La Biélorussie change de vitesse sur les paiements numériques. Alexandre Loukachenko veut des cryptomonnaies et du cash pour soutenir l’économie sous sanctions. Le message est clair : moderniser vite, et montrer des résultats concrets.
Sous sanctions, Minsk accélère les paiements numériques
Le président a réuni la banque centrale et les dirigeants des banques. Il leur a demandé d’élargir l’usage des cryptos et d’améliorer l’expérience client. Ainsi, il fustige les frais jugés excessifs. Il promet des sanctions disciplinaires dès 2026 contre les institutions qui persistent.
Loukachenko veut aussi un système de paiement instantané d’ici la fin de l’année. L’objectif est simple : des virements en temps réel pour fluidifier la trésorerie des entreprises. De plus, il réclame une montée en puissance des paiements par QR code. En revanche, il ne s’agit pas seulement d’outils : il pousse un plan de numérisation plus large, avec biométrie, société IT dédiée et solutions IA.

Déclaration du Président Loukachenko – Source : Youtube
Le chef de l’État martèle un autre point : la réglementation. Selon lui, le marché crypto a pris de l’ampleur et requiert un cadre clair. Il demande aux régulateurs d’avancer, car la visibilité juridique attire les investisseurs. C’est pourquoi il voit dans la clarté des règles un levier pour soutenir l’activité, malgré le contexte.
Enfin, Loukachenko défend une stratégie de dédollarisation et affirme que les réserves s’appuient sur la hausse de l’or. Par conséquent, Minsk veut diversifier ses canaux de paiement. Les cryptos servent ici d’alternative opérationnelle, notamment pour le commerce extérieur. Toutefois, le président exige une supervision renforcée pour limiter les dérives.
Des chiffres en hausse et un cadre à clarifier
Les paiements internationaux via des exchanges biélorusses ont atteint 1,7 milliard de dollars entre janvier et juillet 2025. En effet, les volumes progressent vite. Loukachenko évoque même 3 milliards de dollars potentiels sur l’année si la tendance se prolonge. Ce cap donnerait de l’oxygène aux exportateurs, tout en contournant des voies bancaires sous pression.
Le marché domestique s’élargit aussi. D’ici 2026, le pays pourrait compter plus de 855 000 utilisateurs crypto, soit 9,57% de pénétration. De ce fait, la demande en solutions de paiement et de garde augmentera. Les banques doivent donc adapter leurs offres : intégration wallet, conformité KYC/AML, et passerelles fiat-crypto plus souples. Ainsi, l’écosystème prend forme.
Le cadre légal a connu des zigzags, mais la direction s’éclaircit. Le pays a légalisé les opérations crypto en 2018. En 2022, Minsk a réservé l’achat et la vente aux plateformes locales, tout en discutant d’une restriction du P2P. Toutefois, l’exécutif pousse désormais à “clarifier les règles” pour sécuriser les acteurs et attirer des flux. En conséquence, un corpus plus précis sur l’émission, la conservation et la fiscalité paraît incontournable.
Loukachenko insiste aussi sur la modernisation des rails de paiement. Il demande un déploiement rapide des paiements en QR code dans la distribution et les services. De plus, il veut un système instantané interbancaire pour réduire les délais et les coûts. Ce maillage numérique peut coexister avec le cash, que l’exécutif considère comme un filet de sécurité. Aussi, la combinaison des deux doit renforcer la résilience du pays.
Reste la question sensible des sanctions. Les cryptomonnaies peuvent faciliter des échanges transfrontaliers, mais elles attirent la surveillance. Le président en a conscience et réclame une réglementation plus stricte. L’idée n’est pas de s’affranchir des règles, mais d’outiller l’économie pour rester connectée. Par conséquent, les banques devront concilier innovation et conformité, sous l’œil vigilant du régulateur.
Source : Youtube
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