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Banque de France : l’étude d’un crypto-euro grand public n’est pas exclue

La Banque de France lancera bientôt un appel à projets pour expérimenter une monnaie numérique à destination des institutions financières. Son dirigeant n’exclut pas l’idée d’émettre un jour une telle monnaie pour les consommateurs.

 

Durant un entretien accordé à LaTribune, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, est revenu sur son discours prononcé en décembre dernier et dans lequel il annonçait le lancement prochain d’expérimentations autour d’une monnaie digitale de banque centrale.

Toute décision éventuelle sur un e-euro relève d’une discussion dans l’Eurosysteme, et prendra du temps. Les premières expérimentations que nous comptons lancer y contribueront, et viseront en priorité cette application de gros,” a-t-il déclaré, ajoutant que la BdF lancerait un appel à projets au mois de mars.

Villeroy de Galhau a ensuite précisé que la technologie sous-jacente exploitée serait « a priori » la blockchain et que la scalabilité (mise à l’échelle) sans doute l’une des principales difficultés.

Bien que la banque s’intéresse en priorité à l’émission d’une monnaie dit « de gros », d’après son gouverneur, l’étude d’une monnaie numérique pour les consommateurs n’est « pour autant pas exclue ».

L’étude d’une monnaie digitale à destination du grand public n’est pour autant pas exclue. En France, plus de 60% des transactions se font encore en espèces et il est extrêmement important d’assurer la liberté du choix du moyen de paiement. Je ne ferai jamais partie de ceux qui opposeront la monnaie digitale aux espèces. Il faut ouvrir le spectre et être prêt à innover, mais garantir la liberté du choix de la méthode de paiement est un élément de confiance dans la monnaie,” a-t-il expliqué.

Alors que l’annonce de la BdF en faveur de la création « éventuelle » d’une monnaie digitale de banque centrale est saluée, experts et députés appellent l’institution à ne pas se limiter à de simples expérimentations face à la menace de monnaies privées comme Libra.

A ce sujet, Villeroy de Galhau estime que le projet de crypto-monnaie de Facebook soulève « des questions en termes de lutte anti-blanchiment » .

Dans la mesure où, si l’on en comprend bien ces usages, certaines transactions pourraient être faites de manière anonyme. Le livre blanc présentant le projet Libra consacrait 73 pages à la technologie, trois pages aux usages et… seulement une page au respect des réglementations. Le déséquilibre est frappant,” a-t-il dit.

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