Coinbase ne veut plus être seulement un exchange. L’ambition affichée est désormais claire: bâtir une super application financière qui remplace le compte bancaire du quotidien, avec paiements, carte de crédit et récompenses en Bitcoin, le tout sur une infrastructure crypto. À la clé, une promesse de coûts plus bas et de services plus rapides, alors que l’entreprise critique de plus en plus ouvertement les commissions de 2 à 3 % prélevées à chaque paiement par carte.
De la vision à la feuille de route: faire de Coinbase le « compte principal »
D’abord, le cap est assumé publiquement. Le patron de la plateforme explique vouloir transformer l’app en « compte financier principal » des utilisateurs en agrégeant dépenses, encaissements et récompenses, et en connectant tout cela à l’infrastructure crypto. Autrement dit, on parle de passer d’un guichet d’investissement à un hub intégré où l’on paie, l’on épargne et l’on emprunte au même endroit. Dans ce cadre, l’objectif est aussi d’adresser le grand public, non plus seulement les traders, en masquant la complexité blockchain derrière une expérience familière.
We're building a better set of financial services, so Coinbase can be your primary financial account. https://t.co/ciofIOIuKs
— Brian Armstrong (@brian_armstrong) September 19, 2025
Ensuite, l’argumentaire anti-frais bancaires sert de fil rouge: si un paiement n’est qu’un flux de données, pourquoi coûte-t-il autant à l’utilisateur et au commerçant ? En filigrane, la super application veut substituer une infrastructure crypto à certains circuits carte classiques, tout en maintenant un niveau d’ergonomie comparable.
Pourquoi viser la banque : coûts cartes, crypto et cadre qui se précise
Par ailleurs, la fenêtre d’exécution s’ouvre parce que le cadre réglementaire américain se décante progressivement. Cette clarification, perçue en interne comme un véritable tremplin, autorise l’entreprise à aligner une feuille de route plus offensive côté paiement et crédit. En parallèle, des partenariats bancaires existent déjà pour opérer les points de jonction avec le système fiat, même si la volonté affichée reste d’évoluer sur un terrain de jeu « à armes égales » avec les acteurs historiques.
Ensuite, l’offre carte se renforce avec un positionnement distinctif: l’idée d’une carte assortie de 4 % de cashback en BTC s’inscrit dans ce récit d’une migration progressive des usages quotidiens vers l’app. En pratique, il s’agit de concurrencer le modèle des banques de détail sur ses propres symboles: la carte, les paiements, les récompenses, mais avec une économie de coûts supposée plus efficace.
Rendement et DeFi intégrés: l’USDC jusqu’à 10,8 % via Morpho
Surtout, la super application ne se limite pas aux paiements. Elle connecte déjà l’épargne en stablecoins à des marchés de prêts blockchain. Concrètement, l’intégration de Morpho permet à des détenteurs d’USDC de prêter directement depuis l’app et de viser des rendements sensiblement supérieurs à ceux d’une simple garde, jusqu’à 10,8 % à ce stade. L’intérêt est double: d’un côté, l’utilisateur reste dans l’écosystème Coinbase; de l’autre, il accède à la profondeur de la DeFi sans manipuler de protocoles tiers.
Morpho now powers USDC lending on @coinbase.
Millions of users can earn more on USDC with sustainable yield backed by global borrowing demand — all within the Coinbase App.
Curated by @SteakhouseFi. Powered by Morpho. pic.twitter.com/eGAWanSYoZ
— Morpho 🦋 (@MorphoLabs) September 18, 2025
Ensuite, cela intervient en plein débat sur l’interdiction des stablecoins porteurs d’intérêts. Ici, la rémunération provient du prêt blockchain et non d’un « coupon » stablecoin, ce qui distingue juridiquement les deux logiques. En filigrane, la plateforme martèle que les stablecoins ne menacent pas le crédit bancaire, mais qu’ils offrent une alternative moderne à certains rentes de traitement.
À quoi s’attendre: carte 4 % BTC, paiements natifs et défis de mise à l’échelle
Enfin, les prochaines étapes s’annoncent lisibles: élargir les paiements natifs, déployer la carte avec 4 % en BTC et pousser davantage l’USDC comme monnaie de règlement dans l’app. En parallèle, l’entreprise devra composer avec des frictions prévisibles: obligations KYC, restrictions géographiques, pédagogie sur les risques de prêt blockchain et, bien sûr, arbitrage entre simplicité d’usage et souveraineté utilisateur.
Ensuite, l’enjeu sera de tenir la promesse de coût et de rapidité tout en gardant une interface utilisateur bancarisée. Si l’application parvient à aligner paiements fluides, crédit compétitif et épargne stablecoin productive dans un cadre réglementé, alors l’idée de « remplacer la banque » cessera d’être un slogan. Dans ce scénario, l’utilisateur n’aura plus à choisir entre CeFi confortable et DeFi performante: il retrouvera les deux, encapsulés dans la même super application.
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