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CBDC : Ces pays qui ont déjà abandonné l’idée !

Charles Ledoux
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Depuis quelques mois, les banques centrales du monde entier se livrent bataille pour le lancement de leurs propres monnaies numériques banques centrales (Central Bank Digital Currency). Si la Chine montre une longueur d’avance sur l’Europe et les États-Unis, certains pays ont déjà abandonné leurs projets en cours de route. C’est notamment le cas de la Finlande, du Japon ou encore du Danemark. Tour d’horizon de ces états qui évoluent à contre-courant.

1 – Le Japon

Il s’agit du cas le plus parlant, notamment parce que la voix de la banque centrale japonaise pèse dans le monde entier. Troisième économie mondiale derrière les États-Unis et la Chine, le Japon a donc décidé de mettre à l’arrêt ses travaux sur le lancement d’une monnaie numérique de banque centrale. Pourtant, dans un premier rapport publié en octobre 2020, la BOJ annonçait le démarrage d’une phase de test au début de l’année 2021 pour une durée d’un peu plus d’une année.

Mais en janvier dernier, Hiromi Yamaoka, ancien haut fonctionnaire de la banque centrale japonaise a préféré déconseiller le lancement du yen numérique. En invoquant un risque pour la stabilité financière du pays. En juillet dernier, la banque centrale japonaise produisait un rapport dans lequel elle annonçait sa volonté de ne pas émettre une CBDC. Une décision en grande partie motivée pour l’appétence des japonais pour les paiements en espèces. Couplé à un ratio élevé de détention de comptes bancaires, l’empire du soleil levant ne voit pas de véritable intérêt à lancer une CBDC. Mais le rapport ne ferme pas définitivement la porte à ce genre d’initiatives puisqu’il note la chose suivante :

Le fait que la CBDC soit sérieusement envisagée comme une option future réaliste dans de nombreux pays doit être pris au sérieux.

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2 – Le Danemark

Les habitudes de paiement des danois, très axés sur les paiements numériques ont rapidement poussé les organes décisionnelles à se pencher sur la question des CBDC. Dès 2016, la banque centrale danoise a commencé à travailler activement sur cette question. Mais après une année de recherches et d’enquêtes, la Danmarks Nationalbank a abandonné l’idée. Au motif que le pays était déjà doté d’une solide infrastructure financière. Une infrastructure qui en plus d’être sure permettait déjà d’offrir des solutions de paiements instantanées.

Dans un nouveau rapport sur le sujet publié en 2022, la banque centrale danoise maintient sa position en arguant le peu de valeur ajoutée de ces dispositifs au sein de son système financier. Ce dernier rapport évoque aussi les coûts que pourraient engendrer le lancement d’un tel actif. Sans manquer de mentionner les risques de concurrence avec le secteur privé. À l’instar de la position du Japon, l’état monarchique n’écarte pas définitivement l’hypothèse du lancement d’une CBDC à l’avenir.

3 – Équateur

Contrairement au Japon, l’Équateur a abandonné assez tôt l’idée du lancement d’une monnaie numérique de banque centrale. En 2014, la banque centrale équatorienne a été l’une des premières à se lancer dans l’aventure de ce qui n’était pas encore présenté comme une CBDC. En lançant le DE (dinero electronico) dès 2014, l’Équateur est un état pionnier sur la question. L’idée autour du lancement de cette monnaie numérique était principalement d’améliorer l’inclusion financière, dans un pays où la bancarisation reste encore à un niveau relativement faible.

Dès 2015, la BCE a réussi à faire adopter le dinero electronico comme un moyen de paiement efficace, via une application mobile dédiée. Le concept reposait sur une idée simple : chaque citoyen pouvait ouvrir un compte grâce à son numéro d’identité national. Il était ensuite possible de déposer ou de retirer de l’argent de ce compte.

Contrairement à d’autres pays, la CBDC de l’Équateur était calqué sur le dollar américain, qui a le statut de monnaie légale du pays depuis 2000. Entre 2014 et 2018, le DE équatorien a fonctionné jusqu’à compter plus de 500 000 utilisateurs sur une population de près de 17 millions d’habitants. Malgré le succès du projet, celui-ci a été abandonné en mars 2018. En décembre 2021, une loi est venue valider la décision en précisant que les systèmes de paiement électroniques devaient rester entre les mains de banques privées.

Si peu d’informations ont filtré sur les motifs de l’abandon, Andres Arauz, ancien directeur de la banque centrale équatorienne, ne cache désormais plus son scepticisme sur cette classe d’actifs. Il a d’ailleurs récemment averti les décideurs européens sur les risques que pourrait faire peser l’euro numérique sur la démocratie.

4 – Finlande

Si beaucoup considèrent que la Chine ou encore les Bahamas ont été les précurseurs sur le segment des CBDC, la Finlande a probablement innové bien avant tout le monde. Dans les années 1990, la banque centrale du pays se lance dans le lancement d’un système à carte à puce. Le protocole qui sera baptisé Avant sera lancé en 1993 représente en réalité la préhistoire des monnaies numériques de banques centrales. Aujourd’hui, la Finlande revendique symboliquement le titre de première nation à avoir adopté une CBDC.

Un rapport de la banque finlandaise de 2020 met en avant cette innovation. Sans oublier de mentionner le décalage qu’elle représenterait par rapport à la vision actuelle des CBDC.

Une différence essentielle entre Avant et les systèmes CBDC conçus aujourd’hui est que pour les systèmes CBDC modernes, les cartes seraient probablement une caractéristique supplémentaire. Dans Avant, les cartes étaient le composant principal.

Mais en 2006, Avant a dû être abandonné parce qu’il était devenu plus couteux et moins compétitif que les cartes de débit. Aujourd’hui, la Finlande semble se positionner en faveur d’une CBDC européenne. C’est en tout cas la position défendue par Olli Rehn qui occupe le poste de gouverneur de la banque centrale finlandaise. L’organe semble d’ailleurs plébisciter les synergies avec des initiatives privées, notamment pour régler les problématiques autour des paiements transfrontaliers à l’Europe.

 

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Charles Ledoux

Charles Ledoux

Charles Ledoux est un rédacteur pour Cryptonaute avec une expertise pour les crypto-monnaies et la technologie blockchain. Grâce à sa formation dans la « Crypto-Academy » du célèbre YouTubeur Pompliano, il a pu passer un mois à se former avec les meilleurs spécialistes de l’industrie des crypto-monnaies. C’est en observant des similitudes frappantes entre la permaculture et la technologie du Bitcoin qu’il a réussi à avoir une perspective et une expertise rare sur la technologie et son fonctionnement.

Après avoir écrit son premier livre à 10 ans et plusieurs autres ouvrages depuis, Charles met désormais en pratique son talent d’écrivain pour apporter le meilleur contenu possible aux lecteurs de Cryptonaute. Après avoir rencontré des dizaines d’acteurs majeurs de l’industrie et s’être créé un réseau de centaines de builders web 3, il apportera de nombreux contenus originaux comme des interviews, ou encore des enquêtes exclusives. En plus de son expertise technique sur la technologie blockchain, Charles permettra aux lecteurs d’être au “cœur” de l’industrie crypto.

Déterminé à créer le meilleur contenu possible, il a également le souhait de relayer des informations exclusives qui apportent de la véritable valeur ajoutée à l’industrie florissante des médias crypto.

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