Avec le succès retentissant de Circle a ses débuts lors de son IPO, difficile pour les entreprises crypto de résister à la tentation. C’est pourtant le cas de Kraken qui ne veut pas se laisser aller au FOMO. Derrière ce terme, on retrouve la peur de manquer une occasion en or et qui peut rapporter gros.
Mais le patron de Kraken n’est pas dupe. Il ne veut pas jeter sa plateforme entre les mains des grands financiers. En tout cas, pas maintenant. Dans cette euphorie passagère, Arjun Sethi y a peut-être décelé quelques pièges dans lesquelles il ne veut pas tomber.
Kraken refuse la course au marché public
Arjun Sethi, co-CEO de Kraken, a mis “les points sur les i” lors d’une intervention chez Yahoo Finance. L’entreprise ne prévoit pas de se précipiter vers une introduction en bourse aux États-Unis. Pour lui, ce n’est pas parce que les autres le font qu’il doit nécessairement suivre le mouvement. Il rappelle un fait essentiel : Kraken est une plateforme solide, rentable, et elle est surtout indépendante. En bref, elle n’a pas besoin d’un listing boursier comme béquille financière.
Nous sommes financièrement sains – Nous n’avons pas de raison de courir vers la porte de sortie la plus proche.
Ce refus du FOMO offre un certain décalage avec la tendance actuelle. Car depuis la mi-2024, les spéculations circulent. Certains annonçaient déjà une IPO début 2026 avec Bloomberg qui en parlait même comme quelque chose de naturel. Pourtant, Kraken garde le cap et refuse le tempo imposé par Wall Street.
Sethi y voit même un avantage à rester en retrait pour le moment. Il estime prendre la position d’un observateur en laissant les premières entreprises faire le pas et faire face aux erreurs. En quelque sorte, elles serviront de bouclier pour les prochains qui se lanceront. Et Kraken, de son côté, analyse, apprend et prépare les choses sans pression.
Quant à son modèle économique, Kraken a déjà levé plus de 530 millions de dollars depuis sa création en 2011. Sa société est déjà valorisée à 15 milliards de dollars. Autrement dit, l’échange se débrouille très bien seul, et il n’a pas besoin de laisser ses actions aux plus offrants.
Sethi ne s’inquiète pas non plus de la récente correction du Bitcoin. Pour lui, les cycles sont naturels et le vrai sujet n’est pas les fluctuations du moment.
Kraken ralentit… pour mieux performer sur la durée
Ce positionnement semble presque paradoxal dans un marché obsédé par la vitesse. Pourtant, il reflète une conviction stratégique. Le marché public peut apporter des avantages considérables. Mais il impose aussi sa propre tyrannie : le court-termisme.
Si Sethi se lançait dans une IPO, il devrait publier des résultats trimestriels, subir les arbitrages dictés par la pression actionnariale, voire même perdre l’identité même de sa plateforme. Kraken préfère donc tracer sa propre route, quitte à ne pas aller aussi vite que des entreprises comme Circle.
Ce refus du FOMO souligne une vérité trop oubliée dans la crypto : la liberté se protège mieux hors des projecteurs. Et parfois, la meilleure décision est celle de ne pas se jeter dans la première tendance venue. Les portes de Kraken resteront encore fermées à Wall Street pendant quelques temps.
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