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« C’est un rug pull » : Adam Back met en garde contre le BIP-110

Stéphane Daniel
Faits Vérifiés
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La promesse fondamentale de la décentralisation repose sur un paradoxe aussi puissant qu’effrayant : pour qu’un réseau reste incensurable, il doit tolérer l’inutile, le frivole et parfois même le nuisible. Depuis l’émergence des inscriptions Ordinals et du protocole Runes, la communauté Bitcoin est traversée par une fracture idéologique majeure concernant la définition même de l’utilisation légitime de la blockchain. Ce qui était autrefois une divergence d’opinion technique sur la gestion de l’espace de bloc s’est mué en un conflit de gouvernance ouvert, réveillant les fantômes de la « guerre de la taille des blocs » de 2017. L’enjeu dépasse désormais la simple optimisation technique : il touche à l’immuabilité du contrat social qui lie les utilisateurs au protocole.

Dans ce climat de tension structurelle, une nouvelle proposition d’amélioration technique (BIP) a mis le feu aux poudres, cristallisant les craintes d’une scission du réseau. L’intervention ne vient pas d’un observateur lambda, mais de l’une des rares figures citées dans le livre blanc originel de Bitcoin, conférant à l’alerte une gravité particulière. Le débat ne porte plus seulement sur la congestion du réseau, mais sur la possibilité pour une faction de développeurs de modifier rétroactivement les règles du jeu consensus.

C’est dans ce contexte explosif qu’Adam Back, CEO de Blockstream et inventeur du système Hashcash (précurseur du Proof-of-Work), a lancé une mise en garde virulente contre le BIP-110. Sur la plateforme X, le cypherpunk n’a pas mâché ses mots, qualifiant cette proposition technique de menace existentielle pour la crédibilité de Bitcoin en tant que réserve de valeur. En reprenant l’expression « rug pull » (tirage de tapis), terme habituellement réservé aux escroqueries de la finance décentralisée ou aux pyramides de Ponzi comme l’affaire GainBitcoin qui a secoué l’Inde, Adam Back signale que le danger ne vient pas cette fois de l’extérieur, mais de l’intérieur même de l’écosystème de développement.

L’anatomie de l’alerte : ce que Back reproche au BIP-110

Pour comprendre la violence de la réaction d’Adam Back, il faut plonger dans les mécanismes du BIP-110. Proposée formellement en décembre 2025 par le développeur Dathon Ohm, cette mise à jour vise à nettoyer la blockchain des « données indésirables », ciblant spécifiquement les images et vidéos inscrites via les protocoles Ordinals et Runes. Techniquement, la proposition suggère un soft fork temporaire de 12 mois qui limiterait drastiquement la taille des données de transaction. L’objectif affiché est de protéger les opérateurs de nœuds contre l’inflation de la taille de la blockchain, un argument soutenu par des développeurs influents comme Luke Dashjr.

Cependant, Adam Back identifie dans cette mesure une rupture fondamentale du contrat de confiance. Selon lui, le mécanisme proposé permettrait de geler les fonds liés à des sorties de transaction (UTXO) existantes si elles ne respectent pas les nouvelles règles restrictives. C’est ici que réside l’accusation de « rug pull » : modifier le protocole pour rendre inaccessibles des fonds qui étaient valides lors de leur réception constitue, selon Back, une forme de confiscation technique. Il décrit cette approche comme une « tentative de lynchage » et une attaque directe contre la neutralité du réseau.

Plus inquiétant encore, Back souligne les risques systémiques liés à la méthode d’activation. Le BIP-110 suggère une activation avec le soutien de seulement 50 % de la puissance de hachage (hashrate), bien loin du seuil traditionnel de 95 % requis pour garantir un consensus large. Cette imprudence technique pourrait mener à une scission de la chaîne (chain split), créant deux versions concurrentes de Bitcoin et diluant la sécurité du réseau. Pour le CEO de Blockstream, traiter le spam — qu’il considère comme une simple nuisance et non une menace de sécurité — par des mesures aussi radicales revient à « sacrifier les utilisateurs ordinaires » pour punir quelques spammeurs.

Signal sectoriel : la fracture idéologique de la gouvernance

Cette passe d’armes révèle une fracture de gouvernance de plus en plus béante au sein de l’écosystème. D’un côté, les « puristes », souvent alignés avec le client Bitcoin Knots (dont l’utilisation a bondi fin 2025 pour atteindre près de 23 % des nœuds), considèrent que Bitcoin doit rester un réseau transactionnel financier strict, débarrassé des artefacts culturels ou ludiques qui alourdissent la chaîne. De l’autre, les « pragmatiques » et libertariens comme Adam Back défendent la neutralité absolue : tant qu’une transaction paie les frais requis, elle est valide, quel que soit son contenu. Cette position rejoint la doctrine selon laquelle la censure est un danger bien plus grand que le spam.

Comme nous l’observions dans nos analyses sur les mécanismes de défense communautaire, la vigilance est cruciale, un peu à la manière des initiatives comme l’application Telegram récompensant les lanceurs d’alerte. Ici, le lanceur d’alerte est un architecte du système, prévenant que la « police du spam » risque de devenir une police de la pensée économique. Le fait que des développeurs soient prêts à risquer une partition du réseau (fork) pour imposer leur vision de la « pureté » des données témoigne d’une radicalisation d’une partie de la base technique.

Actuellement, le BIP-110 ne recueille qu’un soutien marginal (environ 3 à 4,5 % des nœuds, principalement sous Bitcoin Knots) et aucun des grands pools miniers n’a signalé son intérêt. Adam Back qualifie d’ailleurs la proposition de « morte à l’arrivée » (dead on arrival). Cependant, la simple existence de cette proposition et le soutien qu’elle reçoit de figures techniques respectées montrent que le consensus sur l’évolution de Bitcoin est plus fragile qu’il n’y paraît.

Ce que cette alerte change concrètement pour les utilisateurs

Bien que le risque d’activation immédiate soit faible, la controverse autour du BIP-110 soulève des points d’attention critiques pour tout détenteur de Bitcoin. La technique peut sembler abstraite, mais ses répercussions sont financières.

  • Risque de gel des actifs (Censure) — Si une proposition comme le BIP-110 venait à passer, certains Bitcoins liés à des protocoles comme Ordinals pourraient devenir techniquement impossibles à dépenser sur la chaîne principale. Cela introduirait une notion de « Bitcoins propres » et « Bitcoins sales » au niveau du protocole, brisant la fongibilité de la monnaie.
  • Menace de Fork (Scission du réseau) — Une tentative d’activation avec seulement 50 % de consensus minerait la certitude du règlement des transactions. En cas de scission, les utilisateurs se retrouveraient avec des jetons sur deux chaînes distinctes, créant confusion, risque de replay attacks et volatilité extrême sur les marchés.
  • Vigilance accrue sur les mises à jour de nœuds — Les utilisateurs avançés gérant leurs propres nœuds doivent désormais scruter attentivement les versions logicielles qu’ils installent. Comme le montre la montée du client Bitcoin Knots, le choix du logiciel n’est plus neutre mais devient un vote politique. Cette complexité rappelle l’importance de la sécurité informatique élémentaire, un domaine où la négligence se paie cher, comme l’illustrent régulièrement les campagnes de phishing ciblant les identifiants crypto.

La prudence reste de mise : tant que les grands pools miniers (Antpool, Foundry, etc.) ne signalent pas leur soutien, vos Bitcoins ne courent aucun risque immédiat. Cependant, ce débat affaiblit temporairement la narration de Bitcoin comme « or numérique » immuable au yeux des investisseurs institutionnels.

Maxi Doge : l’alternative rafraîchissante et décentralisée

Pendant que les développeurs de Bitcoin se déchirent sur des questions de pureté technique, des projets comme Maxi Doge apportent une nouvelle énergie. En misant sur la force de sa communauté, cette plateforme démontre qu’une approche ludique peut parfaitement coexister avec le sérieux de la finance décentralisée.

Maxi Doge se distingue par sa transparence et son refus des complications inutiles qui pèsent parfois sur les réseaux plus anciens. C’est un écosystème dynamique qui privilégie l’engagement des utilisateurs pour garantir une croissance saine et partagée entre tous les détenteurs.

Opter pour Maxi Doge, c’est choisir un projet qui valorise la simplicité sans sacrifier les principes de sécurité essentiels. Dans un marché souvent saturé de débats techniques complexes, cette initiative offre une clarté bienvenue aux investisseurs en quête de projets authentiques.

La réussite de Maxi Doge repose sur une vision long terme où la convivialité devient un moteur de l’adoption massive des cryptomonnaies. Sa structure agile lui permet d’éviter les conflits de gouvernance qui paralysent actuellement les géants historiques du secteur.

Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.


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Stéphane Daniel

Stéphane Daniel

Stéphane Daniel découvre l’univers des crypto-monnaies à travers Solana, alors que le projet en est encore à ses balbutiements. Issu d’un parcours littéraire, il s’initie d’abord à l’écosystème par curiosité intellectuelle, avant de s’immerger pleinement dans les rouages de la blockchain et des marchés numériques. Passionné par les innovations portées par les NFT, il se lance dans le trading de collections émergentes, tout en affinant ses compétences en analyse technique et fondamentale.
Au fil des années, Stéphane développe une expertise reconnue sur les nouvelles tendances Web3, les écosystèmes à haute performance comme Solana, et les dynamiques communautaires autour des tokens et des actifs numériques. En tant que journaliste, il combine rigueur analytique et pédagogie, avec une plume claire et engagée. Son objectif : rendre accessibles les enjeux complexes du secteur crypto au plus grand nombre, sans jamais céder au sensationnalisme.

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