Le secteur de la technologie en France continue sa chute libre. Si ce n’est pas des ventes d’entreprises à l’étranger, ce sont des licenciements économiques qui représentent le paysage de la France à l’heure actuelle. En effet, Sorare, autrefois considérée comme un fleuron de l’innovation en Europe et valorisée à 4,3 milliards de dollars en 2021, a annoncé cette semaine une réduction de plus d’un tiers de ses effectifs. Cette triste annonce marque un passage à vide pour la plateforme qui était censée révolutionner le domaine des cartes à collectionner.
La chute libre d’une licorne
En 2021, Sorare annonçait une levée de fonds de série C de 680 millions de dollars soutenue par des investisseurs connus tel que SolftBank, Atomico ou encore Accel Partners et son avenir semblait alors radieux. En effet à ce moment là, la bulle des NFT est à son paroxysme et les VC (venture capital) investissent massivement dans tout ce qui s’approche de prêt ou de loin à la blockchain. Sorare incarne alors l’ambition technologique française de référence sur la scène mondiale. Son fondateur, Nicolas Julia, affichait ainsi des prévisions mirobolantes dont un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros d’ici 2024.
Cependant le retour à la réalité s’avère amère pour l’entreprise. En effet, la bulle des NFT passée et le bear market bien installé, le chiffre d’affaires de la licorne s’effondre passant de 59 millions d’euros en 2023 à 43 millions d’euros l’année d’après, soit une baisse de 27 %. Plus alarmant encore, Sorare a accumulé de sévères pertes de 220 millions d’euros pour seulement l’année de 2023. Ainsi, les prévisions pour 2025 tablent sur un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros, bien loin des chiffres d’une licorne florissante, ils témoignent d’une lutte acharnée pour la survie d’une entreprise.

La principale cause est connue de tous, le bear market n’épargne personne et a annihilé toute euphorie autour des NFT. Ce qui semblait être l’avenir des cartes à collectionner est devenu du jour au lendemain une simple tendance de marché. Pire encore, les investisseurs français et européens spécialisés dans le secteur ont quasiment disparu à l’heure actuelle et ce n’est pas pour rien que Ledger prépare sa future levée de fonds à New York.
Quelles cartes reste t-il à jouer pour Sorare ?
“Aux grands maux les grands remèdes” comme le dit l’adage. Face à cette crise existentielle, Sorare entreprend des mesures drastiques. En 2024, l’entreprise avait d’ores et déjà réduit ses effectifs de 13 % et renégocié ses accords de licences sportives réduisant ainsi les coûts annuels de partenariat tout en parvenant à conserver des accords importants avec la NBA, la MLB et des clubs de foot comme le PSG, le Real Madrid et l’Olympique de Marseille.
Avec l’annonce cette semaine d’une suppression de plus d’un tiers des effectifs, le cofondateur Adrien Montfort a quitté son poste. C’est donc une nouvelle page qui se tourne pour le CEO Nicolas Julia qui a présenté cette décision comme difficile mais nécessaire.
Le seul espoir pour Sorare réside dans la migration vers Solana, qui pourrait générer jusqu’à 10 millions de dollars de revenus. Il est bon de rappeler qu’avant cette décision les cartes à collectionner avaient beau être numérisées, elles reposaient sur un layer 2 d’Ethereum centralisé (StarkEx) et méconnue du grand public.
La PDG reste donc optimiste, affirmant que Sorare deviendra enfin rentable courant de l’année prochaine en expliquant sur X (anciennement Twitter) :
Au début de la saison 2024-2025, nous avons pris des risques importants avec Sorare 26. Trois mois plus tard, le constat est clair : le jeu est de nouveau sur une trajectoire de croissance, et nous comptons bien aller encore plus loin.
With Sorare 26, we aimed for a real turning point:
> A cleaner, more focused gameplay
> New top-tier partners like the French Professional Football League (LFP)
> Our first large-scale global marketing campaign
> A move to Solana to power the next chapter of SorareWe called it…
— Nicolas Julia (@ni2las) November 21, 2025
L’entreprise conserve quant bien même 80 millions d’euros de réserves de trésorerie, qui lui assure théoriquement au moins 18 à 24 mois d’activité.
Source : X (anciennement Twitter)
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