“Les mèmecoins et les NFTs sont “de la junk-food numérique sans valeur”. Voici ce qu’a affirmé le co-fondateur de Solana, Anatoly Yakovenko, sur l’un de ses posts X. Cette déclaration choc a eu le don de mettre le feu aux poudres dans la communauté crypto.
Son commentaire, à la fois tranchant et sans détours, est loin d’être passé inaperçu. C’est d’autant plus ironique que Solana doit une grande partie de sa popularité et de ses revenus récents aux mèmecoins et aux NFTs.
Un discours à contre-courant de son propre écosystème
Lors d’un échange tendu avec Jesse Polak, le créateur de Base, Yakovenko a comparé les mèmecoins et les NFTs à des “loot boxes”. Il s’agit de contenus proposés (souvent sous forme de coffres) dans les jeux vidéos qui permettent d’obtenir des butins plus ou moins rares de manière totalement aléatoire.
Ces coffres virtuels sont souvent accusés d’être de véritables puits sans fond pour les portefeuilles. Ils aspirent l’argent des utilisateurs sans garantir de gains certains. Le co-fondateur de Solana compare les mèmecoins et les NFTs à ce type de pratique.
Je le dis depuis des années. Les mèmecoins et les NFTs sont de la bouillie numérique et n’ont pas de valeur intrinsèque. Tout comme les coffres dans les jeux mobile. Les gens dépensent 150 milliards de dollars par an sur les jeux mobile.
I’ve said this for years. Memecoins and NFTs are digital slop and have no intrinsic value. Like a mobile game loot box. People spend $150b a year on mobile gaming.
— toly 🇺🇸 (@aeyakovenko) July 27, 2025
Problème : les chiffres de Solana sont sans appel selon les données de Syndica. En juin 2025, les mèmecoins ont généré 62% des revenus de Solana par le biais de ses applications décentralisées.
Pire encore, des plateformes comme Pump.fun ont littéralement porté l’écosystème Solana depuis ces derniers mois. Et sans oublier les NFTs. La demande reste toujours forte et de nouvelles collections affluent sans cesse. C’est le cas de Mad Lads ou encore les CryptoBatz.
Surprise : le fondateur de Base prend la défense des mèmecoins et NFTs
Clou du spectacle, le créateur de Base vient à la rescousse des mèmes addicts de Solana. En réponse à Yakovenko, il a affirmé que “le contenu en lui-même a de la valeur”.
Il compare ces objets numériques comme de l’art, tout comme l’on peut donner de la valeur à une peinture. Il poursuit en mettant en avant le fait que des personnes sont prêtes à payer l’entrée d’un musée pour voir des œuvres.
the content itself is valuable. ads are a way to monetize that value. but the content itself is valuable. just like a painting is fundamentally valuable, regardless of whether you charge people at the museum to see it.
— jesse.base.eth (@jessepollak) July 27, 2025
Mais la palme du commentaire le plus tranchant revient à Karbon, un compte influent sur X. Il déclare l’approche d’Anatoly détestable. Pour lui, les promouvoir activement tout en pensant qu’ils ne valent rien est un non-sens total. Il en vient presque à réhabiliter la gestion de Vitalik Buterin concernant ce sujet sur son réseau Ethereum.
I'm not a huge fan of how Vitalik handled memecoins (nuking them in 1 clip anytime someone sent them to his wallet) but I find Toly's approach much more distasteful, actively promoting them constantly while believing they're worthless https://t.co/bl64hKZp4b
— karbon 🐺🦊 (@basedkarbon) July 28, 2025
Au-delà du scandale, cette déclaration interroge sur la direction stratégique que souhaite prendre Solana. Il est probable que Yakovenko souhaite jouer la carte de la distanciation avec cet univers pour se rapprocher des institutions.
Mais cela pourrait lui coûter cher. Sa communauté reste très attachée à cette partie intrinsèque du réseau. C’est d’autant plus ironique lorsque l’on sait que c’est cette “junk food” numérique qui lui a permis de construire son empire.
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