Gemini Space Station Inc., la plateforme fondée par Tyler et Cameron Winkelvoss, a fait son entrée sur le Nasdaq avec une levée de 425 millions de dollars.
Un chiffre impressionnant sur un marché encore secoué par la volatilité et les tensions réglementaires. Mais surtout, un signal : Gemini est désormais un poids lourd validé par Wall Street.
Une IPO qui a surpris par son intensité
À l’origine, Gemini visait une fourchette entre 24 et 26 dollars par action. Finalement, le prix a été fixé à 28 dollars, signe que la demande des investisseurs dépassait de loin les anticipations.
Plus tôt dans la semaine, certains analystes pensaient même que la société devrait revoir son ambition à la baisse, avec des estimations proches de 19 dollars. Le retournement a donc été spectaculaire.
Au total, 15,2 millions d’actions de classe A ont été mises en vente. D’après plusieurs sources proches du dossier, le carnet d’ordres a été saturé des heures avant la clôture, la demande ayant été vingt fois supérieure à l’offre.
Résultat des courses, une valorisation non diluée estimée à 3,3 milliards de dollars. À ce jeu, Gemini ne s’est pas réduite à séduire les investisseurs crypto. D’ailleurs, le Nasdaq lui-même a pris part à l’opération, en annonçant un ticket de 50 millions de dollars via un placement privé.
Gemini, un vétéran qui joue la carte de la régulation
Fondée en 2014, Gemini a souvent été considérée comme plus “sage” que ses concurrents. Là où Binance ou Kraken se sont parfois heurtés aux régulateurs, la plateforme des frères Winkelvoss a construit son image sur la conformité et la transparence. Cette stratégie paie aujourd’hui.
L’IPO intervient alors que les États-Unis ont enfin clarifié une partie du cadre réglementaire avec le GENIUS Act, adopté cet été. En Europe, c’est le règlement MiCA qui structure progressivement le marché. À ce moment charnière, Gemini apparaît comme un partenaire fiable, à même d’attirer les fonds institutionnels qui hésitaient encore, il y a deux ans, à franchir le pas.
L’entreprise affiche désormais l’ambition de renforcer ses services de garde, développer les produits dérivés et viser les 50 milliards de dollars d’actifs sous gestion d’ici à 2027.
Wall Street ouvre ses portes à la crypto
Le succès de l’opération doit beaucoup aux banques d’affaires qui ont piloté le placement. Goldman Sachs et Citigroup, en chefs de file, ont donné une nouvelle crédibilité au dossier. Cela marque en effet une rupture : l’idée que la finance traditionnelle se méfierait encore des acteurs crypto semble révolue.
Autre signal fort, Gemini a réservé une partie des titres à ses utilisateurs historiques et à ses employés, mais aussi à des courtiers populaires comme Robinhood ou SoFi. Une façon habile de garder son ADN crypto-native, et ce, en s’ancrant dans le grand public.
L’action GEMI commence à s’échanger aujourd’hui sur le Nasdaq Global Select Market, une vitrine que peu de plateformes crypto auraient imaginé atteindre il y a encore cinq ans.
Un signal fort pour l’industrie crypto
Avec ses 425 millions de dollars levés, Gemini donne le ton. En réalité, le marché a ainsi validé l’idée que la crypto est entrée dans l’ère de la maturité. Après Coinbase en 2021, c’est une nouvelle preuve que les grands investisseurs ne considèrent plus ces entreprises comme des acteurs marginaux.
La route ne sera certes pas sans obstacle : volatilité persistante, concurrence féroce et régulation encore mouvante. Néanmoins, cette IPO reste une étape charnière.
Elle confirme que les plateformes les plus solides, capables de gagner la confiance des institutions, sont aujourd’hui appelées à jouer dans la cour des grands. Et à ce jeu, les frères Winkelvoss viennent de frapper un grand coup.
Source : Reuters
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