Chaque cycle haussier finit par poser la même question : quand Bitcoin aura-t-il assez pompé pour laisser la liquidité déborder vers les altcoins ? En 2025-2026, cette rotation tant attendue ne s’est pas produite selon le calendrier espéré – et les données on-chain commencent à expliquer pourquoi le mécanisme classique de l’altseason est grippé.
Alors que Bitcoin affiche une progression de plus de 6 % au deuxième trimestre 2026 – portant sa dominance à 60 % du marché avec un gain additionnel de 1,85 point de pourcentage sur la même période, selon les données de BlockchainCenter – la quasi-totalité des grandes capitalisations alternatives restent dans le rouge pour ce même trimestre, révélant une fracture structurelle entre la performance du roi des cryptomonnaies et l’ensemble de l’écosystème qui gravite autour de lui – une fracture d’autant plus troublante que le ratio OTHERS/BTC a, lui, progressé de 6 % en Q2 et clôturé le mois de mai sur un gain spectaculaire de 14,5 %, suggérant en apparence que la rotation de capital avait bel et bien commencé, avant que l’Altcoin Season Index de BlockchainCenter ne vienne contredire cette lecture optimiste en terminant le mois de mai en recul de plus de 10 % – signalant que les flux entrants restent concentrés dans une poignée d’outperformers comme Hyperliquid plutôt que de s’étendre à l’ensemble du marché – pendant ce temps, Ethereum, dont la performance conditionnelle reste le baromètre le plus fiable de toute rotation sectorielle vers les altcoins, s’échange toujours près de 60 % en dessous de son précédent sommet de cycle, tandis que la TVL de son écosystème DeFi a reflué vers 40 milliards de dollars selon DeFiLlama, un niveau qui n’avait pas été observé depuis le premier trimestre 2024, et que l’offre de stablecoins sur le réseau reste quelque 6 milliards de dollars sous son pic de 166 milliards – autant de signaux qui convergent vers une seule et même conclusion : les conditions structurelles d’une vraie altseason sont absentes, non pas parce que le marché manque de narratifs, mais parce que les tuyaux de la liquidité sont encore bouchés – s’agit-il d’un simple décalage temporel avant une rotation explosive qui redistribuerait enfin les gains accumulés par Bitcoin – ou assistons-nous à la confirmation que le modèle classique de l’altseason, tel qu’il a fonctionné en 2017 et 2021, est structurellement brisé pour ce cycle ?
Anatomie du signal – ce que la divergence entre le ratio OTHERS/BTC et l’Altcoin Season Index révèle sur les conditions manquantes pour une altseason – entre mécanique de dominance, fragilité de l’écosystème Ethereum, et concentration des flux dans un marché à deux vitesses
Premier vecteur – la dominance Bitcoin comme indicateur de verrouillage structurel :
La dominance de Bitcoin à 60 % n’est pas seulement un chiffre de répartition de la capitalisation – c’est un signal comportemental. Elle indique que chaque dollar qui entre dans le marché crypto continue à atterrir majoritairement sur BTC, soit parce que les investisseurs institutionnels restent dans une logique de réserve de valeur pure, soit parce que les investisseurs retail n’ont pas encore suffisamment confiance en l’écosystème altcoin pour y déployer du capital. Le seuil de 60 % est historiquement un plancher de résistance que la dominance doit franchir à la baisse pour déclencher une rotation sérieuse.
En 2021, la dominance de Bitcoin était passée sous les 45 % avant que l’altseason ne s’embrase véritablement. En 2017, la mécanique avait été similaire. Aujourd’hui, avec une dominance stabilisée à 60 % qui gagne encore 1,85 point en Q2, le marché ne montre aucun signe de ce basculement. Les analyses relayées par CryptoQuant fin 2025 signalaient déjà que l’altcoin moyen s’échangeait environ 27 % sous sa moyenne mobile à 200 jours – ce qui n’est pas une correction ponctuelle, mais une faiblesse structurelle qui reflète l’absence d’acheteurs convaincus au-delà de BTC.
Deuxième vecteur – le paradoxe du ratio OTHERS/BTC : signal de rotation ou mirage sélectif ?
La progression de 14,5 % du ratio OTHERS/BTC en mai est le chiffre qui a alimenté l’espoir d’une altseason imminente dans les forums et les analyses de marché. Mais ce ratio mesure la performance relative de l’ensemble des crypto-actifs hors Bitcoin par rapport à BTC – et cette agrégation masque ce qui se passe réellement sous la surface. Quand trois ou quatre tokens à forte capitalisation – Hyperliquid, quelques narratifs RWA, ou des projets bénéficiant d’une clarté réglementaire soudaine – explosent à la hausse, ils tirent mécaniquement le ratio vers le haut sans que la majorité des altcoins ne bouge.
C’est exactement la dynamique que décrit l’Altcoin Season Index en terminant mai à -10 % : le ratio global monte, mais la participation réelle est étroite. Le cadre analytique de BlockchainCenter est sans ambiguïté – une altseason ne peut être officiellement confirmée que lorsqu’au moins 75 % des 50 premiers altcoins surperforment Bitcoin sur une période de 90 jours. Nous en sommes très loin. Ce que nous observons, c’est davantage une rotation narrative qu’une rotation systémique – du capital qui cherche les thèmes porteurs plutôt que du capital qui se déverse sur l’ensemble de la classe d’actifs.
Troisième vecteur – Ethereum comme goulot d’étranglement de toute rotation sectorielle :
Ethereum joue un rôle structurel unique dans la mécanique de l’altseason : c’est lui qui fait le lien entre Bitcoin et l’écosystème DeFi, NFT, et les altcoins de layer-2. Historiquement, une altseason durable commence lorsqu’ETH commence à surperformer BTC de manière soutenue – car cela signale que le capital quitte le refuge Bitcoin pour entrer dans l’écosystème applicatif. Or, Ethereum s’échange toujours 60 % sous son précédent sommet de cycle. Ce n’est pas un léger retard de rattrapage – c’est une sous-performance profonde qui traduit un problème de proposition de valeur perçue.
Les données on-chain de DeFiLlama confirment cette lecture : avec une TVL DeFi revenue à 40 milliards de dollars – un niveau du T1 2024, avant le rally de l’année – et une offre de stablecoins encore 6 milliards sous son pic historique de 166 milliards, l’écosystème Ethereum ne montre pas les signes d’une réactivation de la demande. Les stablecoins sont particulièrement éloquents : ils représentent le capital « en attente de déploiement » sur la chaîne. Quand leur offre diminue ou stagne, cela signifie que les utilisateurs retirent leurs fonds plutôt qu’ils ne cherchent à les investir dans le DeFi. Comme nous l’analysisions concernant la sous-performance historique d’Ethereum face à Bitcoin depuis le Merge, les raisons structurelles de ce retard sont profondes et ne se corrigent pas en quelques semaines.
Quatrième vecteur – la structure de l’open interest et des funding rates comme thermomètre du sentiment spéculatif :
Au-delà des métriques on-chain de base, la structure des marchés dérivés sur les altcoins renseigne sur la qualité de la demande existante. Quand l’open interest monte avec des funding rates positifs élevés, cela indique que la demande haussière est principalement spéculative et à effet de levier – donc fragile. Quand l’open interest monte avec des funding rates neutres à légèrement positifs, accompagné d’une demande spot, c’est la configuration d’une rotation saine. Pour l’heure, les signaux observés sur les altcoins à haute capitalisation montrent une demande encore dominée par le levier court terme, sans base spot solide pour soutenir les mouvements.
Cette fragilité structurelle explique pourquoi les rallies alts durent peu et s’effondrent rapidement au premier signe de stress sur BTC. Comme nous l’analysisions concernant la chute de 30 % de l’open interest sur Solana et son impact sur l’ensemble des altcoins, la contraction du levier spéculatif est un signal précurseur de faiblesse qui précède généralement une phase de consolidation prolongée plutôt qu’une rotation haussière.
Cinquième vecteur – les conditions historiques de l’altseason qui restent absentes :
En recoupant les données des cycles 2017 et 2021, trois conditions étaient systématiquement réunies avant le déclenchement d’une vraie altseason : (1) la dominance Bitcoin en recul décisif sous un seuil clé – 50 % environ – après une période de consolidation de BTC, (2) une performance positive d’Ethereum face à BTC sur plusieurs semaines consécutives, signalant l’entrée du capital dans l’écosystème DeFi, et (3) une amélioration des conditions macro-financières globales – soit une détente des taux directeurs, soit une injection de liquidité par les banques centrales, réduisant le coût d’opportunité des actifs risqués. En 2026, aucune de ces trois conditions n’est pleinement remplie : Bitcoin conserve sa dominance à 60 %, ETH sous-performe BTC de manière prononcée, et le cycle d’assouplissement de la Réserve Fédérale reste plus lent qu’anticipé, limitant les flux vers les actifs à haute volatilité.
La clarté réglementaire attendue en juin pourrait jouer un rôle de déclencheur partiel, mais les analyses les plus rigoureuses rappellent que la réglementation enlève un frein, elle ne crée pas de demande. Sans une amélioration tangible des fondamentaux macro et des métriques Ethereum, le catalyseur réglementaire resterait un feu de paille spéculatif plutôt qu’un changement de régime durable.
Nous sommes sur le fil du rasoir : la variable décisive est la capacité d’Ethereum à reconquérir des flux de capital substantiels – TVL en hausse au-delà de 50 milliards de dollars et offre de stablecoins revenant vers son pic – car sans cette reconquête, la rotation restera périphérique, concentrée sur deux ou trois narratifs porteurs, loin d’une altseason digne de ce nom.
Signal sectoriel – quand le ratio OTHERS/BTC monte de 14,5 % en mai pendant que l’Altcoin Season Index perd 10 %, c’est l’ensemble de la logique de rotation des cycles crypto qui révèle ses limites structurelles et force à reconsidérer le modèle d’investissement altcoin
L’ironie est mordante : les deux indicateurs les plus surveillés pour anticiper une altseason donnent des signaux diamétralement opposés au même moment. Le ratio OTHERS/BTC, censé mesurer la rotation du capital vers les altcoins, affiche sa meilleure performance mensuelle de l’année en mai avec +14,5 % – et dans le même temps, l’Altcoin Season Index, censé mesurer la réalité de cette rotation, perd 10 % pour finir le mois bien en deçà du seuil critique de 75 qui définirait une vraie altseason. Ce n’est pas un bug – c’est une révélation sur la nature profonde de ce marché à deux vitesses.
Ce que cette divergence expose, c’est que la notion même d’« altcoin market » comme catégorie homogène est en train de se désintégrer. Il n’y a pas un marché altcoin qui monte ou qui baisse – il y a des clusters de tokens qui capturent des narratifs spécifiques (liquidité perpétuelle avec Hyperliquid, actifs du monde réel, tokens d’infrastructure IA) et une masse d’altcoins de moyenne et petite capitalisation qui continuent leur lente décorrélation vers le bas. Les flux de capital, comme nous l’analysisions concernant la rotation des capitaux entre les ETF Bitcoin et les altcoins, suivent des logiques de plus en plus sélectives – les investisseurs ne se disent plus « j’achète des altcoins », mais « j’achète ce protocole spécifique avec ce catalyseur précis ».
Pour l’ensemble de l’écosystème, les implications sont sérieuses. Un marché altcoin fragmenté, où seuls quelques outperformers capturent les flux, est un marché difficile à analyser avec les outils de cycle classiques. Les traders qui attendent une altseason globale pour déployer leurs positions en altcoins mid-cap risquent d’attendre indéfiniment pendant que le capital se concentre sur trois ou quatre tokens déjà en trend. Et pour l’écosystème Ethereum en particulier, la faiblesse persistante de la TVL et des stablecoins signale un risque d’irrélevance progressive si les projets et les utilisateurs continuent à migrer vers des environnements d’exécution alternatifs.
Nous sommes sur le fil du rasoir : la variable décisive sectorielle est la capacité de l’Altcoin Season Index à franchir et maintenir le seuil de 75 – car sous ce niveau, toute hausse alts reste un phénomène de concentration narrative, non une rotation de cycle.
Rotation immédiate ou consolidation prolongée : les trois lectures qui s’affrontent sur la question centrale de savoir si les conditions d’une altseason peuvent se réunir dans les prochaines semaines ou si le marché est condamné à une fragmentation durable
Scénario 1 – La rotation s’enclenche d’ici 4 à 8 semaines (Probabilité estimée : 30 %)
Dans ce scénario, plusieurs catalyseurs convergent pour briser le statu quo : la clarté réglementaire attendue en juin libère un flux d’entrées institutionnelles vers les altcoins ETH-compatibles, la dominance Bitcoin commence à s’éroder vers 57-58 %, et la TVL Ethereum reprend une trajectoire haussière au-dessus de 45 milliards de dollars. L’Altcoin Season Index se redresse vers la zone 65-70, approchant mais pas encore franchissant le seuil d’altseason officielle. Ethereum récupère 20-25 % de sa performance relative contre BTC, attirant suffisamment de capital pour que la rotation commence à se diffuser au-delà des 3-4 outperformers actuels.
Dans ce scénario, les altcoins de large capitalisation avec des fondamentaux solides – L2 Ethereum, protocoles DeFi blue-chip – seraient les premiers bénéficiaires, avant une diffusion progressive vers les mid-caps. La condition d’activation principale reste cependant un signal macro positif : soit une décision de la Fed plus accommodante qu’attendu, soit une donnée d’inflation particulièrement favorable qui redonne de l’appétit pour le risque. Ce scénario, bien que plausible, sous-estime les frictions structurelles actuelles – d’où sa probabilité limitée à 30 %.
Scénario 2 – La dominance Bitcoin se maintient, les altcoins stagnent dans un régime de rotation sélective (Probabilité estimée : 45 %)
C’est le scénario le plus probable selon la configuration actuelle des indicateurs. La dominance Bitcoin reste dans la fourchette 58-62 %, les altcoins continuent leur fragmentation entre quelques narratifs gagnants et une masse de tokens en consolidation latérale ou en légère baisse. L’Altcoin Season Index oscille entre 40 et 65 – haussier par moments, mais jamais assez fort pour franchir le seuil d’altseason. La TVL Ethereum stagne dans la zone 38-45 milliards, sans amélioration décisive.
Pour les investisseurs, ce scénario est le plus frustrant car il ressemble à une altseason qui « arrive » sans jamais vraiment se matérialiser. Les traders actifs peuvent tirer profit des rotations narratives successives – IA, RWA, DePIN – mais les holders d’altcoins diversifiés voient leur portefeuille sous-performer Bitcoin de manière persistante. Ce scénario correspond à ce que l’analyste Benjamin Cowen décrit comme le « saignement lent et implacable » des altcoins face à BTC – non pas un effondrement brutal, mais une érosion continue de la valeur relative.
Scénario 3 – Une correction macro précipite un deleveraging généralisé avant toute rotation (Probabilité estimée : 25 %)
Dans ce scénario, un choc macro externe – données économiques US surprenant à la hausse, tensions géopolitiques, ou revirement de politique monétaire – provoque une correction de Bitcoin au-delà de 10-15 %, entraînant un deleveraging forcé sur les altcoins qui amplifie la baisse à 25-40 % sur les positions à effet de levier. L’Altcoin Season Index plonge sous 30, la TVL Ethereum recule vers 30 milliards, et les stablecoins sur le réseau continuent leur contraction. Le capital fuit vers BTC et les actifs traditionnels refuge.
Ce scénario, bien que minoritaire en probabilité, est celui qui causerait le plus de dommages aux portefeuilles altcoin non couverts. Il réinitialiserait les compteurs – en créant paradoxalement les conditions d’une vraie altseason post-correction si Bitcoin tient et rebondit depuis un niveau de support solide. L’histoire des cycles 2018 et 2022 rappelle que les altseasons les plus explosives ont souvent suivi les corrections les plus douloureuses.
Nous sommes sur le fil du rasoir : la variable décisive à court terme est le comportement de la dominance Bitcoin aux alentours du niveau 60 % – toute cassure décisive à la baisse vers 57 % activerait le Scénario 1 ; un maintien avec momentum haussier vers 62 % confirmerait le Scénario 2 ; et un choc externe non anticipé forcerait la transition vers le Scénario 3.
Ce que la divergence persistante entre Bitcoin et les altcoins change concrètement pour les hodlers long terme, les traders actifs, les investisseurs en allocation sectorielle et les participants institutionnels
- Hodlers long terme – La principale implication est de résister à la tentation de diversifier prématurément vers des altcoins mid-cap en anticipation d’une altseason qui pourrait ne pas se matérialiser selon le calendrier espéré. Une exposition concentrée sur Bitcoin et, dans une moindre mesure, Ethereum reste la stratégie la plus défensive dans un environnement de dominance BTC à 60 %. Pour ceux qui détiennent déjà des altcoins, la patience est cruciale – mais elle doit s’accompagner d’une réévaluation des convictions fondamentales sur chaque projet, car certains tokens actuellement en rouge ne récupéreront pas lors de la prochaine rotation.
- Traders actifs – La configuration actuelle est un marché de rotation narrative, pas de marché directionnel altcoin. La stratégie optimale consiste à identifier les narratifs porteurs du moment – clarté réglementaire, RWA, protocoles de liquidité – et à y surfer avec des positions bien dimensionnées et des stops serrés, sans s’exposer massivement à un rebond altcoin global qui n’est pas encore confirmé par les données. Le ratio OTHERS/BTC et l’Altcoin Season Index doivent être suivis conjointement – la divergence actuelle entre les deux est en elle-même un signal d’instabilité qu’un trader expérimenté exploite plutôt qu’il ne l’ignore.
- Investisseurs en allocation sectorielle – La fragmentation du marché altcoin impose une révision de la logique de diversification sectorielle. Exposer un pourcentage fixe de son portefeuille à la « catégorie altcoins » sans distinction revient à acheter du bruit. Une approche plus rigoureuse consiste à identifier 3-5 thèmes avec des catalyseurs clairs – infrastructure blockchain L2, DeFi institutionnel, protocoles RWA – et à construire des expositions concentrées et documentées plutôt qu’une diversification passive qui sous-performe Bitcoin de manière chronique.
- Participants institutionnels – Pour les acteurs gérant des capitaux importants, la conclusion des données actuelles est que le marché altcoin ne présente pas encore le profil de liquidité et de profondeur nécessaire à des déploiements de grande taille en dehors de Bitcoin et peut-être Ethereum. L’attente d’un signal ETH/BTC positif soutenu sur plusieurs semaines, combinée à une normalisation de la TVL DeFi au-dessus de 50 milliards, reste le filtre d’entrée le plus rationnel avant d’envisager une allocation altcoin significative.
La prudence reste de mise : aucun des signaux actuels ne confirme que l’altseason est imminente, et toute exposition altcoin aggressive dans ce contexte doit être considérée comme spéculative plutôt que positionnelle.
Les signaux clés à surveiller pour évaluer si une altseason peut se déclencher dans les prochaines semaines ou si le marché prolonge son régime de fragmentation – les sept indicateurs déterminants
- Dominance Bitcoin – (Source : BlockchainCenter / TradingView) – Signal haussier pour les altcoins si la dominance BTC casse décisivement le niveau 58 % à la baisse et confirme avec au moins deux clôtures hebdomadaires sous ce seuil ; signal baissier pour les altcoins si la dominance reprend sa trajectoire haussière vers 62-65 %, confirmant que le capital institutionnel et retail continue à préférer BTC.
- Altcoin Season Index – (Source : BlockchainCenter) – Signal haussier si l’index repasse et tient au-dessus du niveau 65, avec une trajectoire vers le seuil officiel de 75 qui définit une altseason ; signal baissier si l’index reste sous 50 ou continue de décliner, confirmant que la participation reste trop étroite pour qualifier le mouvement de rotation systémique.
- Ratio OTHERS/BTC – (Source : TradingView) – Signal haussier si le ratio maintient sa progression avec un élargissement du nombre d’altcoins participants (confirmé par l’Altcoin Season Index) ; signal baissier si le ratio monte sans que l’Altcoin Season Index suive – ce qui signale une concentration croissante plutôt qu’une rotation saine.
- TVL Ethereum DeFi – (Source : DeFiLlama) – Signal haussier si la TVL Ethereum dépasse le niveau 48-50 milliards de dollars en tendance soutenue sur plusieurs semaines, signalant un retour d’appétit pour le déploiement de capital dans l’écosystème DeFi ; signal baissier si la TVL continue de stagner sous 40 milliards ou decline, confirmant la désaffection des utilisateurs et du capital pour l’écosystème Ethereum.
- Offre de stablecoins sur Ethereum – (Source : DeFiLlama) – Signal haussier si l’offre totale de stablecoins sur Ethereum reprend une trajectoire haussière pour se rapprocher de son pic de 166 milliards, indiquant que le capital revient sur la chaîne en attente de déploiement DeFi ; signal baissier si l’offre continue de stagner ou décroît, confirmant que le capital préfère rester en dehors de l’écosystème Ethereum.
- Ratio ETH/BTC – (Source : TradingView / CryptoQuant) – Signal haussier si le ratio ETH/BTC amorce une reprise soutenue au-dessus d’un niveau de résistance technique clé, confirmant que le capital commence à quitter Bitcoin pour entrer dans Ethereum et son écosystème ; signal baissier si le ratio continue de se dégrader ou stagne à des niveaux historiquement bas, confirmant qu’ETH reste structurellement moins attractif que BTC aux yeux du marché.
- Open Interest et Funding Rates sur les altcoins majeurs – (Source : CoinGlass) – Signal haussier si l’open interest augmente avec des funding rates modérément positifs et une croissance parallèle du volume spot, indiquant une demande saine mêlant positions directionnelles et achats spot ; signal baissier si l’open interest monte uniquement avec des funding rates très élevés sans base spot, signalant une accumulation de levier spéculatif fragile susceptible de se retourner brutalement au premier stress marché.
Perspectives – les scénarios pour les six à dix-huit prochains mois entre matérialisation d’une vraie altseason et consolidation durable de la domination Bitcoin dans un marché cryptographique structurellement reconfiguré
Scénario A – L’altseason se matérialise d’ici la fin 2026 (Probabilité estimée : 30 %)
Dans ce scénario optimiste, la convergence de plusieurs facteurs favorables reconstruit progressivement les conditions d’une vraie rotation de cycle. La clarté réglementaire attendue en 2026 – notamment aux États-Unis – ouvre la voie à des produits financiers exposés aux altcoins (ETF Ethereum, produits structurés multi-actifs crypto) qui canalisent des flux institutionnels significatifs vers l’écosystème non-Bitcoin. La Réserve Fédérale amorce un cycle d’assouplissement plus décisif qu’anticipé d’ici la fin 2025, améliorant les conditions macro pour les actifs à haute volatilité.
Dans ce contexte, Ethereum récupère du terrain face à Bitcoin – son ratio ETH/BTC reprend une tendance haussière, la TVL DeFi franchit à nouveau les 60 milliards de dollars, et l’offre de stablecoins se rapproche de son pic. La dominance Bitcoin glisse progressivement sous 55 %, libérant de la liquidité vers les altcoins de large capitalisation en premier, puis vers les mid-caps avec des narratifs solides. L’Altcoin Season Index franchit et maintient le niveau 75 pendant au moins deux à trois semaines consécutives – confirmant une altseason officielle.
Pour les investisseurs qui se positionnent tôt dans ce scénario, les gains potentiels sont substantiels – les altcoins de large capitalisation sous-évalués par rapport à leur précédent sommet de cycle, dont Ethereum lui-même à -60 % de son ATH, offrent théoriquement un potentiel de rattrapage important. Mais ce scénario requiert une patience certaine et une tolérance à la volatilité élevée pendant la phase de transition.
Scénario B – La dominance Bitcoin reste élevée, l’altseason ne se généralise jamais – des bursts narratifs successifs sans rotation de cycle (Probabilité estimée : 45 %)
C’est le scénario le plus probable selon la lecture des données actuelles, et c’est aussi le plus difficile à naviguer pour les investisseurs retail habitués au modèle de cycle classique. Dans ce scénario, Bitcoin continue d’absorber la majorité des flux entrants sur 6 à 18 mois, soit parce que la narratif du store of value institutionnel reste dominant, soit parce que les altcoins ne parviennent pas à démontrer des cas d’usage suffisamment convaincants pour attirer des capitaux patients.
Les altcoins connaissent des épisodes de hausse explosive – 30 à 70 % en quelques semaines sur des thèmes porteurs – mais ces mouvements ne se généralisent pas et ne durent pas. Le capital qui entre sur un thème sort rapidement pour chercher le prochain narratif, créant une rotation perpétuelle sans tendance haussière durable. La TVL Ethereum oscille sans direction entre 38 et 52 milliards. L’Altcoin Season Index ne dépasse jamais 70 de manière soutenue. Ce régime de marché favorise les traders actifs et spécialisés au détriment des hodlers diversifiés.
Ce scénario constitue une remise en cause profonde du modèle d’investissement qui consiste à accumuler des altcoins diversifiés en attendant que la rotation de cycle redistribue les gains de Bitcoin. Si Benjamin Cowen a raison de décrire un « saignement lent » plutôt qu’une rotation explosive, les investisseurs qui maintiennent cette stratégie risquent de continuer à sous-performer Bitcoin de manière significative sur l’ensemble du cycle.
Scénario C – Une dégradation macro provoque un reset avant toute rotation (Probabilité estimée : 25 %)
Dans ce scénario pessimiste à court terme, un ou plusieurs chocs exogènes – résurgence de l’inflation américaine, escalade géopolitique, stress sur les marchés du crédit – provoquent une correction macro générale qui n’épargne pas les cryptomonnaies. Bitcoin recule de 20 à 30 % depuis ses niveaux actuels, et les altcoins, conformément à leur comportement historique en période de stress, amplifient la correction avec des baisses de 40 à 60 % sur les positions non couvertes.
Ce scénario est douloureux à court terme, mais il crée paradoxalement les conditions les plus favorables à une vraie altseason ultérieure. Un reset sévère liquide les positions à effet de levier, purge le marché des projets zombies, et recrée des valorisations d’entrée attractives pour les investisseurs à long terme. Si Bitcoin rebondit depuis des niveaux de support structurels solides et entame un nouveau cycle haussier, la rotation vers les altcoins qui suit tend à être d’autant plus explosive que la correction qui la précède a été profonde – comme en 2018-2019 et en 2022-2023.
La question ouverte dans ce scénario est la suivante : l’écosystème Ethereum et les protocoles DeFi auront-ils suffisamment évolué d’ici là pour capturer les flux lors du rebond, ou l’émergence de concurrents L1 et L2 aura-t-elle encore davantage fragmenté la liquidité ? La réponse à cette question déterminera si la prochaine altseason, quand elle arrivera, sera à nouveau centrée sur ETH ou distribuée différemment à travers l’écosystème.
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Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les crypto-actifs sont des instruments hautement volatils et spéculatifs. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un conseiller financier avant toute décision d’investissement. Investissez uniquement ce que vous êtes prêt à perdre intégralement.