La fintech blockchain SETL crée la surprise en publiant un avis d’insolvabilité

L’entreprise SETL, basée à Londres et notamment soutenue par le Crédit Agricole, a déposé un avis d’insolvabilité et recherche « une plus grande société de services financiers » pour reprendre son activité logicielle.

 

SETL, dont le conseil d’administration compte plusieurs poids lourds de la finance tels que Christian Noyer, gouverneur de la banque centrale française de 2003 à 2015, a nommé des administrateurs dans le cadre d’une « réorganisation corporative » au Royaume-Uni, afin de séparer ses activités logicielles de ses portefeuilles d’investissements.

Depuis 2015, SETL a développé (à Paris) deux solutions s’appuyant sur une infrastructure blockchain : ID2S, un dépositaire central de titres (un organisme où sont comptabilisés les titres, valeurs mobilières ou titres de créances négociables, détenus, en propre ou au nom de leurs clients, par les intermédiaires financiers que sont les banques et les courtiers) et Iznes, une plate-forme de conservation des données pour les fonds Européens.

Cet avis d’insolvabilité  crée d’autant plus la surprise qu’en octobre 2018, SETL avait obtenu une licence de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour mettre en œuvre le dépositaire central de titres basé sur la blockchain.

Mais pour être en conformité avec les régulateurs, les entreprises impliquées dans ce type d’infrastructures de marché doivent détenir en fond propre un capital réglementaire important – dont le montant dépend généralement du volume d’affaires traité. Or SETL, malgré trois levées de fonds pour un total de 39 millions de dollars, et dont le dernier tour a notamment réuni, en février 2018, Citigroup et le Crédit Agricole, ne dégageait pas encore un bénéfice suffisant pour se conformer aux exigences des organismes de régulation.

L’un des fondateurs de SETL, Peter Randall, ancien directeur exécutif de la Banque d’Angleterre et vétéran de la City de Londres, explique ainsi dans un communiqué.

“Après avoir rapidement investi dans le développement d’ID2S, SETL Development reconnaît que, en tant que société de technologie en phase de démarrage, elle n’est pas suffisamment bien placée pour fournir le capital requis. SETL envisage maintenant de placer son portefeuille ID2S dans une plus grande entreprise de services financiers, à même de fournir le capital nécessaire pour soutenir la trajectoire de croissance.”

Si SETL cherche à revendre ses activités logicielles réglementées, la firme souhaite toutefois continuer à développer des solutions blockchain.

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