Nous avons pu observer, lors des dernières 24 heures, une hausse fulgurante du jeton Zcash (ZEC) de plus de 15 %, passant de 340 $ ce vendredi matin à 450 $ à l’heure où nous écrivons ces lignes. Ce jeton de confidentialité (ou “privacy token”) n’est pas nouveau, mais son engouement, lui, l’est. Le narratif de la confidentialité, complétement oublié ces dernières années, serait-il en train de revenir sur le devant de la scène ? Nous allons essayer de comprendre les causes de ce soudain changement de paradigme.
Un retour en force des cryptomonnaies liées à la confidentialité

Comme le montre l’illustration ci-dessus, venant du site CoinMarketCap, les trois plus gros tokens de la catégorie “Privacy” (ou confidentialité) ont vu leur cours exploser lors des dernières semaines et des derniers jours. Zcash (ZEC), dont la courbe de prix a longtemps été plate, voit son cours monter en flèche depuis le mois de septembre, prenant même la place du célèbre Monero (XMR), un autre jeton de confidentialité.
En effet, le ZEC affiche une hausse de presque 1000 % en 3 mois, tandis que DASH voit son cours augmenter de 71 % en seulement un mois, confirmant un réel retour des jetons de confidentialité dans le portefeuille des investisseurs.
Lancée en 2016, ZEC est une des premières cryptomonnaies basée sur le narratif de la confidentialité. Elle permet d’effectuer des transactions privées grâce à une technologie spécifique : les zk-snarks, ou preuve à divulgation nulle de connaissance. Cela permet de masquer, ou non, les détails de la transaction, selon ce que décideront les utilisateurs. Zcash est basée sur le code source de Bitcoin, mais son protocole de sécurité ainsi que son algorithme de hachage sont différents.
Zcash connait donc un succès récent, car la confidentialité devient une réelle problématique. Cette hausse impressionnante est loin d’être anecdotique et elle est la conséquence d’une recrudescence de la surveillance numérique, dont les répercussions commencent à inquiéter de nombreux utilisateurs de la blockchain.
Une surveillance numérique accrue
La montée en puissance de l’intelligence artificielle soulève de nombreuses questions. Les entreprises pionnières dans ce domaine (notamment Meta, qui regroupe dorénavant Facebook et Instagram) entrainent leurs modèles grâce aux données publiques des utilisateurs, en se servant notamment des posts, des commentaires et des interactions publiques de ces derniers en Europe depuis 2025.
Le chiffrement des messages privés est également remis en cause en Europe : le projet de règlement européen “Chat Control” est encore en discussion. Pour rappel, ce dernier permettrait la détection de contenu illégal dans les appareils des particuliers, et ce, même sur des services chiffrés.
L’exploitation des données des particuliers par les entreprises, ainsi que la surveillance de leurs comportements en ligne par les gouvernements, amènent le narratif de la confidentialité comme un sujet de premier plan, qu’il n’est dorénavant plus possible d’ignorer.
La confidentialité était au cœur de l’idéologie cypherpunk. Les cypherpunks (“cipher” pour chiffrement) représentent un groupe informel de personnes actives dans le domaine de la cryptographie. La confidentialité, permise par la cryptographie, est donc une des idées fondatrices derrière le concept des cryptomonnaies. L’idéal de la cryptomonnaie étant représenté par une monnaie décentralisée et résistante à la censure.
De nos jours, l’utilisation des cryptomonnaies est bien loin de cette philosophie. Les échanges centralisés demandent de nombreuses vérifications KYC, et vont totalement à l’encontre de la confidentialité des identités et des transferts de valeurs. Nous sommes donc bien loin de l’idéal cypherpunk, mêlant décentralisation et lutte contre la censure.
Ce changement de paradigme, précipité par une surveillance accrue des identités, des comportements et des transactions, rend les utilisateurs de cryptomonnaies de plus en plus sensibles à la question de la confidentialité. Cela explique la hausse globale des jetons œuvrant dans ce narratif.
Pour aller plus loin :
- Masterclass #32 : la confidentialité et la fongibiltié de Monero et Bitcoin
- Les devs ont choisi : Ethereum et Base écrasent la concurrence
- Des malwares “impossibles à effacer” circulent sur la blockchain, selon Google
