Venga a obtenu une autorisation de prestataire de services sur crypto-actifs (CASP) auprès de la Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV), le régulateur financier espagnol, dans le cadre du règlement MiCA. Cette accréditation place Venga parmi les quelque 244 entreprises ayant décroché une licence MiCA à l’échelle de l’Union européenne, sur plus de 3 000 sociétés préalablement enregistrées sous des régimes nationaux – soit un taux de conversion inférieur à 10 %.
L’autorisation intervient à quelques semaines de l’échéance du 1er juillet 2026, date à laquelle les enregistrements nationaux transitoires arriveront à expiration. Les entreprises non conformes devront alors suspendre leurs activités régulées ou quitter certains marchés européens.
Une licence qui ouvre l’accès à l’ensemble du marché européen
Le mécanisme de passeport européen est au cœur de la valeur stratégique de cette accréditation. Une licence CASP délivrée par un régulateur national comme la CNMV autorise son titulaire à opérer dans l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne sous un régime réglementaire unique, sans multiplier les demandes d’enregistrement pays par pays.
Pour Venga, cela signifie une expansion continentale opérationnelle dès l’obtention de la licence, en s’appuyant sur des enregistrements VASP préexistants en Espagne et en Pologne comme socle de départ. Michael Stroev, co-fondateur et directeur général de Venga, a déclaré que l’autorisation « confirme que nous avons construit l’entreprise pour opérer dans le cadre réglementaire qui définira l’avenir des services crypto en Europe ».
L’Espagne adopte par ailleurs une position particulièrement ferme sur l’application du calendrier MiCA. Carlos San Basilio, secrétaire général du Trésor espagnol, a publiquement exclu toute exception ou prolongation pour les plateformes non conformes au 1er juillet 2026 – une position qui renforce mécaniquement la valeur concurrentielle des licences déjà obtenues.
MiCA redéfinit l’accès au marché européen avec des exigences structurelles élevées
Contrairement aux anciens régimes d’enregistrement nationaux, MiCA impose aux prestataires de satisfaire à des standards couvrant la gouvernance, l’adéquation des fonds propres, la résilience opérationnelle, la cybersécurité, la gestion des risques, la protection des clients et les contrôles internes. Il ne s’agit pas d’une formalité administrative, mais d’un audit structurel de l’ensemble de l’organisation.
Venga indique avoir consacré près de deux ans à cette préparation, mobilisant des ressources sur chaque composante du business – systèmes de reporting, processus opérationnels, politiques de conformité. Stroev a souligné que « l’autorisation n’est pas un événement ponctuel » : les firmes agréées restent soumises à une supervision continue, à des obligations de reporting périodiques et à des audits annuels sous la coordination de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA).
La rareté des licences accordées s’explique précisément par cette exigence. Comme le montre l’analyse de l’impact structurel de MiCA sur le marché européen, le règlement redistribue les cartes en faveur des acteurs capables d’absorber le coût de mise en conformité – éliminant de facto les opérateurs sous-capitalisés ou mal gouvernés.
Un signal fort dans un marché européen en phase de consolidation accélérée
L’obtention de cette licence positionne Venga comme un acteur régulé à un moment où la fenêtre de conversion se referme rapidement. Même des plateformes de premier rang n’ont pas encore finalisé leur accréditation MiCA – Binance ayant notamment retiré sa candidature déposée en Grèce pour réorienter sa stratégie européenne, illustrant la complexité du processus, comme l’a documenté la couverture de ce retrait stratégique.
Dans ce contexte, les licences MiCA s’imposent comme des actifs stratégiques rares, déterminants pour la compétitivité future sur le marché européen. La bataille réglementaire entre grands exchanges pour les licences MiCA confirme que l’accès au passeport européen est devenu un enjeu de positionnement autant que de conformité.
À mesure que le 1er juillet 2026 approche, les prochaines semaines détermineront quels acteurs supplémentaires rejoindront ce groupe restreint – et lesquels devront renoncer à leurs activités régulées dans l’Union européenne.
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