Réunis au-delà du cercle arctique à Longyearbyen, Svalbard, lors du Soldøgn Interop, les core contributors d’Ethereum ont convergé la semaine dernière sur une cible de 200 millions de gas limit post-Glamsterdam – soit une hausse de 3,3x par rapport au plafond actuel de 60 millions – débloquée par trois chantiers techniques simultanés : l’intégration native de la séparation proposant-constructeur (ePBS via EIP-7732), les listes d’accès au niveau du bloc (EIP-7928) permettant l’exécution parallèle, et la repriorisation des coûts d’écriture d’état (EIP-8037), le tout confirmé par Tim Beiko, responsable du support protocolaire à l’Ethereum Foundation, qui a également signalé qu’un doublement supplémentaire du gas limit est attendu « soon after » le déploiement prévu dans les prochains mois – une promesse de scalabilité massive qui soulève une question structurelle pour les détenteurs d’ETH, les opérateurs DeFi et les investisseurs institutionnels : s’agit-il d’une mise à niveau capable de redéfinir la compétitivité d’Ethereum face aux Layer-1 alternatifs et de rapatrier l’activité migrée vers les Layer-2 – ou assistons-nous à un triplement de capacité qui, sans une demande équivalente, risque de comprimer durablement les frais, d’étouffer le mécanisme de burn EIP-1559, et de fragiliser la thèse monétaire de l’ETH ?
Contexte – anatomie des trois chantiers Glamsterdam et ce que le passage de 60M à 200M de gas limit révèle sur la mécanique réelle de la scalabilité d’Ethereum
Pour comprendre la portée réelle de ce signal, il faut soulever le capot de la mécanique. Le gas limit d’Ethereum n’est pas simplement un curseur arbitraire : c’est une contrainte fondamentale qui détermine la quantité de calcul, de lecture et d’écriture d’état qu’un bloc peut contenir dans un intervalle de 12 secondes. Aujourd’hui fixé à 60 millions d’unités de gas par bloc, ce plafond constitue le goulot d’étranglement principal de la couche d’exécution d’Ethereum. L’élever à 200 millions sans modifier le temps de bloc exige que les clients puissent traiter ces transactions significativement plus vite – ce qui n’est possible que si la structure même des blocs évolue en profondeur.
C’est précisément l’objet des trois workstreams de Glamsterdam. Le premier, l’ePBS (enshrined Proposer-Builder Separation), restructure la chronologie interne d’un slot en introduisant des délais explicites pour la construction du bloc, la révélation du payload et les attestations. Concrètement, cela signifie que les constructeurs de blocs professionnels – qui optimisent aujourd’hui l’extraction de MEV en opérant hors protocole – sont intégrés nativement dans le consensus, réduisant la latence de coordination et offrant davantage de marge temporelle à l’exécution elle-même. C’est un gain de headroom qui ne vient pas de l’augmentation du temps de bloc, mais d’une meilleure organisation de son intérieur.

Le deuxième chantier, les Block-Level Access Lists spécifiées dans EIP-7928, est probablement le plus déterminant pour justifier techniquement le passage à 200M de gas. En pré-déclarant l’ensemble du jeu de lecture/écriture d’état qu’un bloc va nécessiter, les clients peuvent désormais pré-charger ces données en parallèle avant même que l’exécution ne commence – c’est ce qu’on appelle le parallel execution et le batched I/O. Le calcul de la racine d’état (state root computation), qui était jusqu’ici strictement séquentiel et représentait une fraction majeure du temps de traitement d’un bloc, peut également être parallélisé. Sans cette évolution, un gas limit de 200M provoquerait simplement une accumulation de latence inacceptable sur les nœuds validateurs.
Le troisième chantier, EIP-8037, est le garde-fou économique du système. En augmentant le coût de l’écriture de nouveau état – c’est-à-dire la création de nouvelles entrées dans la base de données globale d’Ethereum – il s’assure qu’un gas limit multiplié par 3,3 ne se traduise pas par une explosion de la taille de l’état global, qui rendrait le réseau progressivement plus difficile à synchroniser et à opérer. Les équipes de développement ont simplifié le modèle initial – un tarif dynamique par octet d’état avait été envisagé – en faveur d’un coût fixe, une décision pragmatique qui facilite les tests et le benchmarking avant le déploiement. Parmi les EIP secondaires, EIP-8061 (augmentation du churn de sortie/consolidation des validateurs) a été approuvé, EIP-8080 (sorties via la file de consolidation) a été rejeté, et EIP-8045 a été restreint aux seules tâches du proposant dans la fenêtre de look-ahead. Comme nous l’analysisions concernant les nanopaiements sans gas de Circle déployés sur 11 blockchains en mainnet, la question de la réduction des frais d’exécution constitue désormais un enjeu systémique sur l’ensemble de l’écosystème Ethereum, et Glamsterdam en représente la réponse la plus ambitieuse au niveau de la couche de base.
La prochaine étape confirmée est un doublement supplémentaire du gas limit « soon after » Glamsterdam, selon les propres mots de Tim Beiko – ce qui projetterait le plafond au-delà de 400 millions à moyen terme. Les chiffres finaux seront confirmés lors des prochains appels AllCoreDevs, et le fork Hegotá – qui devrait intégrer les Verkle Trees pour l’efficacité du stockage d’état – est déjà en file d’attente pour succéder à Glamsterdam fin 2026.
Signal sectoriel – ce que le triplement de la capacité d’exécution d’Ethereum révèle sur la tension structurelle entre compétitivité L1, économie des Layer-2 et thèse monétaire de l’ETH
L’ironie est mordante : la mise à niveau la plus ambitieuse de la couche d’exécution d’Ethereum depuis des années risque précisément d’aggraver le problème qu’elle est censée résoudre pour les détenteurs d’ETH. Le mécanisme EIP-1559, introduit en août 2021 et renforcé après le Merge en septembre 2022, fait brûler une fraction des frais de base à chaque transaction – créant ainsi une pression déflationniste sur l’offre d’ETH qui a constitué le cœur de la thèse « ultrasound money ». Or, les données de DeFiLlama montrent que les frais de réseau Ethereum ont tendance à la baisse depuis plusieurs années, une dynamique que Glamsterdam va structurellement amplifier en inondant le marché de capacité d’exécution supplémentaire sans garantie de demande équivalente.
Dans le contexte compétitif actuel, Ethereum fait face à une double pression : d’une part, les Layer-1 alternatifs comme Solana, Avalanche et Sui ont capté une part croissante des flux DeFi en offrant des frais structurellement plus bas et des débits plus élevés ; d’autre part, les Layer-2 d’Ethereum – Arbitrum, Optimism, Base, Starknet – ont si bien réussi leur mission de décharge d’activité que le mainnet est devenu, paradoxalement, une couche de règlement peu utilisée pour les petites transactions. Le bull case de Glamsterdam repose sur une thèse de reconvergence : si le mainnet devient suffisamment bon marché et rapide, une fraction significative de l’activité DeFi, des flux de tokenisation d’actifs réels (RWA) et des stratégies de trésorerie institutionnelles pourraient revenir s’ancrer directement sur la couche de base.

Comme nous l’analysisions concernant la dynamique de demande Ethereum aux États-Unis et les catalyseurs d’un potentiel breakout, la convergence entre flux institutionnels sur les ETF ETH spot et l’adoption croissante de l’ETH comme actif de trésorerie d’entreprise crée une configuration dans laquelle l’amélioration de la capacité d’exécution pourrait alimenter directement la demande structurelle. Mais cette dynamique n’est pas automatique : elle dépend de la vitesse à laquelle les développeurs d’applications déploient sur le mainnet plutôt que sur les L2, et de la volonté des utilisateurs de payer même des frais réduits quand des alternatives quasi-gratuites existent.
La question de l’économie des séquenceurs Layer-2 est également en jeu. Si le mainnet Ethereum devient significativement moins cher, la proposition de valeur des L2 – qui facturent leurs propres frais de séquençage en plus des frais de publication des données sur L1 – devient plus fragile. Les opérateurs de L2 pourraient se retrouver dans une position concurrentielle délicate si la différence de coût avec le mainnet se réduit à quelques centimes. Nous sommes sur le fil du rasoir : la variable décisive n’est pas le triplement de la capacité lui-même, mais la réponse de la demande dans les six à douze mois suivant le déploiement de Glamsterdam.
Hausse de capacité sans garantie de demande, compression du burn EIP-1559 ou renaissance du mainnet : deux lectures qui s’affrontent sur l’impact réel de Glamsterdam pour la valeur et la monétisation d’ETH
Scénario haussier : Le triplement du gas limit s’accompagne d’un retour progressif de l’activité DeFi, des applications de tokenisation RWA et des protocoles d’IA agentique vers le mainnet Ethereum, attirés par une combinaison de frais réduits, de meilleures garanties de sécurité et de crédibilité de règlement que les L2 ne peuvent pas entièrement répliquer. Dans ce scénario, la demande de gas croît proportionnellement à la capacité – maintenant les frais de base à des niveaux suffisants pour que le mécanisme de burn EIP-1559 reste actif à grande échelle. L’ETH retrouve un profil légèrement déflationniste ou neutre en émission, soutenant la thèse monétaire. Combiné à la dynamique de demande institutionnelle via les ETF ETH spot et les stratégies de trésorerie d’entreprise analysées dans notre couverture de la demande institutionnelle américaine sur Ethereum, ce scénario pourrait voir l’ETH retrouver des niveaux au-dessus de 3 000 dollars dans les douze mois suivant le déploiement. (probabilité estimée : 35%)

Scénario baissier : La capacité d’exécution triplée ne génère pas de demande équivalente – les frais de base restent déprimés, le burn EIP-1559 s’amenuise structurellement, et l’émission nette d’ETH redevient inflationniste. La pression sur le premium monétaire de l’actif s’accentue, fragilisant la thèse « ultrasound money » qui a soutenu une partie de la demande institutionnelle. Les L1 alternatifs et les L2 continuent de capter l’essentiel de l’activité utilisateur, et Glamsterdam devient une amélioration technique sans traduction en valeur perçue pour les détenteurs d’ETH. Dans ce contexte, les niveaux de résistance technique actuels autour de 2 365 dollars pourraient constituer un plafond durable, avec un risque de rechute vers les zones de support inférieures à 1 800 dollars si le sentiment macroéconomique se dégrade simultanément. (probabilité estimée : 40%)
Scénario intermédiaire : Glamsterdam améliore objectivement les performances d’Ethereum et réduit les frais sans déclencher ni explosion de la demande ni effondrement du burn. L’ETH oscille dans une fourchette large entre 2 000 et 3 200 dollars, l’émission reste légèrement inflationniste mais contenue, et l’upgrade est perçu comme un investissement infrastructurel dont les bénéfices se matérialiseront sur le cycle suivant – notamment via Hegotá et les Verkle Trees. La communauté reste constructive, les développeurs continuent de déployer sur Ethereum, et le réseau consolide sa position de couche de règlement institutionnelle sans reconquérir la dominance DeFi qu’il a perdu au profit des L2. (probabilité estimée : 25%)
Nous sommes sur le fil du rasoir : la question n’est pas de savoir si Glamsterdam sera déployé – le consensus technique est solide et le calendrier sur les prochains mois est crédible – mais si l’écosystème applicatif répondra à l’invitation d’un mainnet plus rapide et moins cher en y ramenant des volumes substantiels, ou si l’inertie des L2 et la fragmentation de la liquidité auront créé des effets de réseau irrécupérables.
Ce que Glamsterdam change concrètement pour les investisseurs exposés à l’ETH, aux protocoles DeFi, aux opérateurs Layer-2 et aux développeurs d’applications
- Détenteurs d’ETH long terme – La mise à niveau est à double tranchant : techniquement positive pour la compétitivité du réseau, potentiellement négative à court terme pour la thèse déflationniste. Surveillez l’évolution du taux d’émission nette d’ETH dans les mois suivant le déploiement – si le burn reste inférieur à l’issuance de staking, le premium monétaire de l’actif sera sous pression. Une position de staking liquide via des protocoles comme Lido ou Rocket Pool permet de capturer le rendement de validation même dans un contexte de frais bas.
- Participants DeFi actifs – Des frais de gas structurellement plus bas sur le mainnet représentent un gain direct sur les coûts de transaction pour les stratégies d’arbitrage, de rebalancement de portefeuille et d’interaction avec les protocoles de lending. Les protocoles déployés uniquement sur les L2 pourraient voir une pression compétitive accrue si des équivalents mainnet proposent des coûts similaires avec de meilleures garanties de sécurité et de finalisté. La période post-Glamsterdam est une fenêtre opportune pour réévaluer la localisation de vos positions DeFi.
- Opérateurs et investisseurs Layer-2 – Glamsterdam ne tue pas les L2 – leur avantage de débit et d’expérience utilisateur reste intact pour de nombreux cas d’usage – mais il compresse la différentiation par le prix. Les L2 avec des modèles économiques dépendants d’un mainnet coûteux devront accélérer leur développement de propositions de valeur distinctives (confidentialité, spécialisation sectorielle, composabilité native). Surveiller les flux de TVL entre mainnet et L2 dans les 90 jours suivant le déploiement constitue un indicateur précoce de la réponse du marché.
- Trésoriers institutionnels et stratèges ETH – L’argument infrastructurel d’Ethereum – réseau le plus sécurisé, le plus décentralisé, couche de règlement de référence pour la tokenisation RWA – est renforcé par Glamsterdam, indépendamment de l’impact sur les frais. Les institutions qui construisent des stratégies de trésorerie ETH à long horizon devraient lire Glamsterdam comme un signal positif sur la viabilité technique du réseau, en déconnectant l’analyse de l’impact à court terme sur le prix.
- Développeurs d’applications et protocoles – L’EIP-7928 ouvre des possibilités d’optimisation architecturale significatives : les applications qui décomposent leurs transactions en jeux de lecture/écriture explicites pourront bénéficier d’une exécution plus rapide et potentiellement moins coûteuse. C’est un changement de paradigme dans la conception des smart contracts qui nécessite une réévaluation des patterns d’optimisation actuels.
La prudence reste de mise : les dates de déploiement dans l’écosystème Ethereum ont historiquement glissé, et la confirmation des chiffres finaux – notamment le plancher de 200M et les paramètres de repriorisation EIP-8037 – reste soumise aux prochains appels AllCoreDevs, dont l’issue n’est pas garantie.
Les indicateurs clés à surveiller pour valider la thèse sur l’impact de Glamsterdam sur la demande d’exécution Ethereum et la dynamique du burn EIP-1559 dans les six prochains mois
- Taux de burn ETH quotidien post-déploiement – (Source : Ultrasound.money) – Mesure la quantité d’ETH détruite via le mécanisme EIP-1559 ; reflétera directement si la hausse de capacité génère une demande de gas proportionnelle. Signal haussier si le burn quotidien se maintient au-dessus de l’issuance de staking (environ 1 700 ETH/jour actuellement) ; signal baissier si l’émission nette redevient positive de manière persistante sur 30 jours.
- Gas utilisé / Gas disponible (ratio d’utilisation des blocs) – (Source : Etherscan) – Indique si la capacité additionnelle est réellement consommée par des transactions. Signal haussier si le taux d’utilisation reste au-dessus de 50% dans les 60 jours post-déploiement ; signal baissier si les blocs restent structurellement sous-remplis à moins de 30%, signalant l’absence de demande équivalente.
- TVL mainnet Ethereum vs TVL agrégé L2 – (Source : DeFiLlama) – Mesure le mouvement de liquidité entre couches. Signal haussier si le ratio TVL mainnet / TVL L2 augmente de plus de 10% dans les six mois suivant Glamsterdam, suggérant un retour d’activité vers la couche de base ; signal baissier si les L2 continuent de gagner des parts de marché en TVL malgré des frais mainnet réduits.
- Frais de gas moyens (gwei) – (Source : ETH Gas Station / Etherscan Gas Tracker) – Mesure directe de l’équilibre offre/demande d’exécution. Signal haussier si les frais moyens se stabilisent entre 5 et 15 gwei, suggérant une utilisation soutenue sans pression inflationniste excessive ; signal baissier si les frais s’effondrent en dessous de 2 gwei durablement, confirmant la thèse de surcapacité.
- Cours ETH/USD et prime sur les ETF ETH spot – (Source : Bloomberg / CoinGecko) – Baromètre de la perception marché de la mise à niveau. Signal haussier si l’ETH dépasse et consolide au-dessus de 2 800 dollars dans les 30 jours précédant ou suivant le déploiement ; signal baissier si le cours recule sous 1 800 dollars malgré l’annonce, signalant une déconnexion entre fondamentaux techniques et sentiment marché.
- Progression des devnets et testnets Glamsterdam – (Source : Ethereum.org / AllCoreDevs calls) – Indicateur avancé du risque de délai de déploiement. Signal haussier si les testnets publics sont déployés sans incidents majeurs avant fin T3 2026 ; signal baissier si des bugs critiques ou des incompatibilités de clients (comme les problèmes rencontrés avec le client Teku de Consensys sur des tests précédents) retardent le passage en mainnet au-delà de T4 2026.
- Nombre de transactions DeFi sur mainnet vs L2 – (Source : Dune Analytics) – Mesure la réponse comportementale des utilisateurs à la réduction des frais mainnet. Signal haussier si le volume de transactions DeFi sur le mainnet croît de plus de 20% en six mois post-Glamsterdam ; signal baissier si les volumes restent stagnants malgré des frais divisés par deux ou plus.
Perspectives – scénarios pour les investisseurs exposés à l’ETH et aux protocoles Ethereum d’ici la fin 2026, couvrant l’impact de Glamsterdam sur la capacité d’exécution, la dynamique du burn et le positionnement compétitif d’Ethereum face aux Layer-1 alternatifs et aux Layer-2
Scénario 1 – La renaissance du mainnet : Glamsterdam se déploie dans les délais annoncés (avant fin T3 2026), les frais de gas chutent à des niveaux structurellement compétitifs avec les L2 à moindre sécurité, et une nouvelle génération d’applications DeFi, de protocoles RWA et d’infrastructures d’IA agentique choisit le mainnet comme couche de déploiement principale. Le volume de transactions triple dans l’année suivant le déploiement, maintenant un niveau de burn suffisant pour préserver la neutralité monétaire de l’ETH. Hegotá, avec ses Verkle Trees, amplifie ensuite l’efficacité de stockage d’état, créant un cycle vertueux de réduction des coûts d’opération de nœuds et d’attractivité pour les développeurs. L’ETH atteint 4 000 dollars d’ici mi-2027. (probabilité estimée : 25%)

Scénario 2 – L’upgrade technique sans catalyseur de demande : Glamsterdam est déployé avec succès d’un point de vue technique, mais la demande d’exécution ne suit pas à court terme. Les frais de base s’effondrent, le burn EIP-1559 s’atténue significativement, et l’ETH entre dans une phase inflationniste modérée qui pèse sur le sentiment des holders. Les L2 continuent de dominer en termes de volume d’activité utilisateur, et Ethereum consolide son positionnement en couche de règlement et de sécurité plutôt qu’en couche d’exécution principale. L’ETH navigue entre 1 800 et 2 800 dollars jusqu’à fin 2026, en attente d’un prochain catalyseur de demande. (probabilité estimée : 45%)
Scénario 3 – Le délai et la fenêtre manquée : Des incompatibilités de clients, des bugs détectés sur les devnets ou des désaccords sur les paramètres finaux de EIP-8037 retardent Glamsterdam au-delà de T4 2026. Dans ce délai, la compétition s’intensifie : Solana consolide sa domination sur les applications à haute fréquence, les L2 d’Ethereum renforcent leurs effets de réseau propres, et l’argument « Ethereum va scaler » perd de sa résonance auprès des capitaux institutionnels impatients. L’ETH subit une pression de sentiment négatif liée à la déception sur le calendrier, avec un risque de test des supports à 1 600 dollars en cas de conjonction avec un choc macro. (probabilité estimée : 30%)
Dans les trois cas, une vérité s’impose avec une clarté implacable : Glamsterdam représente le pari technique le plus structurant qu’Ethereum ait fait depuis le Merge sur la compétitivité de sa couche d’exécution – un pari qui repose non seulement sur l’excellence d’ingénierie des équipes de core development réunies à Svalbard, mais sur un postulat fondamental qui n’a jamais été rigoureusement démontré dans l’histoire d’Ethereum : que la capacité crée sa propre demande, que rendre le réseau plus rapide et moins cher suffira à rapatrier l’activité qui a migré vers les Layer-2 et les Layer-1 concurrents. L’histoire des réseaux technologiques enseigne que ce postulat est parfois vrai – les autoroutes ont historiquement généré le trafic qu’elles facilitaient – mais aussi que les effets de réseau déjà constitués sur des infrastructures alternatives créent des frictions de migration que la seule supériorité technique ne suffit pas toujours à surmonter. Les détenteurs d’ETH qui ont traversé la période 2022-2025, marquée par la migration massive vers les L2 et la compression des frais mainnet, savent que les mises à niveau techniques, aussi bien conçues soient-elles, ne se traduisent pas automatiquement et immédiatement en appréciation de l’actif. Ce qui distingue Glamsterdam des upgrades précédents, c’est peut-être la convergence – pour la première fois – d’une hausse de capacité d’exécution avec une demande institutionnelle structurellement plus mûre, des stratégies de trésorerie ETH en croissance, et un contexte réglementaire américain qui commence à offrir une visibilité suffisante pour que des capitaux longs déploient des positions significatives. Surveiller les AllCoreDevs calls des prochaines semaines, les résultats des testnets Glamsterdam, et le ratio burn/issuance d’ETH dans les 90 jours post-déploiement constituera la grille d’analyse la plus fiable pour réévaluer ces probabilités en temps réel. La patience reste souvent la seule arme qui ne s’enraye pas.
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