Accueil En Corée du Sud, les candidats au Parlement doivent dévoiler leurs investissements en crypto
Toute l'actualité

En Corée du Sud, les candidats au Parlement doivent dévoiler leurs investissements en crypto

Paul T Guillot Journaliste Author expertise

Pourquoi faire confiance à Cryptonaute

Tous les articles, guides et analyses publiés sur Cryptonaute sont méticuleusement vérifiés par notre équipe d’éditeurs et de journalistes experts dans leur domaine, afin de garantir leur exactitude et leur pertinence. Nous gardons et publions uniquement les contenus vérifiés par des sources fiables, que ce soit par un site de confiance, un expert avéré ou par la personne source elle-même.

Rejoignez notre groupe Telegram pour rester au courant des dernières nouvelles crypto en direct.

Le groupe majoritaire au Parlement, réuni sous la houlette du Parti Démocratique de Corée du Sud, a rendu obligatoire pour tous candidats à l’élection générale de 2024 la déclaration de détention d’actifs numériques. Cette mesure viserait à démontrer les efforts de ce parti politique, et notamment de ses “hautes valeurs morales”.

“Annulation de la candidature pour toute fausse déclaration”

Voilà, entre autres, une des sanctions qui pourrait être infligée à tous candidats ayant faussé sa déclaration d’actifs numériques. Elle est sans doute salutaire, étant donné que la nature souvent pseudonyme, parfois anonyme, des cryptos, NFTs et autres tokens pourrait tenter un candidat à frauder. Il faudra voir si elle est efficace.

C’est suite à une réunion du Groupe de Planification Générale au Parlement, tenue ce mardi 14 novembre, que Han Byeong-do, Président du comité de planification stratégique du Parti Démocratique de Corée du Sud a déclaré aux journalistes :

Nous avons décidé de vérifier si les candidats ont de potentiels conflits d’intérêts liés à la possession d’actifs numériques. Cela se fera dès le début du processus  de candidature, à travers le comité de vérification. Nous procéderons à l’annulation de la candidature pour toute fausse déclaration qui serait faite par un candidat.

La prochaine élection générale en Corée du Sud aura lieu en 2024, et elle remettra en jeu les 300 sièges qui composent le Parlement. Il est intéressant de noter que cette préoccupation des personnels politiques envers tout ce qui touche à la transparence et à l’absence de conflits d’intérêts se retrouve pleinement dans les valeurs véhiculées par les communautés Web3.  Ce ne sont d’ailleurs pas seulement les actifs numériques qui seront divulgués sur une plateforme consultable par les citoyens, mais des informations concernant leur éducation, leur métiers passés, en bref, un CV.

cryptonaute twitter

Conséquence d’un précédent scandale

Cette mesure ne tombe pas du ciel, et les efforts de régulation des crypto et autres tokens liés aux blockchains ont été nombreux en Corée du Sud. Cela, notamment depuis ce mois de mai 2023, lorsqu’un membre du Parlement, Kim Nam-kuk, s’est retrouvé sous le feu des critiques car il possédait une fortune de 4.5 millions de dollars en tokens WEMIX. Or ces jetons de crypto-monnaie sont développés par la société sud-coréenne Wemade.

Un micmac qui n’a pas manqué d’inquiéter les autorités, et de faire naître des soupçons de conflits d’intérêts.

Pour régler ce problème, la loi dite Kim Nam-kuk, a été élaborée et votée cet été. Elle prévoit notamment que tous les hauts fonctionnaires et membres du parlement divulguent toute possession de crypto supérieure à 760 dollars.

En outre, il ne faut pas oublier que la justice sud-coréenne traite toujours l’affaire Do Kwon et le scandale financier causé par le crash de l’écosystème Luna et de ses jetons LUNA et TerraUSD. La régulation de l’univers de la finance décentralisée que permet la blockchain reste donc un sujet sensible, qui mobilise l’intérêt de l’opinion publique comme celui des législateurs.

Les cryptos et l’arsenal juridique sud-coréen

Dans ce contexte de vigilance accrue et d’initiatives législatives visant à promouvoir la transparence et prévenir les conflits d’intérêts, l’arsenal juridique sud-coréen concernant les crypto-monnaies et les actifs numériques s’est considérablement renforcé. L’adoption par la Commission des Services Financiers (FSC) d’une nouvelle loi en juin 2023, qui entrera en vigueur en 2024, témoigne de cette dynamique. Elle vise à assurer la protection des utilisateurs de crypto, la transparence des transactions et la discipline du marché, renforçant ainsi l’infrastructure et le cadre réglementaire pour les actifs numériques.

En parallèle, la FSC a annoncé en février 2023 plusieurs plans pour réguler les actifs numériques comme des titres financiers, intégrant de ce fait ces actifs dans le système financier formel et les alignant sur les normes des marchés financiers traditionnels.

Ces avancées réglementaires, en réponse à des cas comme celui de Kim Nam-kuk et l’affaire Do Kwon, reflètent l’engagement de la Corée du Sud à intégrer les crypto-monnaies dans son tissu économique et juridique tout en protégeant les intérêts des utilisateurs et en promouvant la transparence. Il est clair que la régulation de la finance décentralisée et des actifs numériques reste un enjeu majeur. Mais il se pourrait que la Corée du Sud ait une longueur d’avance sur bien d’autres pays dans ce domaine.

 


Sources:News1, Cointelegraph

 


Sur le même sujet:

 


Rejoignez notre groupe Telegram pour rester au courant des dernières nouvelles crypto en direct.
Ajoutez Cryptonaute à vos flux Google Actualités

Paul T Guillot Journaliste

Paul T Guillot Journaliste

Biographie

Paul est journaliste pour Cryptonaute. Après des études en sciences politiques et l'obtention d'une maîtrise en journalisme au CELSA, il fait de la technologie blockchain son cheval de bataille. Ses recherches de mémoire explorent le potentiel de la blockchain pour renouveler les modèles économiques des médias. Il rejoint ensuite l'équipe en charge des réseaux sociaux de France 24.

C’est lorsqu’il réalise sa première vente de NFT qu’il décide consacrer son attention sur l’actualité de l’univers des cryptos et du Web3. Il intègre alors l’équipe rédactionnelle de CryptoNews et traite les actualités au jour le jour. Par ailleurs, il écrit pour la rubrique Web3 du Journal Du Net.

Basé à Paris, Paul effectue des reportages sur les événements majeurs de l’écosystème crypto comme NFT Paris, Paris Blockchain Week ou encore le sommet Proof of Talk. Il a su, ce faisant, tisser un vaste réseau de relations qu’il mobilise aux fins journalistiques caractérisant son travail: apporter une information indépendante et à forte valeur ajoutée à ses lecteurs.

Expertise

  • Régulation européenne sur les cryptos
  • NFTs utilitaires
  • Tokenisation (Real World Asset - RWA)

Accomplissements

  • Correcteur du prix de journalisme européen Lorenzo Natali (édition 2020 & 2021)
  • Membre du club Wallcrypt

Education

  • Double licence en sciences politiques et sociologie à l'université Concordia (Montréal, Canada).
  • Master 1 en information et communication à l'université Saint-Joseph (Beyrouth, Liban).
  • Master 2 en journalisme à l'École des hautes études en sciences de l'information et de la communication - CELSA (Paris, France).
Recevez toute l'actualité crypto en direct sur Telegram
Rejoignez notre groupe Telegram