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Bitcoin, une cryptomonnaie verte ? Les vérités qui dérangent à l’aube de 2023

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Alors que le spectre d’une vaste crise énergétique guette l’Europe cet hiver, le bitcoin a bon dos. Entre lieux communs et clichés sur sa consommation d’énergie, le protocole de Satoshi Nakamoto n’a pas bonne presse auprès des politiques. En témoigne l’acharnement de l’Europe avec sa loi MiCa prenant pour cible les protocoles proof-of-work. Sauf que … plusieurs rapports, rejetés par les médias mainstream, arrivent à de bien différentes conclusions.

1 – Bitcoin : 0,1% de l’électricité consommée à l’échelle mondiale

Selon un rapport de Galaxy Digital, le minage de Bitcoin consomme moins que le système bancaire et l’Or

Le minage de bitcoins n’implique ni pics ni pelles. Le terme fait plutôt référence à un processus de vérification et de création de monnaie au cœur de l’écosystème Bitcoin. De puissants ordinateurs sont mis en compétition pour traiter les transactions, résolvant des problèmes mathématiques complexes qui nécessitent des quintillions (10 puissance 30,ndlr) de “suppositions” numériques à la seconde.

En rémunération de ce déploiement de puissance de calcul (la fameuse “preuve de travail”), les mineurs reçoivent de nouveaux jetons BTC, de quoi les inciter financièrement à maintenir leurs ordinateurs.

Durant les premières années de Bitcoin, un passionné de crypto pouvait miner des bitcoins en exécutant un logiciel sur un ordinateur portable. Mais à mesure que le Bitcoin a commencé à susciter de l’intérêt, la quantité d’énergie nécessaire pour créer des BTC a grimpé en flèche. Une seule transaction sur Bitcoin nécessite désormais plus de 2 000 kilowattheures d’électricité, soit suffisamment d’énergie pour alimenter un ménage français moyen pendant 80 jours.

Selon l’université de Cambridge, dont les travaux font référence en la matière, le minage de bitcoins représenterait à peu près 0,14% de la consommation d’énergie mondiale. C’est environ ce que consomme un pays comme le… Kazakhstan. Un chiffre depuis repris en boucle par les politiques européens, qui ont décidé de prendre pour cible les protocoles à preuve de travail avec la loi MiCA.

Des postures parfois démagogues. Car l’énergie dépensée par Bitcoin est certes importante mais il faut la relativiser. Factuellement, elle est bien inférieure à l’énergie électrique consommée chaque année par les appareils en veille. Et plus important encore, les mineurs ne se situent ni en France ni en Europe !

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2 – Bitcoin est moins énergivore que l’euro et le dollar

bitcoin ecologie
Bitcoin, la plus verte des réserves de valeur, loin devant l’Or et la Monnaie ?

“Nous démontrons que Bitcoin consomme 56 fois moins d’énergie que le système classique, et que même au niveau de la transaction unique, une transaction PoW s’avère 1 à 5 fois plus efficace sur le plan énergétique.”

C’est la conclusion à laquelle aboutit le rapport de 27 pages intitulé “Bitcoin : Efficacité énergétique des paiements en cryptomonnaie” publié à l’été dernier par le cabinet Valuechain, spécialiste des technologies de paiement. Fruit de quatre années de recherches, le rapport bat en brèche les méthodologies biaisées des études menées par l’Université de Cambridge.

Pour les chercheurs de Valuechain, il est essentiel de comparer la consommation d’énergie du Bitcoin avec tous les aspects du système de paiement monétaire classique, des émetteurs jusqu’aux distributeurs en passant par les intermédiaires :

  • la gestion des espèces de billets et de pièces dans les distributeurs de billets de banque, les paiements par carte
  • les paiements aux points de vente
  • la consommation d’énergie bancaire et interbancaire
  • etc

“Lorsque la couche Bitcoin Lightning est comparée au schéma de paiement instantané, Bitcoin gagne de manière exponentielle en évolutivité et en efficacité, se révélant jusqu’à un million de fois plus économe en énergie par transaction que les paiements instantanés”

3 – Les mineurs ont depuis longtemps dépassé le seuil des 50% d’énergie décarbonée

bitcoin vert
De plus en plus de bitcoins sont d’origine éolienne

Encore une autre information passée sous silence par les grands médias et les défenseurs de l’environnement. De plus en plus de mineurs se tournent vers des sources d’énergie renouvelables telles que l’éolien, le solaire ou l’hydroélectricité. Factuellement, le part des énergies vertes dans le mix utilisé est en baisse.

Une étude récente montre que l’utilisation des énergies renouvelables par les mineurs Bitcoin est passée d’une moyenne de 42 % en 2020 à 25 % en août 2021. Les chercheurs pensent que la répression de la Chine contre la crypto, où l’hydroélectricité- les opérations minières conduites étaient autrefois abondantes, a été le principal catalyseur de cette baisse.

À l’heure actuelle, la part d’énergie renouvelable utilisée par les mineurs trouve curieusement peu d’écho dans les médias. Le Bitcoin Mining Council, un collectif qui regroupe les mineurs, a récemment démontré que 60 % des fermes de minage sont alimentées par des sources renouvelables, soit 20% de plus que le chiffre indiqué par le Cambridge Center for Alternative Finance.

Mais quelle que soit la statistique la plus proche de la vérité, de nombreuses fermes de minage utilisent encore des sources d’énergie non vertes, c’est un fait. Mais il devient de plus en plus difficile de cacher la part croissante, sinon majoritaire, de grands mineurs branchés à des installations éco-responsables.

4 – Les mineurs récupèrent désormais une énergie gaspillée depuis des dizaines d’années

Le méthane perdu des torchères intéresse les mineurs de cryptos en preuve de travail

Une grande quantité d’énergie est gaspillée dans les puits de pétrole américains et kazakhs, et les mineurs se sont mis en tête d’en tirer pleinement parti. Extraire du pétrole donne un sous-produit peu connu du grand public, un résidu gazeux que les compagnies choisissent tout simplement de brûler faute d’infrastructures pour le réutiliser. On appelle cela le “flaring”, littéralement le torchage, en référence aux imposantes torchères qui brûlent en permanence sur les champs pétroliers.

Un désastre écologique : la Banque Mondiale estime que le torchage est responsable d’environ 1% des émissions mondiales annuelles de CO2, pour 150 milliards de mètres cubes de gaz brûlés dans le monde (approximativement 4% de la consommation mondiale !).

Les premiers mineurs à utiliser l’énergie des torchères sont localisés aux Etats-Unis. En février dernier, la compagnie pétrolière et gazière ConocoPhilips a annoncé mardi le lancement d’un projet pilote visant à vendre à des mineurs de Bitcoin son gaz torché sur un site d’extraction d’énergies fossiles situé dans l’État américain du Dakota du Nord. À terme, l’entreprise espère réduire à zéro le brûlage de gaz en trouvant un utilisation de cette énergie qui aurait été perdue. Selon un rapport de Crusoe Energy, le procédé réduit les émissions de CO2 d’environ 63% par rapport au torchage continu.

L’intérêt des fermes de minage pour ces gaz est une évidence. Les mineurs vont là où l’énergie n’est pas chère et où ils peuvent être utiles – et les torchères cochent toutes les cases. Pour les producteurs de gaz et de pétrole, c’est l’occasion de transformer quelque chose de négatif en positif. Les esprits chagrins diront néanmoins que cela soutient davantage les producteurs d’énergies fossiles alors qu’il faudrait réduire leur importance …

Débat sur Bitcoin : l’émergence de la ReFi ou Regenerative Finance

Le débat sur Bitcoin est à remettre dans un contexte plus large, celui d’une nouvelle niche brûlante du marché : les projets de ReFi (pour “Regenerative Finance”). La proposition de ces projets est conforme à ce que leur nom laisse penser : utiliser la manne financière de l’écosystème crypto comme un instrument pour remédier aux problèmes environnementaux.

On peut considérer le projet KlimaDAO comme le pionnier de la ReFi. KlimaDAO a été lancé en 2019 comme un fork d’OlympusDAO, un projet qui reposait sur le jeton OHM comme support de sa trésorerie. Les investisseurs étaient récompensés pour avoir gardé leurs tokens OHM staké. Dans KlimaDAO, l’actif est un crédit carbone et le token est le KLIMA. Le mécanisme est le suivant : les jetons de carbone vérifiés par des tiers représentant des unités d’émissions, puis sont déposés par les utilisateurs dans le Trésor.

L’objectif du projet est de bloquer suffisamment de crédits carbone dans sa trésorerie pour que le prix du marché des actifs carbone augmente, et donc que le coût de la pollution augmente pour les entreprises industrielles qui achètent ces crédits.

Malheureusement, la capitalisation boursière de KlimaDAO est passée de 1 milliard de dollars à moins de 15 millions de dollars en un an, ce qui n’augure rien de bon pour la plateforme. Mais cette métrique ne doit pas occulter son statut de projet pionnier. Les informations recueillies lors de l’exploitation de la plateforme sont essentielles pour les projets futurs ayant les mêmes objectifs.

IMPT.io est un projet basé sur la même idée que KlimaDAO, avec différentes améliorations dont nous parlons plus bas. Il ambitionne de faire mieux que son aîné, qui a réussi à ce jour à bloquer plus de 500 000 crédits carbone.

IMPT.io, révolutionner les crédits carbone

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IMPT.io s’attaque comme son aîné KlimaDAO au marché des crédits carbone, en y apportant une solution de type blockchain. Il y aura deux plateformes au coeur du projet.

D’abord, une plateforme de financement de projets sur laquelle des crédits carbone tokénisés seront échangés. En résumé : les utilisateurs achètent des jetons IMPT, financent des projets écologiques et reçoivent en échange des crédits carbone au format NFT (1 crédit carbone = 1 tonne de CO2 évitée / capturée par le projet financé).

Ensuite, une marketplace de shopping où 10 000 marques sont attendues. Chacune vendra des articles, et une partie de leur marge sera convertie en jetons IMPT, puis en crédits carbone. Une manière pour elles de compenser leur empreinte écologique.

Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.

C+Charge, recharger son véhicule et gagner de l’argent

C+Charge est un réseau de recharge de véhicules électriques reposant sur la blockchain et utilisant des crypto-monnaies. L’objectif principal du projet est de promouvoir la mobilité en général et l’environnement durable en particulier. Il vise donc à accroître l’adoption des véhicules électriques (VE) en fournissant une solution alimentée par blockchain pour rationaliser les paiements et l’exploitation des stations de recharge.

C+Charge dispose d’un token natif (CCHG) qui, contrairement à beaucoup de cryptomonnaies, a été conçu pour un usage précis. Ce token permettra à ses détenteurs de payer la recharge de sa voiture électrique dans le réseau des stations exploitées et affiliées à C+Charge en Amérique du Nord et en Europe.

Les détenteurs de tokens CCHG bénéficieront également de plusieurs avantages tels que des charges gratuites, des remises spéciales et d’autres incitations de la part des partenaires de C+Charge, mais surtout de récompenses sous la forme de crédits-carbone GNT.

Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.

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Romaric Saint Aubert Crypto-journaliste

Romaric Saint Aubert Crypto-journaliste

Biographie

Romaric est journaliste pour Cryptonaute. Après un passage en faculté de lettres modernes, il s’oriente dans un domaine tout à fait différent, tout en gardant l’œil rivé sur les crypto et l’actualité de l’époque. Il investit alors dans son premier actif numérique : le bitcoin (BTC).

Majoritairement intéressé par Bitcoin, il s’est diversifié plus tard en se penchant également sur le web3, les NFT, les crypto-monnaies et la fintech. Investisseur aguerri, il est capable de conseiller son entourage et ses lecteurs afin de les aider à prendre la bonne décision au bon moment. Son expérience au sein de l’écosystème crypto et sur la blockchain lui permettent de proposer une actualité précise et experte à ses lecteurs, tout en gardant un recul et une objectivité indispensable à son activité.

Romaric se rend régulièrement en conférence ou à divers événements crypto dans toute l'Europe, notamment aux conférences Bitcoin, au Zebu Live ou aux événements relatifs à la blockchain. Fasciné par ce secteur en plein développement, il aime découvrir de nouveaux projets, apprécie l’innovation, et se laisse porter par son enthousiasme et sa curiosité.

Expertise

  • Bitcoin
  • Cybersécurité
  • Régulation cryptos

Accomplissements

  • Révélé un cas rare de cyberfraude
  • Rencontre avec de nombreux innovateurs de l’industrie
  • Participe à la création d’une équipe dédiée de journalistes

Publications

Éducation

  • Université Polytechnique des Hauts-de-France

Autres

  • Carte de presse FIJ n°1385
  • Journaliste indépendant

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