Après des années de méfiance et de spéculation, les investisseurs institutionnels ont officiellement fait entrer les cryptomonnaies dans la finance mondiale.
Le dernier rapport de EY–Coinbase nommé “Institutional Investor Digital Assets Survey” lève le voile sur cette mutation. Voici les 4 révélations majeures de cette étude qui résument la révolution crypto en cours.
Les ETF sont les nouveaux chouchous des institutions
Selon le rapport, les ETF ont remplacé les tokens en termes de détention directe cette année. Selon EY, 60 % des investisseurs institutionnels préfèrent passer par ces derniers, jugés comme plus sûrs et plus compatibles.

Le succès du BlackRock iShares Bitcoin Trust (IBIT) en est la preuve. Ce dernier frôle les 100 milliards de dollars d’actifs. Ces ETF ne sont plus perçus comme de simples produits d’exposition, mais ils sont comme des ponts entre la finance traditionnelle et les cryptos.
En d’autres termes, la crypto sort de l’expérimental et elle s’asseoit désormais à la table des actifs réglementés.
Les entreprises transforment leur trésorerie en levier stratégique
La deuxième révélation du rapport tient en une phrase : les cryptomonnaies entrent dans les bilans comptables. Ce que MicroStrategy a commencé, d’autres l’imitent comme Sharplink avec Ethereum.
L’entreprise MicroStrategy détient désormais plus de 640 000 BTC. Tesla, Block ou encore Marathon Digital ont, eux aussi, réintégré le Bitcoin ou l’Ethereum dans leurs réserves.
Selon EY, 44 % des institutions considèrent désormais la crypto comme une véritable classe d’actifs, contre seulement 36 % 2 ans plus tôt. Ce changement est structurel : les trésoreries d’entreprise ne voient plus la crypto comme une assurance contre la crise. Mais plutôt comme un instrument de diversification qui combine à la fois une performance élevée tout en étant liquide.

DeFi : les fonds prennent position sur la finance décentralisée
L’un des constats les plus inattendus : les institutions s’installent dans la DeFi. EY révèle que 24 % des investisseurs interagissent déjà avec des protocoles décentralisés. Et cerise sur le gâteau, ce chiffre pourrait tripler d’ici 2026.

Les” hedge funds” américains expérimentent le staking, les produits dérivés on-chain et les prêts décentralisés. Il faut dire qu’ils sont attirés par des rendements largement supérieurs aux autres actifs.
La SEC et le gouvernement en place ont d’ailleurs posé les bases d’une régulation de la DeFi dès juillet 2025. La finance décentralisée devient doucement, mais sûrement, un pilier de la stratégie financière à long terme. Et cela devrait se confirmer encore davantage l’année prochaine.
Stablecoins et tokenisation : la fondation de la prochaine ère
La dernière révélation d’EY est peut-être la plus révolutionnaire. 84 % des investisseurs institutionnels utilisent ou prévoient d’utiliser des stablecoins. Ce sera principalement pour le règlement de devises et la génération de rendement. Les stablecoins ne sont plus de simples instruments de transfert : ils sont devenus un élément central du marché crypto institutionnel.

En parallèle, 57 % des institutions investissent dans la tokenisation d’actifs réels (RWA), que ce soit dans les fonds alternatifs, les matières premières, ou les actions tokenisées. Des géants comme JPMorgan (avec Onyx) et Franklin Templeton dominent déjà le terrain. Ils ont dépassé respectivement 1,1 trillion et 500 millions de dollars de volumes tokenisés.

Le rapport EY–Coinbase conclut que 2025 est l’année où la crypto a cessé d’être une alternative pour devenir une infrastructure. La finance décentralisée n’est plus inaccessible, mais bien un réseau où les institutions viennent bâtir l’avenir.
Sur le même sujet :
- Fin des délais bancaires ? Western Union embrasse les stablecoins
- Les altcoins n’ont pas connu de bull run depuis 4 ans, mais la reprise se profile
- Direct : Bitcoin, XRP et les altcoins en hausse, bull run de retour ?