Les entreprises du fret aérien réunies au sein de la Global Blockchain Alliance estiment que le tracking et le partage de données des conteneurs sur la blockchain dégageraient des économies annuelles de 400 millions de dollars.
Le transport maritime dispose déjà d’une blockchain majeure au travers du consortium TradeLens. Dans le transport aérien aussi, les industriels étudient de très près le potentiel de cette technologie. Elle pourrait même leur permettre d’économiser 400 millions de dollars chaque année.
SITA, fournisseur technologique pour le secteur aérien, et l’association du commerce ULD Care espèrent ainsi améliorer l’efficacité opérationnelle du fret aérien grâce à la blockchain. Le registre distribué interviendrait pour le suivi et l’enregistrement numérique des données des conteneurs de l’expéditeur au destinataire.
Formalités administratives omniprésentes et inefficacité
Comme l’expliquent déjà les partisans de la blockchain dans le domaine du commerce international, ces opérations reposent encore aujourd’hui sur des systèmes papier. La digitalisation et le suivi en temps réel des conteneurs pourraient donc permettre un gain d’efficience. La blockchain interviendrait pour l’enregistrement et le partage sécurisé des données entre les multiples intervenants de la chaîne.
Un conteneur allant de Shanghai à Long Beach peut mettre jusqu’à 30 jours pour terminer son voyage, mais la durée réelle du voyage en mer ou sur route n’est que d’environ 15 jours, le temps restant étant consacré aux formalités administratives. L’utilisation de la blockchain pourrait révolutionner ce processus,” souligne ainsi le vice-président d’ULD Care, Bob Rogers.
Le dirigeant du secteur précise en outre que les gisements d’économies sont conséquents. Le fret aérien représente 1% de l’ensemble du commerce mondial en termes de volume. Toutefois, en valeur, son poids est de 35%. La modernisation au travers du numérique et de la blockchain doit ainsi remédier à une « inefficacité » qualifiée d’importante.
Suivre et partager les données de 800 millions de conteneurs
Les industriels du transport aérien comptent ainsi digitaliser l’ensemble du système de tracking des 800 millions de conteneurs en circulation aujourd’hui dans l’aérien. C’est l’objet d’une expérimentation ou PoC lancée récemment.
La plateforme sera en outre ouverte à des tiers non aériens, tels que les agents de traitement au sol, grâce à des API et une nouvelle interface. Suivi et partage des données doivent garantir à tout moment la localisation de tous les conteneurs.
Un bénéfice clé est d’ores et déjà mis en avant : « permettre aux entreprises de suivre avec précision les lieux où se produisent les pertes ou les dommages et de récupérer les coûts sans contestation. »
Les principaux obstacles à un voyage sans rupture et à un transport aérien réellement efficace sont les processus cloisonnés entre les nombreuses parties prenantes, notamment les compagnies aériennes, les aéroports, les prestataires de services au sol et les autorités de contrôle. Ils agissent comme des ralentisseurs importants à chaque étape du voyage,” note un cadre de SITA, qui espère ainsi y remédier grâce à la blockchain.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la Global Blockchain Alliance pilotée par SITA. Ce groupe d’industriels vise à explorer le potentiel de la blockchain dans le transport aérien. Dans un premier temps, les PoCs ont ainsi porté sur la logistique des pièces détachées et la maintenance des avions.
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