape qui va dans le bon sens.

 

D’après vous, les états vont-ils émettre des crypto-monnaies ?

Je pense qu’en matière de crypto-monnaies, nous allons plutôt voir de plus en plus d’initiatives concernant des stablecoins soutenus par des réserves en monnaie-fiat et émis par des banques de détails ou des fintechs réglementées. Pas des états ni des banques centrales directement.

Cela va, à mon sens, créer une véritable opportunité pour l’adoption grâce à de nouveaux actifs moins exposés à la volatilité.

 

Votre sentiment actuel pour le marché de la crypto-monnaie ?

Le marché connaît des cycles, il y a des hauts et des bas. Aujourd’hui, nous sommes dans un bas, je ne sais pas si nous sommes au plus bas.

Ma prédiction : je pense que le marché va rester en recul durant 12 à 18 mois, ça fait déjà quelques mois qu’on est dedans, on risque de voir un renouveau l’année prochaine, probablement au second semestre 2019.

Bien sûr, les promesses n’engagent que ceux qui les croient, nul ne sait, mais par rapport à la dynamique actuelle, ce serait ma prédiction.


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