Dans sa keynote, l’annonce fracassante d’Éric Larchevêque a secoué la communauté crypto française. Le cofondateur de Ledger a dévoilé son nouveau projet, The Bitcoin Society. Cette entreprise a pour but une gestion de trésorerie en Bitcoin mais pas que, selon l’entrepreneur. Aux côtés de Tony Parker, ancien basketteur de renom devenu investisseur, et Nathan Benchimol, The Bitcoin Society ambitionne de devenir la première société française cotée en bourse.
A ce jour, à un moment critique où l’adoption institutionnelle du Bitcoin s’accélère et où les entreprises considèrent de plus en plus la crypto comme un actif de trésorerie légitime, Éric Larchevêque tente une approche plus provocatrice, à savoir créer une société cotée en bourse sur Euronext Paris qui remet en question les fondements mêmes du fonctionnement des entreprises modernes.
L’impératif stratégique d’accumuler du bitcoin
The Bitcoin Society repose sur un principe simple qui est d’investir des capitaux pour accumuler systématiquement du Bitcoin, augmentant ainsi le Bitcoin par action (BPA) pour les investisseurs. Cette stratégie, initiée avec brio par l’éditeur de logiciels américain Strategy, a démontré une efficacité remarquable. Depuis le virage opéré par son PDG, Michael Saylor, en 2020, vers l’accumulation de Bitcoin, Strategy a amassé plus de 580 000 BTC, un trésor d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars, tout en attirant des capitaux institutionnels et en transformant son image d’entreprise.
J’ai révélé hier notre projet The Bitcoin Society lors d’une keynote retransmise en live sur YouTube. En voici l’essentiel :
TBSO est une société cotée sur Paris Euronext (mnémonique TAYN) avec une activité basée sur un triptyque :
1️⃣ Une activité de Bitcoin Treasury Company,… pic.twitter.com/fPgkD8wGu2
— Eric Larchevêque (@EricLarch) November 25, 2025
The Bitcoin Society entend évidemment reprendre ce modèle qui fonctionne bien outre-atlantique au contexte européen, tout en définissant des mécanismes opérationnels différents. Au lieu de dépendre exclusivement des investisseurs institutionnels, The Bitcoin Society financera ses achats de Bitcoin grâce à un écosystème de revenus diversifié. Cela inclut des adhésions à des clubs premium comme le SKL Club récemment lancé, proposer des abonnements annuels à 500 euros, des formations et également différentes levées de fonds prévues dès le début de l’année prochaine.
Comme l’a expliqué Larcheveque lors de sa présentation, cette approche s’inspire de la finance d’entreprise traditionnelle tout en en réorientant fondamentalement l’objectif :
Nos gouvernements empruntent pour financer le présent, la dette s’accroît, l’inflation érode l’avenir que nous avons sacrifié et les impôts sont de plus en plus nombreux et lourds pour ceux qui créent de la valeur. Le Bitcoin, en revanche, représente un étalon monétaire imperméable au contrôle politique et une capacité éprouvée à résister aux vents contraires.
En détenant le Bitcoin comme principal actif de trésorerie, The Bitcoin Society se positionne pour profiter de toute appréciation à long terme de la cryptomonnaie, un pari que de nombreux acteurs institutionnels sont de plus en plus disposés à faire. Cette légitimité institutionnelle crée un contexte favorable aux opérations du groupe, même si les crypto restent soumises à des contraintes réglementaires en France.
Repenser la raison d’être des entreprises
Les ambitions de The Bitcoin Society dépassent la gestion de trésorerie classique. En effet, le second pilier de son modèle est la société en réseau qui représente une dimension purement idéologique. Plutôt que de fonctionner comme une entreprise classique redevable à ses actionnaires, The Bitcoin Society se conçoit différemment, Eric Larchevêque déclare sur son compte X :
Notre trésor en bitcoins sera au service de notre Network Society qui sera au service de nos business units, eux même au service de notre stratégie Bitcoin. J’ai bien conscience que c’est un projet complexe à expliquer, résolument ancré sur le temps long, et dont la portée et l’impact devra être mesuré et jugé par son exécution.
En combinant la puissance financière en Bitcoin et l’influence collective de milliers de membres, The Bitcoin Society ambitionne de devenir une force suffisamment importante pour négocier directement avec l’État. Eric Larchevêque et son équipe décrivent ce projet comme une sorte de “syndicat capitaliste” à savoir un bloc économique organisé, suffisamment influent pour peser sur les débats politiques que ce soit la politique fiscale ou encore la liberté d’entreprendre.
Si The Bitcoin Society est mis en œuvre avec succès, le groupe pourrait inaugurer une nouvelle forme de structure d’entreprise, tirant parti de son groupe d’investisseurs pour financer un Dollar Cost Average (DCA) sur le Bitcoin tout en construisant un énorme réseau fondé sur des valeurs partagées de liberté financière.
Source : Keynote d’Eric Larchevêque sur Youtube
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