Les régulateurs bancaires du Comité de supervision bancaire de Bâle (BCBS) se retrouvent pris entre deux feux. D’un côté, les règles très dures qu’il a émises en 2022 sur les cryptoactifs. De l’autre, l’évolution de l’industrie depuis mais surtout, le boom des stablecoins et la pression des Etats-Unis entre autres.
La révolte anglo-saxonne contre les règles « brutales » de Bâle
En 2022, le Comité de Bâle a adopté un standard très strict vis à vis des cryptos. Il traite la plupart des actifs crypto comme les expositions les plus risquées du système bancaire. Les actifs classés en “Groupe 2b” se voient appliquer un poids de risque de 1 250 %, ce qui oblige les banques à immobiliser un montant de fonds propres démentiel.
Dans la pratique, cela revenait à dissuader toute activité significative dans ce secteur, en créant un énorme surcoût artificiel. Or, les Etats-Unis, suivis par le Royaume-Uni refusent désormais de transposer ces règles telles quelles. Selon le Financial Times, la Réserve fédérale américaine juge ces charges en capital totalement irréalistes.
🔥 LATEST: The Basel Committee is rethinking its strict crypto rules as regulated stablecoins surge and global banks push back. pic.twitter.com/h8ceWOLNdu
— Cointelegraph (@Cointelegraph) November 19, 2025
Les temps ont changé et ces règles constituent un frein obsolète à l’innovation crypto. La Banque d’Angleterre a envoyé un signal similaire, indiquant qu’elle ne mettrait plus en œuvre le cadre dans sa forme actuelle.
L’Union européenne, elle, n’a transposé le standard de 2022 qu’en partie, via le paquet bancaire CRR III, en excluant certains éléments liés aux blockchains publiques décentralisées. Face à cette fronde, Erik Thedéen, gouverneur de la banque centrale de Suède et président du Comité de Bâle, reconnaît qu’une « autre approche » doit être examinée.
Le BCBS ouvre la porte à un allègement des règles
Thedéen admet que le Comité de Bâle a émis ces règles très sévères à un moment où le marché crypto semblait surtout spéculatif. La montée en puissance d’acteurs plus régulés change la donne. Le risque, pour Bâle, est de voir son consensus historique et sa crédibilité se fissurer si trop de grandes juridictions s’en écartent.
C’est justement l’essor des stablecoins régulés qui impose ce réexamen. Thedéen souligne que la croissance de ces jetons indexés sur le dollar est « spectaculaire ». Leurs encours ont atteint récemment les 300 milliards de dollars, avec des projections vers les 2 000 milliards d’ici 2028.
With 135 billion of U.S Treasuries, Tether is now the 17th largest holder of U.S debt, passing also South Korea.
Soon Brazil! pic.twitter.com/wUDyvGcSHE— Paolo Ardoino 🤖 (@paoloardoino) October 29, 2025
Dans ce contexte, appliquer le même traitement qu’aux jetons spéculatifs paraît de plus en plus difficile à défendre pour les banques et les législateurs. D’autant que les stablecoins peuvent potentiellement soutenir les dettes publiques.
Loin des rigidités du Comité de Bâle, Maxi Doge ne se contente pas d’être un memecoin de plus. Sa stratégie est simple : pousser de la fonte et incarner une version sous stéroïdes de l’illustre Dogecoin.
Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.
GENIUS Act, stablecoins et bataille pour l’innovation
Aux États-Unis, le tournant s’est cristallisé avec le vote du GENIUS Act en juillet 2025, signé par Donald Trump. Ce texte établit le premier cadre fédéral dédié aux stablecoins de paiement. Il impose une détention à 100 % de réserves liquides, des audits réguliers et un agrément spécifique pour les émetteurs.
Ce cadre légal clarifie aussi que ces stablecoins ne sont ni des titres financiers ni des dépôts bancaires. Autrement dit, Washington a choisi d’intégrer les stablecoins au cœur des paiements, plutôt que de les maintenir plus longtemps dans une véritable zone grise.
Pour les banques, l’enjeu devient stratégique. Si les établissements américains et britanniques bénéficient demain d’exigences de capital assouplies, ils auront un avantage compétitif. Ils pourront ainsi émettre leurs propres stablecoins, gérer des dépôts tokenisés ou offrir de la conservation d’actifs numériques.
À l’inverse, des règles plus strictes en Europe pourraient freiner ses banques, alors même que la Banque centrale européenne alerte sur le risque de chocs liés aux stablecoins. La BCE craint entre autres une liquidation rapide des réserves en cas de crise.
En définitive le Comité de Bâle doit revoir sa copie et trouver un nouvel équilibre entre protection et innovation. Un enjeu délicat, sur un sujet explosif.
Les informations présentées dans cet article ne constituent en aucun cas un conseil en investissement. Elles sont fournies à des fins exclusivement informatives. Le marché des crypto-actifs demeure hautement volatil et comporte des risques significatifs de pertes. Il est recommandé aux lecteurs de n’investir que les montants qu’ils peuvent se permettre de perdre, et de procéder à leurs propres recherches avant toute prise de position sur les marchés.
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