Et si la stabilité économique d’Ethereum venait de protocoles DeFi à faible risque, comme la régie publicitaire et la recherche ont bâti le modèle de Google ? Vitalik Buterin défend l’idée qu’un socle de revenus prévisibles issus d’usages simples et sûrs peut soutenir le réseau tout en laissant les applications non financières préserver la culture d’Ethereum. Autrement dit, faire “tourner” l’économie du protocole, sans tordre ses valeurs.
Un « moteur de recherche » pour les frais d’Ethereum
D’abord, Buterin pose un constat: les usages qui ont le plus rapporté jusqu’à présent sont souvent spéculatifs, quand les applications alignées avec l’éthique d’Ethereum peinent à tracter des frais durables. D’où sa proposition de s’appuyer sur une DeFi à faible risque pour générer une base de revenus régulière, exactement comme la recherche alimente Google pendant que l’entreprise explore d’autres produits. Dans cette logique, des briques basiques mais robustes peuvent devenir l’équivalent d’un “moteur” économique pour Ethereum, et libérer de l’espace créatif ailleurs.
Low-risk defi can be for Ethereum what search was for Googlehttps://t.co/6xIxCrOToQ
— vitalik.eth (@VitalikButerin) September 20, 2025
Ensuite, il ne s’agit pas de chercher le spectaculaire à tout prix. L’important est que cette source de frais soit fiable, non toxique et compatible avec la décentralisation. C’est ce qui rend la comparaison pertinente: la recherche n’est pas le produit le plus “fun” de Google, pourtant c’est elle qui stabilise le conglomérat technologique. Par analogie, une DeFi prudente pourrait remplir ce rôle pour Ethereum.
Des rendements sobres qui financent l’infrastructure
Concrètement, Buterin cite les marchés monétaires blockchain. Par exemple, les dépôts en stablecoins sur Aave offrent des rendements d’environ 5 % pour les “blue chips” comme USDT et USDC, et au-delà de 10 % pour des stables plus risqués. De fait, ce type de produit est compris par le grand public, s’intègre facilement aux portefeuilles, et génère des frais récurrents qui irriguent l’écosystème. De plus, le contexte s’y prête: la valeur totale verrouillée sur la DeFi d’Ethereum vient de repasser la barre des 100 milliards de dollars pour la première fois depuis début 2022, signe d’un retour d’appétit pour les usages de base.
Par ailleurs, ce socle “low risk” n’empêche pas l’innovation. Au contraire, il finance la maintenance du protocole, aligne les incitations des validateurs et des développeurs, et donne du temps pour faire mûrir des applications non financières qui restent essentielles à l’identité d’Ethereum. Cette approche s’inscrit dans la droite ligne des réflexions de longue date de Vitalik Buterin sur l’évolution d’Ethereum.
Réglementation, adoption et effet de levier culturel
En parallèle, la dynamique politique joue un rôle. L’avancée de textes de marché aux États-Unis améliore la visibilité des acteurs et pourrait déverrouiller l’adoption retail de la DeFi. Un sondage récent indique qu’environ 40 % des Américains seraient prêts à utiliser des protocoles si un cadre juridique plus solide entrait en vigueur, ce qui va précisément dans le sens d’usages simples et réguliers, propices à une génération de frais stable.
📚 DeFi Education Fund survey reveals 42% of Americans would try decentralized finance protocols once regulatory clarity emerges on crypto privacy.#DeFi #Crypto #Americahttps://t.co/Ujb3oacy6H
— Cryptonews.com (@cryptonews) September 18, 2025
Ainsi, l’écosystème peut réduire la dissonance qui s’est installée entre des revenus surtout tirés de NFTs, memecoins et trading spéculatif, et des applications non financières plus conformes aux valeurs du réseau mais encore en retrait d’adoption. Autrement dit, une DeFi “prudente” sert de pont: elle parle au grand public, rassure les régulateurs, tout en soutenant le financement des couches techniques qui font d’Ethereum une plateforme ouverte.
Au-delà du dollar: paniers de devises et flatcoins
Enfin, Buterin ne s’arrête pas aux dollars tokenisés. Il invite la communauté à explorer des actifs indexés sur des paniers de devises, ainsi que des “flatcoins” arrimés aux indices des prix à la consommation. L’objectif est double: diversifier les références économiques pour ne pas dépendre d’un seul ancrage, et rapprocher l’expérience d’un pouvoir d’achat stable plutôt que d’un simple peg en dollars.
De cette façon, la “caisse” de la DeFi pourrait rester sobre et résiliente, tout en élargissant le spectre d’utilité pour des utilisateurs confrontés à l’inflation ou à des contrôles de capitaux.
Dans cette architecture, Ethereum peut, selon Buterin, “faire mieux que Google”: la décentralisation aligne naturellement la réussite financière avec des résultats éthiques, et limite les dérives de modèles publicitaires qui incitent à capter les données.
Si la base de revenus provient de services non prédateurs et compatibles avec l’auto-souveraineté, alors “faire bien” et “faire le bien” cessent d’être en tension. Autrement dit, la stabilité économique devient un effet émergent d’un design social et technique cohérent, plutôt qu’un compromis.
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