Depuis quelques années, les débats font rage autour d’un effondrement crypto causé par l’informatique quantique. Ce risque devient de plus en plus sérieux à mesure que des géants comme Google et Microsoft progressent.
Face à cette menace, un groupe de développeurs mené par Jameson Lopp propose une solution radicale. Pour eux, il faudrait geler 25 % de l’offre de Bitcoin en circulation. Cela représente environ 5 millions de BTC qui sont considérés comme vulnérables à un potentiel piratage quantique. Cette proposition inédite pourrait ébranler les convictions des maximalistes Bitcoin.
Les développeurs alertent sur une crise future
Jameson Lopp est le fondateur de la plateforme Casa. Il vient de faire une proposition choc qui consiste à améliorer le protocole Bitcoin (BIP) pour le rendre “quantique résistant”. Pour le moment, il est protégé par un système appelé ECDSA. Il utilise une technologie très efficace de nos jours, mais la puissance de calcul exponentielle des ordinateurs quantiques le met en danger.
Selon les dernières études, un quart des BTC est stocké sur des adresses dites “exposées”. Celles-ci rendent leur clé publique visible dans la blockchain. Les ordinateurs quantiques pourraient l’utiliser pour trouver leur clé privée.
Et parmi elles, se trouvent les adresses associées à Satoshi Nakamoto. Si ces clés privées venaient à être cassées, la confiance envers le réseau Bitcoin pourrait s’effondrer en un rien de temps.
Lopp prévoit plusieurs phases pour résoudre ce problème :
- Il veut interdire progressivement l’envoi de fonds vers les anciennes adresses jugées non sécurisées
- Il préconise de bloquer complètement les dépenses depuis ces dernières au bout de 5 ans
- Il n’exclut pas une phase finale ou certains fonds figés pourraient être récupérés après une transition post-quantique
Avec ses mesures, il espère inciter les détenteurs de ces adresses risquées à effectuer des transferts vers de nouvelles adresses plus sécurisées. Si cette méthode peut sembler radicale, elle aurait le mérite de provoquer une transition rapide.
Today we publish a Bitcoin Improvement Proposal addressing incentive & safety issues for migrating the ecosystem to post quantum cryptography.
BIP timeframes are relative to a future point at which quantum computers are deemed a significant threat.https://t.co/xUuig5YWNE
— Jameson Lopp (@lopp) July 15, 2025
Une solution qui ne fait pas l’unanimité
Que les choses soient claires, cette réforme est encore loin d’avoir été approuvée par la communauté. Geler un quart des Bitcoin va complètement à l’encontre de la philosophie de non-intervention qui a fait le succès de la crypto.
D’autant plus que d’autres développeurs ont proposé des solutions alternatives. On pensera, par exemple, au BIP 360 qui introduit de nouvelles adresses résistantes à la technologie quantique. Ce n’est pas tout, Michael B. Casey suggère de seulement ralentir les transactions venant des adresses vulnérables.
Au-delà de la technique, la discussion porte sur le principe. Faut-il intervenir maintenant contre une menace qui n’a encore aucune réalité tangible ? Pour Jameson Lopp, attendre ne ferait qu’empirer la situation.
Il faut noter que les ordinateurs quantiques sont loin d’être accessibles au grand public. Il y a encore peu de chance qu’une attaque pirate quantique de grande ampleur touche la blockchain. Notons qu’il faudrait plusieurs milliers de qubits fiables pour casser les adresses Bitcoin. Aujourd’hui, les meilleurs ordinateurs quantiques n’en possèdent que quelques centaines.
En bref, la menace semble encore loin. Mais les progrès exponentiels de la part des géants de la tech posent question. Bitcoin a encore de belles années devant lui avant de se confronter à ce type de problème. Mais Lopp a le mérite de se pencher sur cette menace avant qu’il ne soit trop tard.
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