Ethereum (ETH) vient de franchir un nouveau cap technique. Son gas limit par bloc passe de 45 millions à 60 millions, juste avant la mise à jour Fusaka. Cette hausse promet plus de capacité, mais elle relance aussi le débat sur les risques pour la décentralisation.
Une hausse de capacité préparée depuis un an
Techniquement, la limite de gas définit la quantité de calcul qu’un bloc peut contenir. Le plafond passe ainsi de 45M à 60M par bloc. Chaque bloc peut alors contenir plus de swaps, de transferts de tokens et d’appels de contrats. En théorie, cela réduit les périodes de congestion et l’explosion ponctuelle des frais. Dans la pratique, tout dépendra cependant de l’activité réelle et du comportement des applications.
Just a year after the community started pushing for higher gas limits, Ethereum is now running with a 60M block gas limit.
That’s a 2× increase in a single year — and it’s only the beginning.
H/t to all client teams, the researchers involved, and to @nanexcool and @econoar for… pic.twitter.com/5JB8FoiACP
— Toni Wahrstätter ⟠ (@nero_eth) November 26, 2025
Cette hausse ne tombe pas du ciel. Depuis mars 2024, la campagne communautaire « Pump The Gas » occupe le devant de la scène. Plus de 513 000 validateurs ont finalement basculé de 45M vers 60M. Cette fois, le paramètre ne vient pas d’un hard fork mais d’un signal collectif aligné sur les règles de consensus.
Pour Toni Wahrstätter, chercheur à la Fondation, cette étape valide un an de discussions, de tests et de lobbying technique. Il insiste sur le fait que la capacité a doublé en un an, et il voit là seulement le début. Derrière ce discours enthousiaste, plusieurs garde-fous rassurent néanmoins les plus prudents.
Le chercheur indépendant Zhixiong Pan souligne d’abord le rôle de EIP-7623. Cette proposition fixe des limites claires à la taille effective des blocs. Ensuite, des optimisations client permettent de traiter plus de gas sans saturer instantanément les ressources des nœuds. Enfin, des mois de tests sur testnets montrent que la propagation des blocs reste stable même sous charge plus lourde. Par conséquent, une partie de la communauté se sent plus à l’aise pour pousser un scaling plus agressif.
Fusaka et la stratégie de scaling ciblé
L’augmentation du gas limit arrive alors que l’écosystème affiche déjà des records de débit. Selon les données récentes de suivi, les rollups d’ethereum ont traité environ 31 000 transactions par seconde sur vingt-quatre heures. Un rollup, Lighter, domine avec plus de 5400 TPS. Base suit derrière avec un trafic plus modeste. De plus, d’autres solutions contribuent de manière régulière.
La mise à jour Fusaka doit justement accompagner ce mouvement. Son activation sur le mainnet est prévue pour le 3 décembre. Elle intervient après une phase de test réussie sur les réseaux de développement. Un concours d’audit doté de 2 millions de dollars vient compléter le dispositif. Au-delà des mises à jour habituelles de clients et de sécurité, un élément concentre l’attention : PeerDAS. Ce nouveau schéma de disponibilité des données doit permettre aux rollups de publier plus d’informations. Ils évitent ainsi de saturer la couche de base (Layer 1).
Par conséquent, la combinaison de Fusaka, de PeerDAS et du gas limit à 60M vise un objectif clair. L’idée centrale reste simple : plus de débit sans rupture de sécurité. Reste la question de la stratégie globale, que Vitalik Buterin commence à préciser pour 2026. Plutôt que d’augmenter uniformément la capacité, il plaide pour un scaling ciblé. Il imagine des blocs plus gros, mais avec une tarification plus fine.
La couche L1 sert surtout de base de données sécurisée et de couche de règlement. Tandis que les couches L2 gèrent le gros du flux. Plus le mainnet accepte de données et de preuves, plus ces solutions peuvent monter en puissance sans sacrifier la sécurité.
Les utilisateurs finaux ne verront peut-être pas les effets immédiatement. Cependant, si les promesses se confirment, ils profiteront d’un écosystème plus fluide, où les pics de demande restent gérables. Entre enthousiasme pour le « doublement » de capacité et prudence face aux risques de centralisation, Ethereum avance en équilibre.
Source : X (Twitter)
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