L’une des plus grandes plateformes d’échange de cryptomonnaies fait face à une nouvelle tempête judiciaire. Des actionnaires de Coinbase ont lancé une action en justice contre le mastodonte américain. Elle vise les dirigeants de l’entreprise et des investisseurs majeurs.
Parmi eux figure le cofondateur d’Andreessen Horowitz, Marc Andreessen. La plainte déposée l’accuse entre autres de délit d’initié à grande échelle. La plainte remet en cause la vente de milliards de dollars d’actions à des prix artificiellement gonflés.
Les allégations choc et le silence des dirigeants
Une plainte a été déposée devant la Cour du Delaware. Elle accuse la haute direction de Coinbase d’avoir orchestré un stratagème trompeur sur plusieurs années. Sur le banc des accusés on retrouve le PDG Brian Armstrong et le chef des affaires juridiques Paul Grewal.
Marc Andreessen, membre du conseil d’administration, est également ciblé. Selon les plaignants, les initiés auraient ainsi vendu pour 4,2 milliards de dollars d’actions en profitant d’information privilégiées, du fait de leur position. Malheureusement, le public n’a eu connaissance des ces informations que bien plus tard.
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L’une des accusations principales concerne le non respect des réglementations en vigueur. Les dirigeants auraient caché des manquements graves aux règles KYC (Know Your Customer) et anti blanchiment d’argent (AML).
La dissimulation concernerait aussi des violations de données critiques. Les initiés auraient eu connaissance d’un piratage en janvier dernier, compromettant des informations sensibles de ses clients. Cependant, l’entreprise n’a divulgué cette violation que plusieurs mois plus tard, en mai.
Théoriquement, ces omissions auraient maintenu le prix de l’action élevé, permettant aux initiés de vendre au prix fort. Les actionnaires estiment que ces dissimulations s’apparentent à un délit d’initié pur et simple.
La plainte demande entre autres la restitution des profits jugés indus au bénéfice de Coinbase, ainsi qu’un ensemble de réformes de gouvernance. A savoir : renforcement des contrôles internes, comités indépendants et nomination de nouveaux administrateurs sans liens avec les dirigeants mis en cause.
Coinbase, déjà cité à comparaître devant la justice
En 2023, une première plainte d’actionnaires visait déjà Brian Armstrong, Marc Andreessen et d’autres initiés. De façon plus ou moins similaire, ils étaient accusés d’avoir vendu pour 2,9 milliards de dollars d’actions juste après l’introduction en bourse de Coinbase. Ils avaient ainsi évité près d’un milliard de dollars de pertes lorsque le titre a décroché.
Les deux dossiers ont un point commun central : la structure de cotation directe choisie par Coinbase. Ce mécanisme permet aux actionnaires existants de vendre immédiatement sur le marché, sans période de verrouillage classique.
Selon les plaignants, cette architecture a surtout servi à offrir de la liquidité aux dirigeants, plutôt qu’à financer la croissance de la société.
Les actionnaires contestent aussi l’indépendance du comité spécial chargé d’examiner ces problèmes, en soulignant les liens de certains membres avec la galaxie Andreessen Horowitz.
Ils décrivent un système dans lequel il serait difficile de mener une enquête véritablement objective et indépendante sur des figures centrales du capital-risque américain.
La procédure a pris forme alors alors que Coinbase vient d’annoncer son intention de quitter le Delaware. L’exchange veut se relocaliser au Texas, un Etat perçu comme plus favorable et permissif pour les entreprises. Les plaignants demandent au tribunal du Delaware de conserver la main sur le dossier malgré tout.
De son côté, Coinbase nie tout manquement à ses obligations légales. La société présente les ventes de dirigeants comme une monétisation normale d’investissements de long terme. Pour nombre d’employés, une part de la rémunération est prévue en actions, les ventes sont donc une partie de leur salaire.
La plateforme met aussi en avant le renforcement récent de ses programmes de conformité ainsi que son dialogue continu avec les régulateurs.
Pour l’ensemble du secteur crypto, le message est clair : les actionnaires n’hésitent plus à utiliser le droit des sociétés pour contester la façon dont les dirigeants gèrent l’information sensible. Le far west crypto n’est plus d’actualité, et c’est une bonne nouvelle pour la protection des consommateurs.
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