Cryptomonnaie : Le marché ICO en baisse de plus de 94%

Selon les données du site TokenData, alors que le marché des ICOs a généré 6,9 milliards de dollars au premier semestre 2018, seuls 118 millions de dollars ont été collectés au premier semestre de cette année.

 

Les premières ICOs ont été lancées en 2014 et ce mode de financement a littéralement explosé en 2017, permettant aux startups de toutes tailles de proposer au grand public de financer leur activité par le biais de cryptomonnaies. Le propre d’une ICO est de contourner les sources traditionnelles de financement et permettre à des investisseurs d’acquérir un jeton numérique correspondant au produit ou au service qu’une entreprise blockchain envisage d’offrir.

Mais, pour plusieurs raisons, le marché s’est fortement contracté, rapporte le WallStreetJournal.

Tout d’abord, les investisseurs ont été refroidis par les efforts menés par les régulateurs, notamment aux États-Unis via la Securities and Exchange Commission (SEC), pour encadrer les ICO.

La SEC considère certaines cryptomonnaies comme des titres (securities) et les assujettissent donc aux lois sur les valeurs mobilières.

De plus, la baisse enregistrée sur le marché cryptographique a logiquement fait diminuer le prix des jetons et les volumes d’échange. Enfin, de nombreuses ICOs se sont révélées n’être qu’une idée sur le papier, voire, une arnaque.

Sur les 2500 projets suivis par TokenData depuis 2017, 55% d’entre eux n’ont pas réussi à collecter des fonds. Parmi ceux qui l’ont fait, seuls 15% des startups ont des tokens qui se négocient à un prix égal ou supérieur au prix d’émission initial.

“Les ventes de jetons telles qu’elles se sont déroulées en 2017 et 2018 sont quasiment mortes.” a commenté Ricky Tan, fondateur de TokenData.

Selon un rapport de la bourse de dérivés BitMex, les centaines de jeunes sociétés qui ont lancé des jetons lors d’ICO ont pu détenir environ 24 milliards de dollars en cryptomonnaies. Depuis, ce chiffre s’est réduit aux alentours de 5 milliards de dollars, en raison de la baisse de la valeur des jetons.

D’après Joshua Ashley Klayman, avocate et fondatrice de Kayman LLC, même si les ICOs sont en perte de vitesse, elles pourraient se poursuivre au fur et à mesure que les régulateurs définissent les conditions qui permettraient à ces nouvelles entreprises de réunir des fonds d’une manière conforme à la réglementation.

En France, l’année dernière, l’organisme de régulation AMF avait évoqué la possibilité de distribuer des visas optionnels aux startups souhaitant lancer une ICO. Pour le moment, aucun visa n’a encore été distribué et le projet semble toujours à l’étude.

En décembre, une enquête révélait que plus de 15% des projets de crypto-monnaie lancés à travers une ICO présentaient des signes avant-coureurs d’escroquerie.

Depuis peu, un nouveau modèle pour lever des fonds via la blockchain plus encadré et appelé STO commence à émerger. Lire notre dossier sur les STO

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