Le cofondateur de BitMEX, Arthur Hayes, affirme que la cyclicité qui conditionne Bitcoin depuis son premier bloc miné en 2009 touche à sa fin. D’après lui, le cycle de 4 ans n’explique plus les dynamiques actuelles et futures du marché crypto. Dans un nouveau billet de blog, il reconnaît que le paysage a évolué récemment et que ce n’est que le début d’une transition pour BTC.
Pourquoi « le cycle est mort », selon Hayes
Le tempo de Bitcoin est dicté depuis sa création par son halving, qui intervient tous les 4 ans. La division par deux des récompenses transférées aux mineurs a longtemps été un point de repère pour diverses raisons. Programmé au cœur même de Bitcoin, il lui confère un aspect calendaire, cyclique, une ancre dans le temps. C’est aussi un évènement majeur en termes de stock de BTC émis par chaque bloc en guise de récompense.

Ainsi, du jour au lendemain, miner un bloc devient deux fois moins rentable, ce qui en bout de ligne impacte les aspects purement financiers et spéculatifs de Bitcoin. Cette cyclicité faisant consensus depuis des années, elle porte également en elle une part de prophétie auto réalisatrice.
Mais tout ce schéma est en train d’évoluer selon Arthur Hayes. D’après son dernier essai, les phases haussières et baissières du BTC ne sont pas dictées par la cadence des halvings, mais par l’abondance (ou inversement la rareté) de liquidité en dollars et en yuans. Dans ce paradigme, ce sont les politiques monétaires américaine et chinoise qui font et défont les marchés haussiers et baissiers et non plus le calendrier onchain propre à Bitcoin.
Ce qui change dans le cycle actuel
Hayes avance plusieurs raisons pour lesquelles la séquence en cours ne devrait pas se conclure mécaniquement en fonction d’une simple date. Les enjeux déterminants sont désormais tout autres. Il cite l’énorme transfert de liquidités via le drainage du programme de reverse repo (RRP) de la Fed. Il estime que ce flux de plusieurs milliers de milliards injectés dans les marchés au fil des trimestres ont radicalement impacté Bitcoin.
TGA refill almost done – target is $850bn. With this liquidity drain complete, up only can resume. pic.twitter.com/LSVieKX2J8
— Arthur Hayes (@CryptoHayes) September 20, 2025
Ensuite, une orientation politique à Washington prête à « faire chauffer l’économie à blanc » (assouplissement, dérégulation pour stimuler le crédit) sous l’impulsion de Trump devrait favoriser les marchés financiers et la spéculation. Ajoutez à cela un cycle de baisse des taux directeurs déjà entamé par la Fed malgré une inflation toujours au-dessus de l’objectif. D’autant que d’autres baisses de taux sont attendues par Wall Street.
Implications pour le marché
Si cette lecture macro prévaut, plusieurs conséquences en découlent :
- Le halving reste un catalyseur mais passe désormais au second plan. La raréfaction de l’offre via la baisse des récompenses minières conserve un effet « repère temporel », une valeur narrative et un effet mécanique. Pour autant, l’amplitude et la durée des tendances dépendraient davantage du coût du capital et de l’appétit bancaire à prêter.
- Les sommets et points bas de marché se lisent sur les courbes de taux et le crédit. Les sommets de 2013, 2017 et 2021 ont tous coïncidé avec un resserrement monétaire (venant de la Fed ou de la Chine) avance Hayes. A l’inverse, les phases d’expansion se sont toujours appuyées sur une l’abondance de liquidités et un coût d’emprunt moindre.
- Le « mur de l’argent » institutionnel n’est pas le facteur décisif. Même si les ETF et l’adoption institutionnelle structurent la demande, Hayes place au-dessus le régime monétaire. Bien qu’ils se trouvent près du robinet de liquidité (effet cantillion), ces acteurs restent très sensibles au « coût de l’argent », plus encore que les particuliers.
Selon Hayes, l’histoire du BTC se lit à travers le prisme des robinets de crédit. Les précédents marchés haussiers se sont formés lorsque la Réserve fédérale américaine (Fed) ou la Chine ouvraient grand les vannes (assouplissement quantitatif, expansion du crédit), et les marchés baissiers démarraient lorsque ces mêmes autorités resserraient la vis (resserrement quantitatif, hausse des taux, ralentissement du crédit, drainage de liquidités du système). Autrement dit, ce ne sont pas les quatre ans qui comptent, mais « combien d’argent », « à quel taux » et « pour combien de temps ».
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