Facebook : Le projet Libra effraie les gouvernements

La future crypto-monnaie de Facebook inquiète déjà plusieurs importants hommes politiques autour du monde. En France, Bruno Le Maire a déclaré que le Libra Coin ne pouvait pas devenir une monnaie souveraine.

 

Dévoilé pour la première fois en décembre 2018 et présenté officiellement mardi, le projet de pièce numérique de Facebook baptisé Libra s’est rapidement attiré les foudres des législateurs.

Hier, lors d’un discours au Parlement français, le Ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré :

“S’il s’agit d’un instrument de transactions, pourquoi pas ? S’il s’agit en revanche d’une monnaie souveraine, ça ne peut pas être le cas ! Une société privée ne peut pas ni ne doit pas créer une monnaie qui pourrait rentrer en concurrence avec les monnaies des états.” a-t-il dit, tout en ajoutant que seules les banques centrales pouvaient assurer le rôle de préteur en dernier recours et que les états obéissaient à l’intérêt général alors que les entreprises à des intérêts privés.

Le Maire souhaite que les gouverneurs du G7 réalisent un rapport sur les garanties qui doivent être apportées : sur la protection des données, sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme et enfin sur la protection des consommateurs.

“Cela ne fait que renforcer notre détermination à réguler les géants du numérique et à imposer une taxation internationale qui soit juste et efficace. Nous refusons les monopoles.” a-t-il conclu.

En Allemagne, Markus Ferber, un député européen, a quant à lui déclaré qu’avec ses milliards de membres, Facebook avait les moyens de devenir une « banque parallèle » et que les régulateurs se devaient de surveiller cela de près.

Au Royaume-Uni, le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, qui avait discuté avec le réseau social plus tôt cette année au sujet du projet Libra, a également fait savoir que le jeton numérique devait faire l’objet d’une réglementation et d’une surveillance stricte.

“Nous allons regarder cela de manière coordonnée au niveau du G7, de la BRI, du FSB et du FMI.” a-t-il dit.

Outre Atlantique, Maxine Waters, la présidente démocrate de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis, a exhorté Facebook à mettre en suspens le projet afin de laisser du temps aux législateurs de l’examiner plus en détail.

“Suite à l’annonce concernant son intention de créer une crypto-monnaie, Facebook poursuit son expansion non contrôlée et étend sa portée dans la vie de ses utilisateurs.” a-t-elle déclaré, en soulignant que le marché cryptographique manquait encore cruellement de réglementation.

Toujours aux USA, le sénateur de l’Ohio, Sherrod Brown, a rappelé que la multinationale était très puissante, et qu’elle avait, par le passé, utilisé ce pouvoir pour exploiter les données des utilisateurs sans protéger leur vie privée.

“Nous ne pouvons pas permettre à Facebook d’exécuter une crypto-monnaie à risque sur un compte bancaire suisse sans surveillance.” a-t-il ajouté.

En mai, Facebook a créé Libra Networks, une nouvelle entreprise de technologie financière basée en Suisse et spécialisée dans les paiements et la blockchain, afin de mener à bien son projet.

En réponse aux critiques, une représentante de Facebook a indiqué que la firme était impatiente de répondre aux questions des législateurs à mesure que le projet se développerait.

Le réseau social envisage de lancer son stablecoin adossé à plusieurs monnaie-fiats et soutenu par une myriade de grandes compagnies au premier trimestre 2020.


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