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We.trade : la plateforme blockchain « next generation » du commerce international

Thierry Roehm et Sébastien Massart - Cryptonaute ©

Plateforme blockchain Hyperledger Fabric lancée par un consortium de 12 banques, we.trade gère aujourd’hui des transactions entre trois catégories d’acteurs. En 2020, elle s’interconnectera avec d’autres blockchains, se dotera d’un nouveau smart contract et accueillera d’autres clients.

 

Prenez un domaine d’activité complexe et généralement régulé, ajoutez-y une multiplicité d’acteurs échangeant entre eux le plus souvent au travers de documents papier, et il est fort probable que vous ayez un candidat idéal pour la blockchain. Le commerce international, ou trade finance pour les initiés, réunit justement ces différents critères.

Ce n’est donc pas un hasard si plusieurs consortiums blockchain rassemblant des sociétés internationales se sont constitués sur ce marché. C’est notamment le cas de we.trade, une société de droit irlandais créée par 12 grandes banques (HSBC, Société Générale, Banco Santander, Deutsche Bank…).

La confiance pour faciliter les échanges entre importateurs et exportateurs

Mais we.trade, c’est surtout une plateforme blockchain dédiée au financement du commerce international. « Dans le domaine du trade finance, il y a aujourd’hui une vraie demande de tous les intervenants » souligne le directeur des Trade Services de la Société Générale, Thierry Roehm.

Et pour favoriser les échanges entre ces acteurs du marché et leurs multiples intermédiaires, « il faut introduire de la confiance » souligne l’expert financier. D’autant que les sommes en jeu dans le trade finance sont considérables (trillions de dollars), et en forte croissance.

“L’importateur n’a pas envie de payer d’avance une marchandise qu’il n’a pas encore reçue, dont il ne connait pas bien la qualité… Le premier besoin, c’est donc l’introduction de plus de confiance pour faciliter les échanges entre importateurs et exportateurs, mais aussi sécuriser ces transactions pour leur permettre d’obtenir du financement,” détaille Thierry Roehm.

Et comme Frédéric Dalibard de Komgo, un autre consortium blockchain de trade finance, il souligne la problématique du papier dans ce secteur. Dans ce contexte, la blockchain, dans le cas de we.trade, Hyperledger Fabric, s’est donc révélée une solution.

Douze banques, de douze pays européens, ont pour cela fondé un consortium. Cette structure leur permet de réunir une base de clients suffisante pour rentabiliser les investissements nécessaires. Elles ont aussi mis en commun leurs ressources financières et leurs compétences.

Des évènements automatiques déclenchés grâce au smart contract

we.trade, c’est ainsi trois actifs principaux : la plateforme technologique, le role book (les règles régissant les relations entre intervenants sur le service) et la base clients. Les banques ont opté pour une approche qualifiée de « pragmatique » en ne cherchant pas à couvrir toutes les catégories de clients.

La blockchain supporte ainsi des transactions de commerce international entre les banques européennes en Europe, et impliquant par ailleurs principalement des PME. En revanche, la plateforme elle-même devait répondre « à tous les besoins et pouvant s’intégrer à nos systèmes d’information. Nous n’avons donc pas transigé sur les aspects de sécurité » précise le cadre de la Société Générale.

Comme Komgo, la plateforme est en production et accueille clients et transactions. we.trade, une « marketplace » donc, permet aujourd’hui à des importateurs et exportateurs d’échanger des informations sur des transactions, enregistrées sur la blockchain. La plateforme apporte un élément clé supplémentaire permis par la blockchain : le smart contract.

Concrètement, importateur et exportateur s’entendent au départ sur des conditions pour le déclenchement d’évènements automatiques sur la blockchain. Ces conditions contribuent à l’introduction de sécurité dans la transaction.

Typiquement, la livraison (l’évènement) de la marchandise chez l’importateur déclenchera automatiquement un paiement. Autre exemple d’évènement déclenché : l’émission par la banque de l’importateur d’une garantie, un facteur de confiance pour l’exportateur engagé dans la transaction. Ces différents évènements et conditions sont donc gérés au travers d’un smart contract.

Ouverture du consortium we.trade à d’autres acteurs du trade finance

Pour we.trade et les banques fondatrices, ces fonctionnalités représentent une première étape.

“Nous allons bien sûr introduire d’autres fonctions, mais surtout la nouvelle phase dans laquelle nous nous préparons à entrer consistera à introduire d’autres acteurs du commerce international,” annonce Thierry Roehm.

La prochaine génération de la solution est également en cours de développement technique. Et c’est cette V2 qui accueillera donc de nouveaux intervenants du trade finance. Mais pas des banques cette fois. L’expert cite des transporteurs maritimes, des compagnies d’assurance, des sociétés de logistique… sans communiquer de noms toutefois.

D’autres pistes de développement sont explorées. Des discussions sont ainsi menées pour créer un consortium we.trade Africa, qui serait interconnecté ensuite avec we.trade Europe. Des plateformes dans d’autres régions du monde sont aussi envisagées.

Seconde possibilité : s’interconnecter avec d’autres plateformes existantes, dont TradeLens, propriété de transporteurs maritimes. Des évolutions du smart contrat actuel, jugé « trop monolithique », sont aussi prévues pour une approche plus « modulaire ».

La plateforme va enfin s’ouvrir à d’autres entreprises, dont des banques, qui deviendront clientes via le paiement d’abonnements. « C’est un changement de dimension », notamment sur le plan de la scalabilité, de la connectivité et de la standardisation.

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