L’Etat américain du New Hampshire innove en matière de financement public et utilisation de Bitcoin. L’Etat a approuvé une obligation municipale inédite adossée à BTC. Cette expérimentation pourrait changer la façon dont les collectivités se financent et utilisent les actifs numériques.
Une obligation municipale garantie par Bitcoin
L’agence publique Business Finance Authority (BFA) a validé un conduit obligataire de 100 millions de dollars garanti par Bitcoin. La BFA joue un rôle d’intermédiaire et ne garantit pas elle-même la dette. Le risque ne repose donc ni sur le budget de l’Etat ni directement sur les contribuables.
Des entreprises pourront emprunter en dollars en déposant leur Bitcoin comme collatéral auprès d’un dépositaire privé. BitGo assurera la conservation des BTC servant de garantie, ce qui ancre le montage dans une infrastructure déjà utilisée par de grands institutionnels.
Le schéma prévoit environ 160 % de sur-collatéralisation pour éviter limiter les pertes en cas de volatilité. Si la valeur du collatéral tombe vers les 130 %, un mécanisme de liquidation est déclenché pour couvrir les détenteurs d’obligations.
NEW: @EleanorTerrett reports that New Hampshire has become the first state to approve a municipal bond backed by Bitcoin.
The Business Finance Authority has signed off on a $100 million Bitcoin-collateralized conduit bond that lets companies borrow against over-collateralized… pic.twitter.com/UkGniDwUbb
— Bitcoin News (@BitcoinNewsCom) November 19, 2025
Cette structure permet de transformer des réserves de Bitcoin en liquidités sans vendre les jetons. Les emprunteurs gardent leur exposition à BTC tout en évitant, au départ, de déclencher un événement fiscal. Le tout reste encadré par les mêmes règles que les obligations municipales classiques.
L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de l’Etat. En mai 2025, le New Hampshire est devenu le premier Etat américain à autoriser son Trésor à investir jusqu’à 5 % des fonds publics dans des actifs numériques dépassant 500 milliards de capitalisation. En Asie, c’est Taiwan qui s’active sur le sujet.
Dans les faits, cette autorisation de 5 % revient mécaniquement à viser Bitcoin, qui est le seul a dépasser la barre des 500 milliards de valorisation.
La gouverneure Kelly Ayotte s’est félicitée de cette nouvelle étape vers la numérisation de l’économie. D’après elle, l’Etat « embrasse à nouveau les nouvelles technologies » sans exposer directement les finances publiques.
Les frais de l’opération, ainsi que d’éventuels gains sur le collatéral seront prélevés iront alimenter un Bitcoin Economic Development Fund dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat local.
La structure a été conçue par Wave Digital Assets, en partenariat avec le spécialiste des obligations municipales Rosemawr Management. L’objectif est de proposer un produit « institutionnel, conforme et globalement scalable » qui marie collatéral crypto et dette publique.
Bitcoin allié de la dette publique ?
Pour ses promoteurs, cette obligation est pensée comme un modèle reproductible pour d’autres États. En 2025, le marché obligataire mondial représente environ 140 000 milliards de dollars, dont plus de 58 000 milliards pour les États-Unis.
Jusqu’ici, les prêts collatéralisés en crypto restaient cantonnés à des plateformes privées. Le New Hampshire transpose ce mécanisme dans l’univers très régulé des obligations municipales, réputé prudent et conservateur.
Si les premières émissions fonctionnent, des caisses de retraite ou des fonds d’infrastructure pourraient tester ce type d’exposition à Bitcoin plutôt que de passer uniquement par des ETF.
Les partisans du projet y voient une façon de « mettre au travail » les réserves numériques publiques ou institutionnelles. Une partie importante des bitcoins détenus par des États ou des acteurs privés reste aujourd’hui inactive. Miser contre Bitcoin peut faire perdre gros.
Utiliser ces avoirs comme collatéral, avec un levier limité et des appels de marge stricts, pourrait aider à financer des projets économiques sans hausse de la fiscalité locale.
STRATEGIC BITCOIN RESERVE IS LAW! pic.twitter.com/30zXx9srfJ
— Dennis Porter (@Dennis_Porter_) May 6, 2025
Très en pointe sur le sujet, le New Hampshire avait déjà créé une Strategic Bitcoin Reserve au niveau de l’État. L’obligation adossée à BTC apparaît comme le prolongement logique de cette stratégie. Après l’accumulation de jetons vient, leur emploi au service de l’économie réelle locale.
De nombreuses zones d’ombre subsistent toutefois. Les agences de notation doivent encore clarifier la place de Bitcoin dans leurs modèles de risque obligataire.
Plusieurs observateurs parlent déjà d’un tournant symbolique. Cette première obligation municipale garantie par du Bitcoin ouvre un précédent dans la gestion de la dette publique américaine. Si l’expérience est concluante, le « laboratoire Bitcoin » du New Hampshire pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle génération de produits de dette hybrides.
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