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La domination d’Ethereum sur les stablecoins tombe à 65 % selon Dune et Visa

Stéphane Daniel
Faits Vérifiés
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L’époque où Ethereum régnait sans partage sur l’infrastructure mondiale des stablecoins – concentrant à elle seule la quasi-totalité de l’émission, de la liquidité et de la vélocité de ces actifs – semble définitivement révolue. Selon les données compilées conjointement par Dune et Visa et publiées en février 2026, la part d’Ethereum dans l’offre mondiale de stablecoins hors dollar américain est tombée à 65 % – contre 90 % en début d’année 2023, soit une contraction de 25 points de pourcentage en moins de trois ans. Pour les détenteurs d’ETH, ce chiffre soulève une question de fond sur la nature même de la valeur du réseau ; pour les investisseurs exposés aux alt-L1, il confirme que la guerre des liquidités stablecoin est bel et bien engagée, avec des gagnants déjà identifiables. S’agit-il d’un déplacement structurel irréversible, ou d’une contraction cyclique qui sous-estime encore la robustesse du réseau d’origine ?

Anatomie du signal – ce que révèlent les flux on-chain derrière le chiffre de 65 %

Pour comprendre la portée réelle de ce signal, il faut soulever le capot et dépasser la seule lecture de la part de marché agrégée. Le chiffre de 65 % ne mesure pas la valeur totale des stablecoins sur Ethereum – il mesure la part d’Ethereum dans l’offre de stablecoins dits « non-USD », c’est-à-dire hors périmètre des émissions directement adossées au dollar américain dans les circuits TradFi. Cette précision méthodologique est essentielle : elle révèle que l’érosion concerne précisément les segments de marché les plus dynamiques, ceux portés par l’adoption internationale et les nouveaux cas d’usage de paiement.

Sur Ethereum lui-même, la concentration stablecoin reste dominée par deux actifs : USDT représente entre 55 % et 65 % du volume de transfert on-chain, USDC entre 30 % et 40 %, selon les données des tableaux de bord Dune. Ces deux stablecoins constituent l’armature de la liquidité DeFi sur le réseau, et leur ancrage à Ethereum reste aujourd’hui structurellement robuste pour les opérations institutionnelles complexes – swaps, collatéralisation, protocoles de prêt. Mais c’est précisément là que réside le paradoxe : Ethereum conserve le leadership sur la sophistication, tout en perdant du terrain sur le volume brut.

La circulation totale de stablecoins toutes chaînes confondues a dépassé 270 milliards de dollars en 2026, plus du double des 120 milliards enregistrés deux ans auparavant – et c’est cette croissance explosive de l’ensemble du marché qui dilue mécaniquement la part d’Ethereum, même lorsque ses propres volumes absolus progressent. Un autre signal révélateur : le nombre d’expéditeurs uniques sur les réseaux stablecoin est passé de 2 000 à 12 000 en glissement annuel à fin février 2026, une multiplication par six qui témoigne d’une adoption élargie bien au-delà des seuls utilisateurs DeFi historiques. Comme nous l’analysions concernant la montée en puissance de Base et des stablecoins sur les marchés globaux, cette migration de la liquidité vers d’autres chaînes obéit à une logique de coût et d’accessibilité que les frais d’Ethereum ne peuvent plus contrer seuls.

Fait significatif dans ce tableau : malgré son leadership sur l’émission, Ethereum ne se classe qu’en cinquième position par nombre d’expéditeurs uniques parmi les réseaux stablecoin. Ce décrochage entre la domination en termes d’offre et le classement en termes d’activité utilisateur constitue le véritable signal de fond – il indique que les nouvelles cohortes d’adoptants stablecoin ne commencent plus nécessairement leur parcours sur Ethereum.

Signal sectoriel : la multi-chaîne s’impose comme nouvelle norme structurelle de l’infrastructure stablecoin mondiale

L’ironie est mordante : Ethereum a littéralement inventé l’infrastructure stablecoin décentralisée moderne, hébergeant les premières émissions majeures d’USDT et d’USDC lors du boom DeFi de 2020, et se trouve aujourd’hui dans la position d’une infrastructure fondatrice dont les protocoles émetteurs cherchent activement à réduire la dépendance. Solana a capturé une part croissante des flux USDC dès 2023 grâce à ses frais quasi-nuls et sa finalité en moins d’une seconde ; Tron domine les transferts USDT à destination des marchés émergents et des corridors de remittance grâce à des coûts de transaction inférieurs à un centime ; Base, le layer-2 d’Ethereum lancé par Coinbase, absorbe une portion croissante de la liquidité stablecoin qui aurait autrement transité par le réseau principal.

C’est précisément dans ce contexte que les données Visa prennent toute leur signification. Le volume annualisé de règlements stablecoin de Visa a atteint 4,5 milliards de dollars début 2026, contre 3,5 milliards en janvier de la même année – une progression mensuelle significative que Jack Sheffield, responsable crypto chez Visa, attribue explicitement à « une nouvelle classe d’émetteurs de cartes liées aux stablecoins ». Visa a déployé ses intégrations stablecoin sur Ethereum dès 2021, avant d’étendre ses capacités à Solana, Avalanche et Stellar – une architecture multi-chaînes qui reflète exactement la fragmentation en cours de la part de marché d’Ethereum. La TradFi ne mise plus sur une seule chaîne ; elle mise sur la liquidité là où elle se trouve.

Le GENIUS Act, adopté en juillet 2025, a fourni le cadre réglementaire qui manquait pour accélérer cette dynamique aux États-Unis, et ses effets se font déjà sentir dans la trajectoire de croissance du marché. Les analystes projettent une capitalisation stablecoin comprise entre 2 000 et 4 000 milliards de dollars d’ici 2030 – une croissance dont Ethereum ne capturera pas la totalité, mais dont les réseaux les plus agiles en termes de coût et de distribution pourraient tirer un avantage structurel durable. Mastercard, de son côté, a acquis BVNK pour 1,8 milliard de dollars pour intégrer les stablecoins à son infrastructure, tandis que Stripe a lancé ses outils de commerce stablecoin en mars 2026 – autant de signaux que l’adoption institutionnelle à grande échelle est désormais irréversible, toutes chaînes confondues.

Érosion structurelle ou consolidation tactique : deux lectures qui s’affrontent

Scénario haussier : la part de 65 % pourrait représenter un plancher de stabilisation plutôt qu’une étape intermédiaire dans une chute continue. L’argument central repose sur l’agrégation des layer-2 : Base, Arbitrum, Optimism et zkSync opèrent techniquement comme des extensions d’Ethereum, et leurs volumes stablecoin sont souvent comptabilisés séparément dans les métriques de domination. En réintégrant ces flux dans le périmètre élargi de l’écosystème Ethereum, la domination effective du réseau pourrait être significativement supérieure au chiffre nominal de 65 %. Par ailleurs, les émetteurs institutionnels – Circle en tête – maintiennent Ethereum comme chaîne de référence pour les émissions primaires et les réserves de collatéral, une préférence qui ne se déplacera pas sans friction réglementaire et opérationnelle considérable.

Scénario baissier : le chiffre de 65 % constitue au contraire un plafond en déclin dont la dynamique sous-jacente ne laisse aucun espace pour l’optimisme. Tron concentre l’essentiel des transferts USDT dans les corridors de remittance – le segment à plus forte croissance des stablecoins au niveau mondial – et sa part dans les volumes quotidiens de Tether rivalise directement avec celle d’Ethereum pour les petits montants. Solana, avec ses 400 millisecones de finalité et ses frais inférieurs au centime, capte les nouveaux entrants et les cas d’usage de paiement en temps réel que l’Ethereum mainnet ne peut pas servir de manière compétitive. La stratégie multi-chaînes explicite de Circle pour USDC signifie que l’émetteur lui-même arbitre activement contre la concentration sur Ethereum – un signal structurel difficile à ignorer. Comme l’illustre l’analyse de l’accumulation de liquidité sur Ethereum en vue d’un mouvement majeur, les zones de concentration de liquidité peuvent se déplacer rapidement lorsque les incitations économiques changent de gradient.

Nous sommes sur le fil du rasoir : ce qui déterminera lequel de ces deux scénarios prévaut est la capacité des layer-2 d’Ethereum à être comptabilisés comme des extensions du réseau principal dans les métriques de domination – et la vitesse à laquelle les émetteurs institutionnels formalisent ou non des stratégies d’allocation multi-chaînes indépendantes d’Ethereum.

Ce que ce signal change concrètement pour les investisseurs exposés à Ethereum et aux alt-L1

  • Réévaluation de la thèse ETH comme actif de capture de valeur stablecoin : si la domination stablecoin d’Ethereum continue de s’éroder, la narrative selon laquelle ETH bénéficie directement de la croissance du marché stablecoin perd de sa substance. Les investisseurs ETH doivent surveiller si la croissance des L2 compense ou non cette perte de part sur le mainnet – et si les frais générés par les L2 sont effectivement redistribués vers le réseau principal via les mécanismes de séquençage et de règlement.
  • Opportunité structurelle sur les alt-L1 à fort momentum stablecoin : Solana et les chaînes à faibles frais présentent désormais une thèse d’investissement stablecoin lisible – croissance des volumes, adoption utilisateur en accélération, intégrations institutionnelles validées par Visa et Circle. Cette thèse est cependant asymétrique : la concurrence entre ces chaînes pour la même base d’utilisateurs compressen les marges de différenciation à mesure que le marché mature.
  • Impact sur les stratégies de rendement stablecoin : la fragmentation de la liquidité entre chaînes multiplie les opportunités de rendement mais complexifie la gestion du risque de bridge et du risque de contrepartie protocolaire. Les stratégies de yield farming stablecoin doivent désormais intégrer un risque de chaîne explicite dans leur modélisation.
  • Surveillance du positionnement court sur ETH : comme l’illustre l’analyse des positions short sur Ethereum à hauteur de 35 millions de dollars, la perte narrative sur les stablecoins peut amplifier des mouvements baissiers déjà en place sur les marchés dérivés – un facteur de risque additionnel pour les détenteurs ETH leveragés.

La prudence reste de mise tant que la tendance de fragmentation multi-chaînes ne montre pas de signes d’inversion mesurables, et que les métriques d’activité utilisateur d’Ethereum mainnet continuent de placer le réseau en dehors du top 3 par nombre d’expéditeurs uniques stablecoin.

Les indicateurs clés à surveiller pour valider la thèse

  • Part de marché stablecoin Ethereum : seuil critique à 60 % – une cassure sous ce niveau consoliderait la thèse de déplacement structurel irréversible ; un rebond au-dessus de 70 % validerait le plancher. À suivre sur les tableaux de bord Dune Analytics et DeFiLlama.
  • Capitalisation totale des stablecoins : seuil de 300 milliards de dollars – franchissement de ce niveau confirmerait l’accélération structurelle du marché et intensifierait la concurrence inter-chaînes. À suivre sur DeFiLlama et CoinGecko.
  • Rang d’Ethereum par expéditeurs uniques stablecoin : sortie du top 3 vs. retour dans le top 3 – métrique décisive pour évaluer si l’activité utilisateur suit ou non la domination en offre. Source : Dune Analytics, dashboard stablecoin activity.
  • Volumes Visa stablecoin annualisés : franchissement du seuil de 10 milliards de dollars annualisés – ce niveau signalerait une adoption TradFi suffisamment massive pour influencer les allocations de liquidité institutionnelles entre chaînes. Source : rapports trimestriels Visa et publications partenaires.
  • Part USDC sur Solana vs. Ethereum : parité ou dépassement de la part Solana sur les flux USDC quotidiens constituerait un signal de basculement de référence pour l’émetteur Circle. À suivre sur les dashboards Circle et DeFiLlama.
  • TVL stablecoin agrégée des L2 Ethereum : si la somme Base + Arbitrum + Optimism dépasse 20 % de la TVL stablecoin totale, cela renforcerait la thèse haussière d’agrégation écosystémique. Source : L2Beat et DeFiLlama.

Perspectives – les scénarios pour les investisseurs exposés à Ethereum et aux alt-L1 stablecoin

À la hausse : Ethereum stabilise sa domination autour de 65-70 % en agrégeant les volumes L2 dans les métriques officielles, tandis que la capitalisation totale du marché stablecoin atteint 500 milliards de dollars d’ici fin 2026 sous l’impulsion du GENIUS Act. Dans ce scénario, la croissance absolue des volumes sur Ethereum demeure suffisamment robuste pour maintenir la pression haussière sur ETH via les frais de séquençage et de règlement – même si la part relative recule marginalement. Les alt-L1 continuent de croître en valeur absolue mais sans menacer le leadership institutionnel d’Ethereum sur les émissions primaires et les collatéraux complexes.

À la baisse : la domination d’Ethereum glisse sous 60 % d’ici la fin 2026, portée par l’accélération de Tron sur les remittances USDT et de Solana sur les paiements USDC grand public. La capitalisation stablecoin dépasse 400 milliards de dollars mais la croissance incrémentale bénéficie structurellement aux chaînes à faibles frais. Le narratif ETH comme actif de capture de valeur de la croissance stablecoin s’efface au profit des L2 individuels – un rééquilibrage qui pèse sur le premium de valorisation du token ETH lui-même dans les modèles de discounted cash flow on-chain.

Dans les deux cas, une vérité s’impose avec une clarté implacable : le marché des stablecoins est désormais une infrastructure financière mondiale de 270 milliards de dollars traitant 33 000 milliards de dollars de transactions annuelles, et aucune blockchain – pas même Ethereum – ne peut prétendre le monopoliser durablement face à la logique économique impitoyable des frais, de la vitesse et de l’accessibilité qui définit les préférences des nouveaux entrants.

Dans cette guerre de nerfs entre l’inertie institutionnelle qui protège Ethereum et la dynamique de coût qui redistribue la liquidité vers ses concurrents, la patience reste souvent la seule arme qui ne s’enraye pas.

LiquidChain : l’avenir de l’infrastructure blockchain haute performance

Dans ce contexte de compétition acharnée, des solutions innovantes comme LiquidChain émergent pour répondre aux besoins croissants de scalabilité et de fluidité des échanges. Cette plateforme se distingue par sa capacité à optimiser la circulation de la valeur tout en garantissant une sécurité de premier ordre pour ses utilisateurs. En misant sur une architecture moderne, LiquidChain s’inscrit parfaitement dans cette nouvelle ère de la finance décentralisée.

L’efficacité de LiquidChain permet de lever les barrières technologiques qui freinent encore certains investisseurs institutionnels face à la volatilité des frais de gaz traditionnels. Son approche centrée sur l’utilisateur et la performance technique en fait un allié de poids pour quiconque souhaite naviguer avec succès dans l’écosystème crypto actuel. Adopter cette technologie, c’est choisir un outil conçu pour les exigences de demain avec une vision claire.

Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.


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Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations fournies ici sont données à titre informatif uniquement. Investir dans les cryptomonnaies comporte des risques importants, y compris la perte totale du capital investi. Effectuez toujours vos propres recherches (DYOR) et consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d’investissement.

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Stéphane Daniel

Stéphane Daniel

Stéphane Daniel découvre l’univers des crypto-monnaies à travers Solana, alors que le projet en est encore à ses balbutiements. Issu d’un parcours littéraire, il s’initie d’abord à l’écosystème par curiosité intellectuelle, avant de s’immerger pleinement dans les rouages de la blockchain et des marchés numériques. Passionné par les innovations portées par les NFT, il se lance dans le trading de collections émergentes, tout en affinant ses compétences en analyse technique et fondamentale.
Au fil des années, Stéphane développe une expertise reconnue sur les nouvelles tendances Web3, les écosystèmes à haute performance comme Solana, et les dynamiques communautaires autour des tokens et des actifs numériques. En tant que journaliste, il combine rigueur analytique et pédagogie, avec une plume claire et engagée. Son objectif : rendre accessibles les enjeux complexes du secteur crypto au plus grand nombre, sans jamais céder au sensationnalisme.

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