À l’occasion de la DC Fintech Week, le PDG de Ripple Brad Garlinghouse, a pris la parole au nom de l’industrie. Il dénonce des doubles standards et un deux poids deux mesures entre les entreprises cryptos et la finance traditionnelle (TradFi). Au-delà du symbole, c’est une bataille pour l’équité réglementaire nécessaire. Elle pourrait impacter le rattachement des rails blockchain système financier américain.
Un jeu truqué
Depuis des années, le secteur crypto se voit imposer une conformité calquée sur celle des banques : lutte anti-blanchiment (AML), connaissance client (KYC), contrôle des sanctions (OFAC). Sans pour autant bénéficier de la même aura ou des mêmes facilités auprès des régulateurs.
Via Ripple, Brad Garlinghouse est rompu a l’exercice judiciaire. Son protocole est en effet engagé dans une bataille judiciaire avec la SEC depuis des années, entre procès et demandes d’ETF spot. Il connaît donc bien le sujet. Le patron de XRP le dit sans détour : il est d’accord pour être tenu aux mêmes standards que les banques. A condition d’en tirer les mêmes bénéfices.
You’re not ready for what’s coming. $XRP pic.twitter.com/hHA4UxamBg
— Amonyx (@amonbuy) October 16, 2025
Il mentionne notamment le « Fed master account », sésame absolu pour offrir des services de paiement robustes et stables aux Etats-Unis. Il dénonce un deux poids, deux mesures, voire du favoritisme à l’égard de certaines banques qui font tout leur possible pour freiner le projet crypto.
Elles plaident régulièrement contre l’octroi de licences (chartes) bancaires aux acteurs cryptos, alors même que ces derniers se conforment aux règles imposées. Les banques sentent le danger venir avec les cryptos et commencent à voir venir une compétition disruptive.
Le timing est stratégique. Ripple a déposé une demande de licence nationale, pendant que Coinbase poursuit une licence de National Trust Company. En coulisses des groupes bancaires ont saisi l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency) pour retarder toute décision, arguant de risques de politique publique et de procédure. Ce lobbying défensif de la part des banques illustre la tension entre innovation et prérogatives historiques des banques.
🇺🇸 NEW: The OCC has approved a preliminary banking charter for Erebor, a crypto bank backed by Peter Thiel. pic.twitter.com/c4ghlfXxNr
— 𝗕𝗮𝗻𝗸XRP (@BankXRP) October 16, 2025
Par contraste, l’annonce récente d’une charte approuvée pour Erebor (soutenue par le milliardaire Peter Thiel) signale que la porte n’est pas fermée aux nouveaux entrants. Même si la mise en œuvre prendra des mois. D’autant que les banques traditionnelles freinent des quatre fers car elles sentent le vent tourner et une concurrence qui s’annonce très dure.
Un XRP = un JP Morgan ?
Accéder à l’infrastructure bancaire (compte de règlement à la Fed, interopérabilité) permettrait aux entreprises crypto de fonctionner de façon plus fluide. Réduire la friction, stabiliser les flux entre fiat et crypto et industrialiser des cas d’usage comme le paiement transfrontalier, cher à Ripple.
Pour les utilisateurs finaux, cela se traduirait par des délais de règlement plus courts et des coûts moindres. En plus de la clarté et la prévisibilité offerte par les atouts de la blockchain (traçabilité, programmabilité). C’est précisément ce processus que défend Garlinghouse : la conformité et la connectivité.
Sur le plan marché, la parité de traitement créerait une visibilité réglementaire propice à l’adoption institutionnelle. L’effet de réseau pourrait bénéficier à XRP si ses demandes se matérialisaient. Cela signifierait davantage de banques partenaires et des corridors de liquidité plus robustes.
The EU led in creating comprehensive rules for digital assets – and nations like Luxembourg are leaning in. Thanks to Luxembourg Finance Minister @RothGilles and his team for a great meeting last week. @Ripple is excited about our future in Luxembourg and the EU. https://t.co/8vHbPBH7R0
— Stuart Alderoty (@s_alderoty) October 9, 2025
Plusieurs observateurs ont d’ailleurs pointé 2025 comme une année charnière pour XRP. Les décisions administratives pourraient servir de catalyseur haussier et structurel. Et octobre risque d’être un mois décisif de cette année décisive.
Restent plusieurs questions en suspens. Même avec une détente politique il reste plusieurs zones d’ombres pour Ripple et son CEO. Garlinghouse met la pression et prévient qu’un retour en arrière n’est pas souhaitable côté régulateurs.
Il ne demande pas de traitement de faveur, seulement une clarification sur les standards attendus par chacun. En clair, si les sociétés crypto se plient aux mêmes règles, elles doivent en tirer les mêmes bénéfices.
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