Les détenteurs de Bitcoin (BTC) et d’Ether (ETH) espéraient encore rester sous le radar. Cette époque touche à sa fin. Entre nouvelles règles européennes et explosion des demandes adressées à Coinbase, l’anonymat fiscal autour des cryptos se réduit à vue d’œil.
Ainsi, les États n’attendent plus que les contribuables se dénoncent eux-mêmes. Ils vont chercher directement l’information à la source, auprès des plateformes.
DAC8 : ce que le fisc saura sur vos comptes dès 2026
À partir du 1er janvier 2026, la directive européenne “DAC8” impose un changement radical. Les plateformes d’échange centralisées, les néobanques crypto et d’autres intermédiaires devront transmettre automatiquement les données de leurs clients aux administrations nationales. Concrètement, chaque achat, vente ou arbitrage sera consigné et partagé avec le fisc.
L’objectif est simple : réduire les « oublis » de déclaration de plus-values. Les procédures KYC étaient déjà strictes. Cependant, l’envoi systématique des identités et de l’historique des transactions crée un niveau de traçabilité proche de celui des comptes bancaires classiques.
Cette bascule ne se limite pas aux opérations futures. Les données collectées en 2026 pourront servir à reconstituer l’activité passée sur les mêmes comptes. Par conséquent, les investisseurs qui n’ont jamais déclaré leurs gains s’exposent à des contrôles ciblés, parfois sur plusieurs années.
Sur le plan fiscal, le cadre reste connu. Les plus-values imposables sont soumises à la flat-tax de 30%. En cas de non-déclaration, des pénalités de 10% à 40% peuvent s’ajouter. Si l’administration estime qu’il y a fraude volontaire, la majoration peut grimper jusqu’à 80%, avec un vrai risque pénal dans les dossiers les plus lourds.
Le seuil d’exonération de 305 euros de gains annuels existe toujours. Toutefois, il rassure de moins en moins. En effet, tous les comptes doivent être déclarés, même sans opération dans l’année. Ainsi, l’idée d’une crypto « hors système » ne correspond plus à la réalité. Les cryptomonnaies entrent clairement dans l’écosystème fiscal traditionnel, avec un niveau de surveillance inédit pour beaucoup d’investisseurs particuliers.
Coinbase, France et Royaume-Uni : ce que demandent déjà les autorités
Pendant que l’Europe prépare DAC8, les États exploitent déjà au maximum les informations détenues par les plateformes. Le dernier rapport de transparence publié par Coinbase le montre très bien. Entre octobre 2024 et septembre 2025, l’exchange a reçu 12 716 demandes d’informations de la part d’autorités publiques dans le monde, soit une hausse d’environ 19% en un an.
La majorité de ces requêtes provient d’unités chargées d’enquêtes pénales. Elles visent surtout la cybercriminalité, les escroqueries et le blanchiment. De plus, plus de la moitié des demandes vient désormais de pays situés hors des États-Unis. Six pays concentrent à eux seuls près de 80% des requêtes : États-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne et Australie.

Demandes adressées à Coinbase par pays – Source : Coinbase Blog
La dynamique française est particulièrement frappante. En un an, les demandes portant sur les comptes et transactions de résidents français ont augmenté d’environ 111%. La France devient ainsi le troisième pays au monde le plus actif auprès de Coinbase, juste derrière les États-Unis et l’Allemagne. Par conséquent, l’utilisateur français qui pensait se cacher derrière un exchange étranger se trompe complètement.
Le Royaume-Uni suit une logique proche, mais avec un accent très fiscal. De nouvelles règles de reporting entrent en vigueur au 1er janvier pour les utilisateurs de cryptos. Les plateformes devront transmettre aux autorités britanniques l’ensemble des transactions, ainsi que les informations personnelles des clients. Selon les estimations officielles, ces mesures pourraient rapporter plus de 300 millions de dollars de recettes supplémentaires d’ici 2030.
Face à cette pression, Coinbase affirme examiner chaque demande au cas par cas. L’entreprise dit contester certaines requêtes quand elles paraissent trop larges ou mal fondées juridiquement. Toutefois, lorsque les demandes respectent le droit applicable, la plateforme doit coopérer. Elle fournit alors des éléments comme le nom de l’utilisateur, l’adresse IP récente, les détails de paiement et un extrait d’historique des opérations.
Coinbase insiste aussi sur un point : les gouvernements n’ont pas d’accès direct à ses bases de données. Cependant, pour l’utilisateur, la nuance reste limitée. Dès qu’une enquête est ouverte, ses données peuvent finir sur le bureau d’un inspecteur ou d’un enquêteur. C’est pourquoi la notion de confidentialité financière autour des cryptos devient de plus en plus théorique sur les plateformes centralisées.
Aussi, cette nouvelle réalité oblige les investisseurs à changer de réflexe. D’abord, se mettre en règle sur la fiscalité, avant que l’administration ne vienne poser des questions. Ensuite, choisir avec soin ses intermédiaires et ses outils, en comprenant que la conformité est désormais la norme. Le rêve cypherpunk d’une finance totalement opaque s’éloigne.
Source : Coinbase
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