L’informatique quantique progresse et avec elle, une menace très concrète pèse sur la sécurité des blockchains actuelles. Plusieurs réseaux de niveau 1 (Layer 1) prennent aujourd’hui le pari de la securité quantique.
Pourquoi la sécurité quantique devient cruciale
Les ordinateurs quantiques exploitent des propriétés physiques radicalement différentes des ordinateurs classiques. Grâce à des algorithmes comme celui de Shor ou de Grover, ils peuvent menacer les fondations cryptographiques actuelles.
Les signatures numériques et les fonctions de hachage qui garantissent l’intégrité et l’authenticité des transactions blockchain sont menacées. Ces signatures reposent aujourd’hui sur des algorithmes comme RSA, ECC, SHA-256… Des standards cryptographiques qui pourraient être dépassés à terme.
Ce risque ne relève plus de la science fiction. Des institutions comme Securities and Exchange Commission (SEC) alertent maintenant les acteurs de la finance crypto. Des ordinateurs quantiques pourraient être opérationnels dès 2028, et capables de “casser” des blockchains majeures comme Bitcoin ou Ethereum.
Face à ces menaces, la communauté blockchain explore des solutions fondées sur la cryptographie post quantique (PQC). Il est impératif pour l’industrie d’amorcer la réflexion, voire l’action.
Microsoft built a 1-million-qubit quantum computer.
Bitcoin holders are panicking—this could crack crypto encryption.
But your seed phrase has 340,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000 combinations.
Here's why quantum still can't touch it: pic.twitter.com/kiI5oIXej1
— GC Cooke (@Gccooke) August 11, 2025
De nombreux experts rejettent l’imminence de la menace, mais tous s’accordent à dire que le risque existe, à terme. Il faut anticiper le “jour Q” (Jour Quantique) avant qu’il ne survienne.
Mais la transition reste très complexe. Cela revient à changer le moteur d’un avion en plein vol commercial rempli de passagers. La mission est pour le moins technique et dangereuse. Il faut adapter les signatures, les échanges de clés, les protocoles de consensus.
Certains réseaux préparent déjà le virage quantique
Certaines blockchains ont déjà pris les devants. Par exemple, le bien nommé Quantum Resistant Ledger (QRL) est l’un des premiers Layer 1 conçus nativement pour résister à l’informatique quantique. Il utilise un schéma de signatures post quantique (XMSS), ce qui le rend, en théorie, immunisé contre les attaques quantiques.
D’autres réseaux plus démocratisé et connus s’y mettent aussi. Algorand, par exemple, figure parmi les réseaux évoqués comme candidats à une migration vers une cryptographie post quantique. De même, des projets comme Hedera sont régulièrement cités comme des blockchains “quantum ready”.
Pour le reste, l’essentiel des protocoles n’est pas prêt. Certaines approches adoptent la voie la plus conservatrice. Migrer vers des algorithmes post quantiques standardisés et déjà reconnus. Il existe en effet des recommandations d’institutions académiques et de cybersécurité comme le NIST américain qui ont d’ores déjà standardisé des normes post quantiques.
Algorand has executed the first post-quantum transaction on its mainnet using NIST-selected Falcon signatures. This transaction demonstrates that quantum-resistant signatures can now protect real digital assets on a live public blockchain today.
…While some researchers argue…
— alexacarr.algo (@AlexaJaccarino) November 3, 2025
Cela implique des changements profonds dans le code et l’infrastructure sous jacente. Certains experts estiment qu’une mise à niveau tardive pourrait exposer des actifs pour de longues années. Parmi les cibles de choix, les premiers bitcoins minés.
Ils sont souvent considérés “perdus” car inaccessibles pour leur propriétaires qui ont mal géré leurs clés privées. Mais ils sont toujours onchain, visibles. Et la suprématie quantique pourrait les rendre accessibles. Ils sont en effet hébergés sur des portefeuilles très vulnérables.
Si nos wallets actuels ne sont pas encore totalement hermétiques au quantique, ils ont de quoi retarder les attaques. L’informatique quantique n’est plus une spéculation lointaine. Elle pose déjà un défi concret à la sécurité des blockchains.
Les réseaux Layer 1 qui prennent aujourd’hui le virage post quantique prendront de l’avance en termes de sécurité long terme. Ils jettent les bases d’un avenir cryptographique durable et sécurisé. Mais le chemin sera long et sinueux.
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