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Komgo, une blockchain Ethereum du trade finance à 800 millions de dollars

Cryptonaute ©

Acteurs nombreux et diversifiés, processus peu digitalisés, documents papier… le commerce de matières premières se prête idéalement à la blockchain. Komgo, une blockchain privée (Ethereum Quorum) en est une parfaite illustration. Témoignage.

 

Si l’écosystème de la blockchain est encore naissant, des projets n’en sont pas moins déjà en production, comme l’illustre la typologie dressée par Bpifrance. C’est notamment le cas dans le domaine de la supply-chain et de la traçabilité des produits, mais aussi du commerce international ou trade finance.

Cela s’explique principalement par la création de consortiums de grandes entreprises de la finance, comme c’est le cas pour la blockchain Komgo. Il s’agit, comme We.trade, d’une plateforme de trade finance, mais spécialisée cette fois dans le négoce de matières premières.

Le trading de matières premières : un marché considérable

Les enjeux financiers y sont là aussi considérables, environ 25% du marché globale du négoce qui se chiffre en trillions de dollars. Autre caractéristique : l’écosystème fait intervenir de très nombreux acteurs (producteurs de matières premières, industriels consommateurs, transporteurs, autorités de contrôle, auditeurs, intermédiaires, etc.).

Mais ce marché reste aussi « très peu digitalisé », ce qui contribue à en faire un candidat idéal pour la blockchain, souligne Frédéric Dalibard, directeur du digital pour CIB Natixis et directeur du board de Komgo.

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D’autres facteurs y participent encore : « pratiques de marché très disparates et morcelées », multiples échanges de documents, en particulier papier, risques de fraudes, et des processus non standardisés et par silos.

Le transit d’un cargo de matières premières nécessite ainsi 36 documents pour son acheminement et sa sécurisation. 240 copies circuleront en outre entre les différents intervenants de la transaction liée à cette cargaison.

“Globalement, l’écosystème technologique n’est pas adapté à toutes ces contraintes et ne permet pas aujourd’hui de gérer tous ces points de douleurs,” insiste le responsable de la banque.

L’objectif de Komgo, un consortium de banques, extracteurs et négociants, était donc de répondre à toute cette complexité.

Une plateforme blockchain en production depuis un an

Mais Komgo, c’est surtout une startup basée à Genève et financée (août 2018) par les membres d’une blockchain privée, 15 actionnaires, et dont l’objet est de « digitaliser une activité qui n’a pas bougé depuis plus de 100 ans ».

Dès décembre 2018 une première solution est mise en production grâce à un développement rapide en mode agile et DevOps via cinq scrum teams. La plateforme basée sur la technologie blockchain Ethereum Quorum propose ainsi des fonctionnalités incontournables de l’univers du trade finance, comme les lettres de crédit ou un menu KYC pour l’échange de documents sécurisé.

Sur le plan technologique, Frédéric Dalibard revendique « une utilisation intelligente de la blockchain » grâce notamment à une architecture distribuée, des connexions point à point, l’horodatage et la vérification des documents et une gestion de la sécurité intégrée.

Blockchain oblige, se pose en matière d’architecture la question des nœuds. Komgo permet ainsi à des membres de la blockchain de faire le choix de nœuds légers ou « light nodes ». Ce choix s’explique par la volonté de pouvoir accueillir des entreprises plus modestes sans les compétences techniques ni les moyens d’héberger des nœuds classiques, soit lourds.

Un peu plus d’un an après le lancement de la blockchain de trade finance, celle-ci accueille en production 11 des 15 utilisateurs. Mais Komgo est également intégré avec une autre plateforme blockchain, Vakt, positionnée sur le volet négoce.

Intégration avec la blockchain Vakt pour le financement

Cette intégration permet un transfert d’informations sur les transactions de Vakt vers Komgo pour leur financement. Pour le directeur du digital, il s’agit de « la première intégration qui marche entre deux plateformes réellement indépendantes. »

“[Ce rapprochement technique] offre la possibilité pour Komgo de fournir des financements soit émanant de clients de Vakt, soit de clients connectés en standalone depuis leur système de négoce,” détaille-t-il.

Et les bénéfices sont multiples pour les utilisateurs. Les caractéristiques de la transaction sont certifiées via la blockchain, empêchant leur falsification ; connexion par API évitant une ressaisie des données ; absence de renégociation des contrats, modélisés…

Les gains estimés en termes d’efficacité opérationnelle ? Un rapport de un à 100 pour des transactions traitées non plus en semaines, mais en heures.

Depuis le lancement, ce sont ainsi 800 millions de dollars de transactions sur des matières premières qui ont été financés. La solution s’ouvre également à de nouveaux utilisateurs. En août dernier, elle a en effet accueilli son premier utilisateur non-actionnaire, « une grosse entité » du monde pétrolier.

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