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La Corée du Sud estime que les ETF Bitcoin au comptant pourraient enfreindre la législation du pays

David Rajaonary
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A peine approuvés aux Etats-Unis, les ETF Bitcoin « spot » sont déjà dans le viseur des régulateurs en Corée du Sud. La FSC, commission sud-coréenne de contrôle des marchés, a mis en garde hier les banques et courtiers : ces nouveaux véhicules d’investissement sont potentiellement en infraction avec le cadre légal des marchés financiers, largement remanié à l’été 2023.

La Corée du Sud laisse passer le train des ETF Bitcoin, en attendant un « examen réglementaire »

Pour les sociétés de valeurs mobilières nationales, toute négociation de fonds négociés en bourse (ETF, ndlr) au comptant Bitcoin, cotés à l’étranger, peut violer la position actuelle du gouvernement sur les actifs virtuels et la loi sur les marchés des capitaux

— Financial Services Commission (FSC), communiqué du 12 janvier

Le communiqué publié hier par la FSC tient en deux paragraphes mais est sans équivoque. En l’état, le régulateur interdit aux sociétés de courtage du pays de proposer à leurs clients les onze nouveaux ETF Bitcoin approuvés mercredi par la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine.

Suite à l’annonce, les actions des principales sociétés ayant des liens avec des plateformes d’échange ont chuté à la Bourse de Séoul. T Scientific, connu pour être être l’un des principaux investisseurs dans l’exchange Bithumb, a perdu 12%, tandis que sa maison-mère Wizit a perdu près de 17%. Pour autant, le régulateur ne ferme pas la porte et envisage d’examiner la situation à la lumière de l’évolution réglementaire aux Etats-Unis :

Cependant , des réglementations pour les actifs virtuels sont en cours d’élaboration, comme la loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels, etc., entrée en vigueur en juillet de cette année , et nous prévoyons de les réexaminer davantage à mesure qu’il existe des cas à l’étranger, tels que comme aux Etats-Unis.

— Financial Services Commission (FSC)

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Au pays du Matin calme, les échanges sur le Bitcoin et les altcoins sont désormais très surveillés

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La Corée du Sud ne reconnaît pas le Bitcoin et les cryptomonnaies comme des actifs financiers, mais comme de simples actifs numériques. Leur achat et leur vente sont strictement limités aux plateformes d’échange locales, dont les principales sont Upbit et Bithumb. Cela n’empêche pas l’adoption des cryptos par les sud-coréens : en novembre dernier, les volumes d’échange sur le bitcoin/won (BTC/KRW) dépassaient ceux du bitcoin/dollar (BTCUSD) !

Mais s’ils sont tolérés, pour l’heure, ces actifs numériques sont fermement exclus des actifs éligibles pouvant servir de sous-jacents à des fonds boursiers. Pire, ils sont depuis quelques mois surveillés de près par une unité de lutte contre les crimes financiers. A la suite du scandale Terra (LUNA) et les milliers de drames personnels qu’il a causés dans le pays en mai 2022, le Parlement a en effet décidé de durcir le ton face aux cryptos, avec un paquet réglementaire (19 textes) particulièrement punitif adopté juin 2023.

Le climat était d’autant plus tendu que quelques semaines avant l’adoption de ce nouveau cadre légal, un autre scandale éclaboussait un élu local. Celui-ci aurait usé de ses informations privilégiées et vendu des cryptos à l’origine suspecte sur Upbit et Bithumb. Et cela, pile avant l’entrée en vigueur de nouvelles règles imposant aux sud-coréens de déclarer toutes leurs transactions dépassant 1000 dollars (novembre 2022).


Sources : Bloomberg


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David Rajaonary

David Rajaonary

David est analyste financier indépendant, et décrypte chaque dimanche pour vous l’actualité de la crypto et de la finance de la semaine. Il écrit régulièrement quelques papiers pour analyser des acteurs clés de la DeFi, des stablecoins et des monnaies numériques de banques centrales.

Diplômé en Finance et Comptabilité, David exerce depuis 10 ans dans l’Audit, le Conseil en management et l’Analyse financière. Ses premiers pas dans la crypto datent de 2020, avec l’étude de projets de monnaies numériques de banque centrale (MNBC) et de registres distribués (blockchains privées).

Depuis, David écrit régulièrement sur la percée des projets Ripple (XRP), Stellar Lumens (XLM) et Chainlink (LINK). Dans ses articles, il vous montre comment ces projets blockchain s’immiscent et transforment silencieusement le monde bancaire et celui de l'investissement.

Paiements transfrontaliers, transferts d’argent, bancarisation des populations vulnérables, prêts, tokénisation de titres financiers, tokénisation de biens immobiliers, lutte contre la fraude, sécurité … sont le fil conducteur de ses articles.

(Petit disclaimer : il s’exprime à titre personnel et son traitement de l’actualité ne constitue en rien des conseils d’investissement, ni des incitations à acheter ou à vendre des cryptomonnaies. Les prises de position, critiques et conclusions sont établies toujours dans le respect des principes d’éthique et de transparence journalistiques)

Quand il ne rédige pas sur la crypto, David aime explorer l’histoire de l’Art africain et des civilisations arabes.

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