Dans un contexte de crise économique, la Bolivie prend un risque calculé : elle mise sur les cryptomonnaies pour moderniser son système financier. Son récent accord avec le Salvador, précurseur dans l’adoption du Bitcoin (BTC), envoie un message fort.
Un partenariat stratégique avec le Salvador
Un traité historique vient d’être signé entre la Bolivie et le Salvador afin de promouvoir l’utilisation des cryptomonnaies. Cet accord est le résultat d’une collaboration entre Edwin Rojas Ulo, président par intérim de la Banque centrale bolivienne, et Juan Carlos Reyes García, président de la Commission nationale des actifs numériques du Salvador.
L’intention déclarée est évidente : s’inspirer de l’expérience du Salvador pour incorporer les cryptos dans l’économie nationale. Il s’agit également de partager des instruments d’intelligence financière et de collaborer sur l’élaboration de politiques monétaires novatrices. De cette façon, la Bolivie aspire non seulement à la modernisation de son infrastructure financière, mais également à faciliter l’accès des familles et des petits entrepreneurs aux services bancaires.
Depuis 1 an, le pays dirigé par Luis Arce a franchi un tournant notable en mettant fin à une interdiction de longue date sur les cryptomonnaies. Cela a permis aux banques de réaliser des transactions en BTC et en stablecoins.
Trois mois après la légalisation, le succès fut au rendez-vous et le volume mensuel des transactions en cryptomonnaies s’élevait déjà à 15,6 millions de dollars. Cela a plus que doublé par rapport aux mois précédents.
Cette dynamique est partiellement stimulée par une conjoncture économique précaire. Effectivement, le pays a connu une baisse de 98% de ses réserves de devises sur une période de dix ans. Le pays ne totalisant plus que 165 millions de dollars de réserve au printemps 2025. Ce cadre incite les responsables à envisager des approches différentes, notamment par l’incorporation de cryptomonnaies dans le secteur commercial et industriel
Une inflexion politique en vue
Un cas notable : la société Yacimientos Bolivianos a obtenu le feu vert pour accepter des paiements en cryptos pour ses importations de carburant. Cette initiative a pour but de pallier le manque de dollars américains, qui se sont raréfiés sur le marché bolivien.
Ainsi, certaines boutiques ont commencé à proposer leurs prix en stablecoins, comme l’USDT, témoignant d’une transition graduelle vers des monnaies plus stables.
In Bolivia, real prices in shops are displayed in USD₮.
A quietly revolutionary shift: digital dollars are powering daily life, commerce, and economic stability. pic.twitter.com/dGP7I2ipxv
— Paolo Ardoino 🤖 (@paoloardoino) June 7, 2025
Ce tournant vers la crypto se produit à un moment critique : les élections prévues pour le 17 août pourraient potentiellement modifier les décisions économiques en cours. Si aucun candidat ne triomphe au premier tour, une seconde élection est programmée pour le 19 octobre.
Les experts s’accordent à affirmer que l’issue du scrutin pourrait avoir un impact sur la durabilité de cette approche pro-crypto. Actuellement, Polymarket, la plateforme de pronostics, évalue les probabilités de victoire d’un candidat au premier tour à seulement 5%.
Seul l’avenir nous dira si la Bolivie va réellement emprunter le même chemin que le Salvador. Toutefois, le pays a dû faire face aux critiques du FMI après avoir adopté le Bitcoin. Actuellement, le pays andin mise fortement sur l’innovation monétaire pour faire face à ses défis économiques.
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