À Chalon-sur-Saône, un investisseur en cryptomonnaies a connu une histoire digne d’un film noir. La même personne a fait l’objet de quatre tentatives d’enlèvement, toutes liées à ses cryptomonnaies.
Une cible persécutée à Chalon-sur-Saône
Tout commence par un investisseur local, vite identifié comme une proie « juteuse ». Les agresseurs auraient suivi ses déplacements et observé ses habitudes pendant plusieurs jours. Ainsi, leur objectif était clair : mettre la main sur son wallet ou exiger une rançon.
La dernière tentative se déroule le 22 novembre. Ce jour-là, six hommes, dont deux mineurs, passent à l’action. Ils tentent de forcer la victime à monter dans un véhicule, dans l’idée de la séquestrer pour obtenir ses accès crypto. Cependant, la police intervient en pleine opération et parvient à arrêter tout le groupe.
🗞️ Une nouvelle tentative d'enlèvement d'un trader crypto a été déjouée par la police française à Chalon-sur-Saône. Six personnes ont été arrêtées avec tout un attirail (tournevis, pied de biche, masques…). 🇫🇷 https://t.co/HfoGFgfBkO
— Miller IBRAHIM (@milleribra) November 27, 2025
L’enquête révèle alors un élément glaçant. Ce coup de filet ne concerne pas une première tentative improvisée. En effet, trois autres opérations auraient déjà visé la même personne, dans la même région, avec la même finalité. Les deux premières auraient échoué pour des raisons pratiques, tandis qu’une troisième avait déjà été perturbée par les forces de l’ordre, sans conduire à des interpellations.
Cette persistance montre une forme d’acharnement rare. De plus, ils paraissent prêts à multiplier les risques pour récupérer les fonds. C’est pourquoi les enquêteurs cherchent désormais à comprendre comment l’investisseur a été identifié, et quels éléments ont pu trahir l’ampleur de son patrimoine.
Le mode opératoire rappelle celui d’autres affaires récentes en France. Des groupes organisés privilégient l’attaque physique plutôt que le piratage. Ainsi, ils misent sur la contrainte directe pour obtenir un code, une seed ou une phrase de récupération, plutôt que sur un malware sophistiqué.
Cette affaire fait aussi écho à un autre dossier très médiatisé. Aux États-Unis, l’ex-petit ami de Sam Altman, le fondateur d’OpenAI, a récemment été victime d’un braquage ciblé. Les agresseurs auraient réussi à dérober environ 11 millions de dollars en Bitcoin et Ethereum.
Quand la self-custody attire aussi les criminels
Sur le papier, la self-custody est une bonne pratique. Les utilisateurs gardent le contrôle de leurs clés privées, sans intermédiaire. En effet, cela limite les risques liés aux plateformes centralisées ou aux piratages massifs.
En revanche, cette autonomie déplace la surface d’attaque vers le monde physique. Par conséquent, un agresseur n’a pas besoin de compétences techniques pour obtenir un transfert. La menace, la violence ou la séquestration peuvent suffire.
De plus, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans cette nouvelle forme de criminalité. Certains investisseurs publient leurs gains, leurs captures d’écran de portefeuilles ou évoquent leurs « coups » en trading. Ainsi, ils offrent malgré eux un véritable guide aux groupes mal intentionnés. Un pseudo récurrent, une ville mentionnée plusieurs fois, une photo géolocalisée… et l’anonymat vole en éclats.
Les enquêteurs insistent sur ce point : l’exposition publique constitue souvent le premier maillon de la chaîne. Aussi, ils recommandent d’éviter de communiquer des montants, des plateformes utilisées ou des détails précis sur ses stratégies d’investissement. Ce réflexe devient un élément central de la sécurité personnelle.
D’autres gestes simples peuvent réduire le risque. Il est par exemple possible de séparer les usages : un portefeuille avec de petites sommes au quotidien, et des fonds plus importants stockés ailleurs, gérés depuis un autre lieu. Ainsi, une éventuelle agression au domicile ne donne pas accès immédiatement à l’essentiel du patrimoine.
Les opérations sensibles peuvent aussi être délocalisées. Toutefois, aucune solution ne supprime totalement le danger. C’est pourquoi les forces de l’ordre appellent les détenteurs de crypto à adopter une vision globale.
Source : X (Twitter)
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