La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a adressé le 17 juillet 2026 une lettre formelle au président Donald Trump, lui demandant de divulguer volontairement ses revenus liés aux cryptomonnaies pour la période du 1er janvier au 15 juillet 2026, alors que ses déclarations financières 2025 ont révélé 1,4 milliard de dollars de gains issus du secteur des actifs numériques.
Une demande de transparence en plein débat législatif
Warren a fixé au 23 juillet 2026 la date limite pour cette divulgation volontaire, soit plusieurs mois avant l’échéance légale de mai 2027. La sénatrice justifie l’urgence de sa demande par le calendrier parlementaire : le chef de la majorité sénatoriale, John Thune, a confirmé que le Sénat devrait voter sur le CLARITY Act – le projet de loi sur la structure du marché des actifs numériques – avant la pause d’août.
Dans sa lettre, Warren formule directement la tension politique au cœur du débat : « Your financial disclosure raises key questions about the appropriateness of Presidents, Vice Presidents, senior administration officials, members of Congress, and their families profiting off the crypto industry, just as the US Senate debates crypto market structure legislation that has the potential to increase the value of your crypto holdings, » said Warren. »
La sénatrice va plus loin en affirmant que le CLARITY Act, sans garde-fous suffisants, « [W]ithout adequate guardrails, [CLARITY] would turbocharge the President’s significant conflicts of interest and almost certainly boost the value of his and his family’s crypto holdings. » Ces prises de position s’inscrivent dans un contexte plus large où les tensions politiques au Sénat autour de la régulation crypto fragilisent déjà la trajectoire du texte.
1,4 milliard $ de revenus crypto : la déclaration 2025 qui dérange
La déclaration financière 2025 de Trump, déposée le 30 juin auprès de l’Office of Government Ethics (OGE) dans le cadre du dispositif de prévention des conflits d’intérêts, a révélé que le président avait perçu 1,4 milliard de dollars de revenus liés aux cryptomonnaies au cours de l’année écoulée. Ces revenus proviennent notamment de sa memecoin Official Trump (TRUMP) et de la société familiale World Liberty Financial.
Le fait qu’un président en exercice tire l’essentiel de ses revenus annuels de produits crypto – memecoin, token de gouvernance, finance décentralisée – constitue un précédent institutionnel sans équivalent dans l’histoire américaine. Les enjeux entourant les revenus crypto de Trump et les conflits d’intérêts associés à World Liberty Financial alimentent depuis plusieurs mois les débats au Congrès.
La Maison-Blanche a répondu via sa porte-parole Anna Kelly. Selon Cointelegraph, elle a indiqué que « all of the president’s assets are in held in fully discretionary accounts managed by independent third-party financial institutions“ » et « there are no conflicts of interest. » En juillet 2026, Trump avait lui-même déclaré qu’il n’y avait « nothing illegal » et « nothing wrong » à profiter de ses investissements crypto en tant que président.
Le CLARITY Act au cœur d’un bras de fer partisan
Le vote imminent au Sénat sur le Digital Asset Market Clarity Act donne à la démarche de Warren une résonance politique immédiate. Plusieurs sénateurs démocrates ont d’ores et déjà signifié qu’ils refuseraient de soutenir tout texte dépourvu de dispositions claires sur l’éthique, citant explicitement les conflits d’intérêts potentiels du président.
Parallèlement, la House Financial Services Committee’s Subcommittee on Digital Assets tenait vendredi une audition sur le CLARITY Act à New York. Le représentant French Hill, président de la commission principale, a qualifié le texte de « priorité bipartisane » pour le Congrès – une assertion nuancée par l’absence apparente de tout élu démocrate à cette audition.
Si le Sénat adopte le texte avec soixante voix, le projet retournera à la Chambre des représentants, qui l’avait déjà approuvé en juillet 2025. La réponse – ou l’absence de réponse – de Trump à la demande de Warren d’ici le 23 juillet constituera elle-même un signal politique fort sur la volonté de transparence de la Maison-Blanche à l’heure où le cadre réglementaire américain des actifs numériques se joue.