Une nouvelle tempête rode autour de la plus grande plateforme crypto. Binance est scruté de toutes parts depuis le pardon de son ancien CEO Changpeng Zhao (CZ). Mais cette fois ce sont des accusations de collusion avec la Maison Blanche qui sont en cause.
L’actuel patron de Binance et remplaçant de CZ, Richard Teng, dément formellement que la plateforme ait soutenu le stablecoin USD1, proposé par la famille de Donald Trump. Ces propos interviennent alors que les liens entre Binance et l’administration Trump interrogent.
Le déni de Binance face aux accusations
L’affaire commence alors qu’un investissement massif de 2 milliards de dollars dans Binance, a refait surface la semaine passée. Et ce qui chagrine est le timing, mais aussi la monnaie utilisée dans la transactions. En l’occurrence, l’opération a été réglée avec le stablecoin USD1.
L’USD1 est émis par World Liberty Financial, l’entité spécialisée dans le web 3 de la famille Trump. Aussi le timing interpelle, quelques jours seulement après la grâce présidentielle accordée à l’ancien CEO CZ, toujours proche de Binance. Les accusations de collusion entre la plateforme et la présidence des Etats-Unis n’ont pas tardé à fuser.
Cela a fait naître des soupçons de trucage et que des deals pourraient être obtenus à condition de retourner la faveur. Des histoires d’arrangement financiers ou d’influence qui peuvent à minima entacher une réputation.
🔥 JUST IN: Binance CEO Richard Teng denied claims the exchange influenced the use of Trump-backed stablecoin USD1 in a $2 billion Abu Dhabi deal. pic.twitter.com/XuEjR2dwAM
— Cointelegraph (@Cointelegraph) November 4, 2025
Pour calmer le jeu, Teng insiste sur le fait que l’accord d’investissement a été négocié par MGX seul, que Binance n’a pas dicté le mode de règlement ou imposé USD1. Il rappelle que USD1 avait déjà été listé sur d’autres plateformes avant toute implication supposée de Binance.
Droit dans ses bottes, Richard Teng affirme que Binance n’a joué aucun rôle dans le choix ou la promotion de l’USD1 pour ce deal. L’investissement de 2 milliards $ annoncé a été conclu entre le fonds d’Etat émirati MGX Fund Management et Binance. Teng précise : « Nous n’avons pas participé à cette décision ».
De plus, certains médias ont rapporté que Binance aurait contribué au développement de certains morceaux du code de USD1. Ces éléments restent non confirmés officiellement à l’heure actuelle. Aussi, la transaction en question avait été annoncée en mars 2025. Bien que suspect, le mauvais timing apparaît totalement fortuit.
La famille Trump profite des cryptos pour son gain personnel ?
Même si Binance se défend, l’affaire ne se limite pas à un simple différend commercial. Elle nous replonge au cœur des questions d’éthique, de gouvernance et de régulation des actifs numériques. Et le sujet résonne particulièrement alors que les juridictions du monde entier posent actuellement les limites des cryptos.
D’autant que Trump et sa famille se sont déjà retrouvés (ou plutôt mis eux-mêmes) dans des situations ambiguës concernant les cryptomonnaies. Leurs memecoins TRUMP et MELANIA ont en effet fait couler beaucoup d’encre début 2025.

La connexion entre USD1, la famille Trump et un investissement de taille dans un acteur majeur comme Binance pose des questions légitime sur les conflits d’intérêts. Aux États-Unis, plusieurs sénateurs s’en inquiètent.
La loi fédérale sur les stablecoins a été bloquée en partie parce que certains représentants démocrates craignaient que Trump en tire un avantage personnel via ses activités crypto.
Implications politiques et réglementaires
Le fait que les décisions d’investissement, de règlement ou de listing puissent être perçues comme liées à des personnalités politiques affaiblit la confiance dans le secteur. L’industrie crypto, censée promouvoir la transparence, est probablement tout aussi opaque que le secteur bancaire traditionnel. Les régulations en moins.
Binance de son côté, reste le leader mais traverse une période difficile. Le procès, la condamnation, l’amende de plus de 4 milliards infligée, la concurrence croissante de plateformes comme Hyperliquid… L’avance prise par la bourse crypto pendant les cycles précédents semble se réduire comme peau de chagrin.
De quoi pousser l’entreprise à accepter des dessous de tables ? Richard Teng le dément formellement en tout cas. L’entreprise se doit de prouver qu’elle agit dans les règles. Son patron a récemment souligné que la conformité et la réglementation étaient au cœur de la stratégie de l’échange.
En définitive, l’affaire illustre à quel point la crypto peut se trouver à l’intersection des marchés financiers, du pouvoir politique et de la justice. Les défis pour l’industrie ne sont pas seulement techniques.
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