Un couple du Michigan vient d’entrer dans les livres d’histoire de la finance en signant le tout premier prêt immobilier conventionnel garanti par des bitcoins aux États-Unis. Joe, ingénieur logiciel, et Amy, étudiante en master, ont acquis leur première maison à Ann Arbor sans céder un seul satoshi de leur portefeuille crypto. Une première mondiale qui pourrait redéfinir les règles du jeu pour des millions de détenteurs de cryptomonnaies.
Un montage financier inédit, validé par Fannie Mae
Derrière cette opération se trouve un partenariat entre Coinbase et la plateforme de financement immobilier Better Home & Finance.
Le mécanisme repose sur deux prêts émis simultanément au moment de la signature. Le premier est un crédit immobilier classique, conforme aux exigences de Fannie Mae — l’agence fédérale qui rachète les crédits auprès des banques pour garantir la liquidité du marché hypothécaire américain. Le second prêt, garanti par les bitcoins de l’emprunteur, couvre l’apport initial qui aurait normalement dû être versé en cash.
Concrètement, pour l’achat d’un bien à 500 000 dollars, l’acheteur peut contracter un prêt classique de 400 000 dollars et financer les 100 000 dollars d’apport restants via un prêt adossé à ses cryptomonnaies. Les BTC sont placés en garantie pendant toute la durée du remboursement, puis restitués intégralement à la fin du crédit.
Un avantage fiscal décisif pour les hodlers
Ce dispositif résout un problème que des milliers de détenteurs de bitcoin rencontrent depuis des années : comment accéder à la propriété sans déclencher une imposition sur les plus-values ?
Aux États-Unis, toute vente de cryptomonnaies est un événement fiscal. Pour quelqu’un ayant acheté du bitcoin à 10 000 dollars et voulant financer un apport, revendre ses BTC au prix actuel signifie payer des impôts sur l’ensemble de la plus-value réalisée. Grâce au prêt collatéralisé, cette vente n’a jamais lieu : les actifs restent intacts, l’impôt n’est pas déclenché, et l’emprunteur conserve son exposition à la hausse potentielle du bitcoin.
Coinbase précise que le produit accepte à la fois le bitcoin et l’USDC comme garantie. Les membres Coinbase One approuvés bénéficient également d’une réduction de 1 % sur les frais de clôture, plafonnée à 10 000 dollars.
Un lancement national prévu cet été, sur fond de crise d’accès à la propriété
Le timing de cette annonce n’est pas anodin. En 2025, l’âge médian des primo-accédants américains a atteint 40 ans — un record historique selon la National Association of Realtors, contre 31 ans en 2014. La crise d’accessibilité immobilière est profonde, et ce nouveau produit s’adresse directement aux 41 % d’emprunteurs éligibles qui ne disposent pas des liquidités nécessaires pour un apport traditionnel, mais qui détiennent des actifs numériques.
Coinbase et Better ont annoncé leur intention de déployer ce produit à l’échelle nationale à l’été 2026. La liste d’attente représente déjà 250 millions de dollars de volume potentiel de prêts, signe que la demande dépasse largement le cadre expérimental.
Si ce modèle se généralise, il pourrait marquer une rupture dans la façon dont les actifs numériques sont perçus par le système financier traditionnel — non plus comme de simples placements spéculatifs, mais comme des garanties solides au même titre qu’un portefeuille boursier ou un bien immobilier.