Face aux secousses budgétaires, on cite l’or, on invoque les bons du Trésor et on espère que les billets arriveront à garder la face. Puis arrive Ray Dalio qui bouscule ces espérances en citant les cryptos comme solution. Dans un entretien relayé par le Financial Times, le fondateur de Bridgewater estime que les cryptomonnaies constituent désormais une « alternative attractive » aux monnaies fiat en perte d’efficacité comme réserve de valeur.
Pourquoi ? Parce que l’offre de certains actifs crypto est plafonnée, tandis que l’offre de dollars gonfle au gré des déficits. Quand la marée de liquidités monte, les actifs avec une offre limitée gagnent en légitimité.
Pourquoi Dalio parle “d’alternative” ? Rareté contre impression monétaire
La crypto peut-elle remplacer le dollar ? Selon les propos de Dalio reportés au Financial Times, il n’y a aucun doute. Si l’offre de dollars augmente et/ou si la demande pour ces dollars recule, des monnaies à offre limitée deviennent attractives. C’est, en tout cas, ce qu’il pense.
Son raisonnement est simple, presque brutal : ce qui est émis sans limites finit, tôt ou tard, par perdre en pouvoir d’achat. A contrario, ce qui est limité de manière immuable, peut tenir sur la durée.
La dette américaine dépasse 37 000 milliards de dollars. Dalio met en garde sur un potentiel arrêt cardiaque induit par la dette. Cela serait la conséquence d’années de déficits et d’intérêts qui grimpent. Début septembre, il a même suggéré qu’il était judicieux d’allouer jusqu’à 15 % de la valeur d’un portefeuille dans de l’or ou du Bitcoin.
Autre point abordé : les stablecoins. Beaucoup s’inquiètent de leur exposition aux bons du Trésor. Mais Dalio coupe court à ces interrogations. Il ne voit aucun “risque systémique” si le cadre est bien régulé. En revanche, il pointe un risque bien réel : la baisse du pouvoir d’achat réel des bons du Trésor. Autrement dit, même un actif réputé sans risque peut perdre contre l’inflation. C’est un point qu’il a souhaité clarifier lors d’un post X, car il n’était pas satisfait de l’interprétation du Financial Times.
— Ray Dalio (@RayDalio) September 2, 2025
Ce que cela implique pour les portefeuilles
Dalio n’annonce pas un monde tout-crypto. Il parle d’équilibre. D’un côté, des actifs comme l’or ou le Bitcoin, et de l’autre, des actifs liquides et productifs. Une gestion des risques qui reconnaît que la monnaie fiat n’est plus une assurance tous risques. L’idée d’une allocation de 15 % en or ou Bitcoin n’est pas un totem d’immunité. Mais cela peut permettre de limiter les dégâts face à l’érosion des monnaies traditionnelles.
Mais attention, il ne s’agit pas d’investir n’importe comment. Dalio recommande de se renseigner sur les mécanismes de chaque crypto. Un investisseur doit connaître les plafonds d’émission de jetons, les potentiels halvings ainsi que le système déflationniste mis en place. Aussi, il faut savoir choisir des projets qui se veulent clairs et qui sont régulièrement audités par des organismes indépendants.
Bien sûr, Dalio ne dit pas que les cryptos promettront une hausse de prix constante et régulière. Mais d’un autre côté, il constate un régime où les fiat luttent pour préserver leur pouvoir d’achat, tandis que des actifs rares intéressent de plus en plus les institutionnels.
Au final, son message se veut particulièrement simple : quand l’offre d’argent déborde, la rareté reprend de la valeur. Les cryptos n’abolissent pas les cycles, mais elles redonnent simplement du poids à la contrainte de l’offre. Selon Dalio, c’est précisément ce qui fait que les cryptos sont aujourd’hui une bonne alternative.
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