Le jeu de fantasy football Sorare a levé quatre millions de dollars. Partenaire de plus de 90 clubs sportifs, Sorare commercialise des cartes numériques à collectionner. L’échange et la propriété de ces tokens NFT sont gérés grâce à la blockchain Ethereum.
A l’image de The Sandbox, Sorare fait mieux que résister à la crise. L’éditeur d’un jeu de fantasy football sur la blockchain a en effet enregistré une accélération de ses ventes au cours des six derniers mois.
L’entreprise fondée par deux Français, Nicolas Julia et Adrien Montfort, annonce ainsi avoir multiplié ses ventes par dix depuis décembre 2019. Celles-ci ont bondi sur la période de 30.000 à 350.000 dollars par mois.
Des cartes Panini au format numérique et monétisables
Et c’est cette dynamique qui a permis à Sorare de convaincre de nouveaux investisseurs de rejoindre un tour d’amorçage. La startup a ainsi levé 4 millions de dollars auprès d’e.ventures, Partech, Fabric Ventures et Semantic Ventures.
La plateforme de vente de cartes numériques de football compte même désormais parmi ses actionnaires un ancien champion du monde de football : André Schürrle. Un gage de sérieux pour Sorare dont le modèle économique repose sur des partenariats avec les clubs sportifs.
La startup blockchain, déjà rentable, en revendique aujourd’hui plus de 90, parmi lesquels des marques renommées comme la Juventus, l’Atlético et l’Olympique Lyonnais. Ces partenariats permettent l’émission de cartes sous licence à collectionner – exploitables ensuite par les joueurs du jeu de fantasy football.
Développer une présence sur Sorare offre à ces clubs une exposition à une audience mondiale de joueurs et une nouvelle source de revenus,” met en avant l’éditeur pour convaincre de nouveaux clubs.
Sorare prévoit ainsi de finaliser des partenariats de licence avec cinq ligues et 150 clubs d’ici la fin 2020.
La complexité de la blockchain invisible pour les joueurs
Ces clubs connaissent déjà les cartes physiques. Sorare transpose ce modèle dans le numérique via la blockchain. Joueurs et collectionneurs ont en effet la possibilité d’acquérir librement ces actifs numériques et de les vendre.
Les cartes s’incarnent dans la blockchain Ethereum sous forme de tokens NFT (non-fongibles). Leur valeur dépend des performances lors de matchs réels. La blockchain intervient « pour établir qui est propriétaire de la carte numérique à un moment donné et garantie la rareté numérique des cartes. »
Lancée en mars 2019, la plateforme Sorare a dégagé un million de dollars de chiffre d’affaires grâce à la vente de cartes depuis sa création. Le potentiel de croissance est considérable néanmoins. Partech évalue à 5,4 milliards de dollars le marché des cartes de sport aux États-Unis. Quant aux jeux de fantasy sports, ils réunissent plus de 200 millions de personnes dans le monde.
Quant à la dimension technologique de la plateforme et à la complexité de la blockchain, elles sont transparentes pour les joueurs. Thomas France, co-fondateur de Ledger, ne manque d’ailleurs pas de le souligner.
Sorare est l’un des rares projets à tirer parti de ce qui est formidable dans la Blockchain – des actifs numériques qui se sont avérés rares – tout en faisant abstraction de sa complexité pour le grand public,”
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