Depuis quelques trimestres l’application de trading pour particuliers Robinhood, affiche une croissance spectaculaire de son activité crypto. Toutefois, malgré cette dynamique, l’entreprise adopte une posture de prudence vis-à-vis de l’idée d’intégrer des actifs numériques à son bilan.
Résultats solides, portés par l’impulsion crypto
Au titre du troisième trimestre 2025, Robinhood a publié un chiffre d’affaires d’environ 1,27 milliard $. Cela représente près du double par rapport à l’année précédente. Dans ce total, la part transactionnelle (trading, commissions) s’élève à environ 730 millions $, en augmentation de 129 % d’une année sur l’autre.
L’entreprise phare aux Etats-Unis déclare un chiffre d’affaires lié aux cryptos d’environ 268 millions USD. Robinhood affiche une progression de plus de 300 % sur un an. Cette montée en puissance confirme que l’activité crypto pèse désormais de manière significative dans le mix économique de Robinhood.
L’appli propose aussi des actions, ainsi que leur version tokenisée. Elle attire une clientèle jeune et tournée vers les actifs numériques. L’acquisition de Bitstamp (exchange centralisé européen) plus tôt dans l’année ainsi que son expansion internationale contribuent à cette montée en puissance.
Robinhood $HOOD now has 11 separate business segments generating more than $100 Million of revenue on an annualized basis pic.twitter.com/yBx9pGLWya
— Evan (@StockMKTNewz) November 5, 2025
Pour autant malgré ces bons résultats, le titre n’en a pas profité en bourse. Potentiel signal que l’action a atteint un sommet, au mieux temporaire. Certains investisseurs attendent un business model plus affirmé ou une vision de long terme plus claire concernant l’exposition aux actifs numériques.
Paradoxalement, alors que Robinhood profite de l’engouement crypto, la direction refuse pour l’instant de transformer cette dynamique en la matérialisant dans ses bilans. Pas d’accumulation stratégique de cryptomonnaies prévue jusqu’à nouvel ordre.
Lors de sa conférence sur les résultats à l’adresse des actionnaires, Shiv Verma, vice-président Finance et Stratégie, a indiqué que l’entreprise « réfléchit beaucoup » avant d’acheter et détenir des cryptomonnaies pour son propre compte.
Prudence face à la mode des trésoreries cryptos
Il souligne que, bien que « l’alignement avec la communauté » soit un plus en termes d’image de marque, la question centrale reste : « Est-ce la bonne chose pour les actionnaires ?». Robinhood est déjà un acteur majeur du trading de crypto à l’heure actuelle. L’entreprise réussit à performer sans accumuler de jetons en trésorerie, ce n’est donc pas un besoin vital.
L’un des arguments avancés par l’entreprise : détenir du Bitcoin ou tout autre token sur le bilan immobilise du capital qui pourrait être utilisé pour développer des produits, investir en ingénierie, ou soutenir l’expansion géographique. Un positionnement très rationnel lorsqu’on dispose d’axes de croissances concrets.
Robinhood Q3 Growth by Product:
Options +50%
Crypto +339%
Equities +132%
Interest +66%$HOOD pic.twitter.com/qE9bqcqX44— Fiscal.ai (@fiscal_ai) November 5, 2025
A l’inverse, la plupart des Digital Assets Treasuries (DAT) sont des entreprises publiques donc l’activité principale génère peu ou pas de revenus. Elles envisagent cette stratégie plus comme une bouée de sauvetage qu’un axe de croissance normal. D’autant que cette mode est peut-être en train de s’essouffler.
En effet, plusieurs sociétés de trésorerie ont annoncé des programmes de rachats d’action après que leur capitalisation soit passée sous la valeur de leurs avoirs cryptos. Un destin dont se passerait bien l’équipe de Robinhood. Mais ce n’est pas le cas de Michael Saylor, toujours imperturbable dans son accumulation de BTC.
Ce positionnement contraste avec celui de certaines sociétés devenues célèbres pour avoir intégré des cryptos à leurs trésorerie. Robinhood choisit la flexibilité opérationnelle plutôt que le pari de valorisation lié à une détention directe.
Robinhood capitalise pleinement sur la hausse de son activité crypto, mais refuse pour l’instant d’adopter la stratégie popularisée depuis 2020 par Michael Saylor et Strategy (ex-Microstrategy). Cette retenue reflète une volonté de servir l’impact à long terme pour les actionnaires et de conserver une marge de manœuvre plutôt que de s’engager dans une spirale spéculative.
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