Les marchés de prédiction crypto viennent d’essuyer un nouveau revers juridique aux États-Unis. Un juge du Nevada a ordonné à Polymarket, l’une des plateformes on-chain les plus populaires du secteur, de suspendre temporairement ses activités dans l’État.
Cette décision remet en cause l’argument central de l’industrie selon lequel ces produits relèveraient exclusivement du droit fédéral des matières premières, sous la supervision de la CFTC.
Une décision fondée sur le droit des jeux d’argent
Dans une ordonnance restrictive temporaire valable 14 jours, le tribunal du Nevada a donné raison au Nevada Gaming Control Board. Le juge estime qu’à ce stade de la procédure, les contrats proposés par Polymarket (notamment ceux liés au sport et à d’autres événements) s’apparentent davantage à des paris illégaux qu’à des instruments financiers réglementés.
“Trading not allowed in Nevada. Tap to learn more.”
It’s official.
Polymarket exits Nevada.
(h/t @ManOfTheLibrary) pic.twitter.com/QRQPpSoLCD
— Daniel Wallach (@WALLACHLEGAL) January 31, 2026
Selon la cour, laisser la plateforme opérer sans licence de jeu exposerait l’État à un risque immédiat et irréparable. Le juge évoque notamment des lacunes en matière de contrôle de l’âge des utilisateurs, de protection des joueurs et d’intégrité des paris, des domaines traditionnellement encadrés par les régulateurs locaux.
Cette approche marque un rejet clair de la thèse défendue par Polymarket, selon laquelle le Commodity Exchange Act empêcherait les États d’appliquer leurs propres lois sur les jeux d’argent.
La CFTC n’a pas le dernier mot, selon le tribunal
L’un des points clés de la décision concerne la compétence de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Blockratize, l’opérateur de Polymarket, soutient que ses contrats relèvent exclusivement de la juridiction fédérale. Le juge du Nevada ne semble pas convaincu.
Selon la cour, rien n’empêche un État d’appliquer ses lois locales lorsque des produits ressemblent, dans les faits, à des paris. Une audience aura désormais lieu le 11 février afin de déterminer si l’ordonnance temporaire doit prendre la forme d’une injonction préliminaire.
Un mouvement de fond contre les marchés de prédiction
Le Nevada ne reste pas un cas isolé. Le mois dernier, le Tennessee a ordonné à plusieurs plateformes (dont Polymarket, Kalshi et le North American Derivatives Exchange de Crypto.com) de cesser de proposer des contrats sportifs aux résidents de l’État et de rembourser les utilisateurs concernés.
Ces actions s’inscrivent dans un bras de fer plus large entre les régulateurs étatiques, les plateformes crypto et la CFTC. Kalshi, pourtant désignée comme marché de contrats par la CFTC, est engagée depuis près d’un an dans des procédures judiciaires à travers le pays, avec des décisions parfois favorables, parfois défavorables.
De son côté, Coinbase a récemment saisi la justice fédérale pour tenter d’obtenir une clarification définitive car les marchés de prédiction doivent-ils être régulés comme des produits dérivés ou comme des jeux d’argent ? La réponse pourrait redéfinir durablement l’avenir du secteur aux États-Unis.
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