Vitalik Buterin, le cofondateur d’Ethereum, a foulé les terres du Bhoutan. Mais il n’est pas venu pour inaugurer un partenariat commercial ou une fondation symbolique. Il est venu assister à un événement historique : la migration du système national d’identité du Bhoutan sur la blockchain Ethereum.
C’est tournant technologique majeur pour ce petit royaume perché dans l’Himalaya. Et c’est aussi un signal fort pour le monde entier : la décentralisation n’est plus un concept expérimental. Elle devient un pilier d’État.
Le Bhoutan est le premier pays à ancrer son identité nationale sur Ethereum
C’est chose faite, le Bhoutan devient un pionnier de la révolution Web3. Pour l’occasion, les responsables du pays se sont réunis pour célébrer cette avancée majeure. On y a aussi retrouvé des membres importants de la fondation Ethereum, avec Vitalik Buterin et Aya Miyaguchi qui s’y sont rendus.
1/ Today, Bhutan celebrates a historic milestone, becoming the first nation to anchor its national digital identity system on Ethereum. 🇧🇹@VitalikButerin and I were honored to join the launch ceremony on behalf of the Ethereum community, graced by His Royal Highness. pic.twitter.com/KA4tOYbsJ4
— Aya Miyaguchi (@AyaMiyagotchi) October 13, 2025
Dès l’année prochaine, les habitants auront d’une identité digitale qui sera supportée par Ethereum. Elle pourra garantir l’anonymat complet des citoyens, car celle-ci est basée sur les “zero-knowledge proofs”. Ces derniers permettent de vérifier une information sans la divulguer pour autant.
Les habitants du pays pourront prouver tout un tas d’informations à leur sujet, sans pour autant dévoiler leur identité complète. Il s’agit du premier cas mondial d’un État entier utilisant Ethereum comme infrastructure nationale. Autrement dit, l’Himalaya devient un laboratoire à ciel ouvert de la gouvernance numérique décentralisée.
Un royaume visionnaire sur la souveraineté numérique
Ce n’est pas la première initiative du Bhoutan dans le Web3. Depuis plusieurs années, le pays mène une stratégie étonnamment ambitieuse pour sa taille :
- Il mine du Bitcoin en secret depuis 2019 grâce à son énergie hydroélectrique verte.
- Il détient aujourd’hui plus de 11 000 BTC. Cela représente environ 1,3 milliard de dollars, ce qui le plaçe dans le top 5 mondial des États détenteurs de Bitcoin.
- Il a déjà expérimenté “Hyperledger Indy”, puis Polygon, avant de choisir Ethereum pour sa transparence et sa sécurité inégalées.
Mais cette fois, le Bhoutan va plus loin. Il fait de la blockchain un outil de souveraineté. Pour le Premier ministre, ce choix est à la fois philosophique et stratégique. Il souhaite que le peuple puisse contrôler ses données, autant qu’il contrôle sa terre. Et Ethereum offre cette indépendance.
Vitalik Buterin, lui, a salué la démarche comme un exemple de gouvernance numérique éthique, où la technologie n’écrase pas l’humain, mais le renforce. En s’appuyant sur Ethereum, le Bhoutan fait le pari de la durabilité institutionnelle : un registre incorruptible, transparent, et universellement interopérable.
Pendant que d’autres pays hésitent encore sur la régulation crypto, le Bhoutan agit. Ce petit royaume montre que la blockchain n’est pas qu’un espace de spéculation. Elle peut aussi être la colonne vertébrale d’une société moderne.
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