Les autorités américaines s’attaquent à l’un des plus vastes réseaux de fraude crypto en Asie du Sud-Est. Elles visent 127 271 BTC, liés au businessman chinois Chen Zhi et à son organisation basée au Cambodge. L’opération s’accompagne de sanctions coordonnées avec le Royaume-Uni, et d’un signal fort aux intermédiaires financiers de la région.
Un réseau transnational démantelé
Les enquêteurs décrivent un système sophistiqué, ancré dans des « pig-butchering » scams. Des équipes approchent des victimes via messageries et réseaux sociaux. Elles nouent la confiance, puis orientent vers de fausses plateformes d’investissement crypto. Ainsi, l’argent afflue, avant d’être siphonné.
The U.S. government is moving to seize 127,271 Bitcoin tied to a $14B pig-butchering scam.
That’s 0.6% of the total supply. 👀 pic.twitter.com/qVdqbc3YAa
— Byte Federal (@ByteFederal) October 14, 2025
Selon l’acte d’accusation, l’appareil criminel exploitait des « quartiers » ultrasécurisés au Cambodge. Des travailleurs y opéraient sous contrainte. Le réseau a brassé des milliards via des sociétés écrans, des casinos et même du minage industriel de Bitcoin. De plus, des opérations minières liées à Warp Data Technology figurent dans l’écosystème qui recyclait les fonds. Les procureurs reprochent à Chen Zhi des manœuvres d’influence et des violences destinées à verrouiller l’organisation.
Le cœur financier reste clair : 127 271 BTC auraient transité par une constellation de wallets. En effet, les montants en jeu varient selon le prix du marché : environ 14 à 15 milliards de dollars. Le DOJ a lancé une procédure de confiscation présentée comme historique, les bitcoins étant annoncés sous garde américaine. Par conséquent, Chen fait face à des chefs d’inculpation de conspiration à la fraude électronique et de blanchiment, avec des peines potentielles de plusieurs décennies.
Sanctions massives et débat sur la Strategic Bitcoin Reserve
En parallèle, le Trésor américain a frappé large. Le régulateur a désigné l’écosystème Prince Group comme organisation criminelle transnationale, avec 146 individus et entités sanctionnés. C’est pourquoi l’étau se resserre aussi hors des frontières cambodgiennes : Londres a coordonné des mesures similaires contre Chen Zhi, son groupe et des proches.
Huione Group, conglomérat de services financiers au Cambodge, se retrouve isolé du système bancaire américain. Les autorités l’accusent d’avoir blanchi plus de 4 milliards de dollars de crypto illicite, tout en ayant traité 98 milliards de flux cumulés sur quatre ans et demi.
Reste une question : que deviennent ces bitcoins ? Plus tôt cette année, un décret présidentiel a créé une Strategic Bitcoin Reserve visant à mutualiser les cryptos confisqués par le Trésor. En théorie, les BTC saisis y seraient stockés comme réserve de valeur, et non vendus. Toutefois, le cadre d’exécution doit encore se préciser, notamment au rythme des arbitrages politiques en cours. En conséquence, l’ajout de 127 271 BTC pourrait gonfler sensiblement le stock public de bitcoins
Pour les utilisateurs, la leçon reste rude. Les escrocs jouent le temps long, cultivent la confiance. De plus, ils utilisent des relais marketing, des histoires personnelles et de faux conseillers. Éviter ces pièges suppose des vérifications de base : diligence sur les plateformes, vigilance sur les promesses de rendement.
Enfin, l’affaire relance un débat américain : que faire des cryptos saisis ? Les conserver comme réserve ? Les vendre aux enchères ?
Source : Chainalysis
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