George Osborne, ex-ministre des Finances au Royaume-Uni et aujourd’hui conseiller chez Coinbase, lance un avertissement : le Royaume-Uni est en train de passer à côté d’une nouvelle révolution, celle des cryptos et des stablecoins.
“Le Royaume-Uni a raté la première vague, il ne peut pas rater la deuxième”
Dans une tribune publiée le 4 août 2025 dans le Financial Times, George Osborne n’a pas mâché ses mots. Celui qui a dirigé les finances du pays entre 2010 et 2016 affirme que la Grande-Bretagne a déjà manqué la première opportunité offerte par les cryptos, faute de cadre clair et de volonté politique.
Aujourd’hui, une seconde vague approche : celle des stablecoins, des ETF crypto, de la tokenisation… Et selon lui, le pays n’est toujours pas prêt. Pire : il continue de prendre du retard, alors que d’autres accélèrent. « On ne peut pas rester spectateurs d’un bouleversement aussi massif », dit-il.
In case you hadn’t noticed – the world is moving forward on crypto and digital assets, (esp among banks & financial institutions.)
Britain (sadly) isn’t keeping up.
Former UK Chancellor @George_Osborne is right…
…it’s time to kick into high gear.
Besides – if Osborne had… pic.twitter.com/Wu3w18P4aQ
— Ian Simpson (@ian_simpson80) August 4, 2025
Un retard structurel, politique et réglementaire
George Osborne pointe du doigt un ensemble de blocages qui empêchent l’industrie crypto de se développer au Royaume-Uni. George Osborne dénonce plusieurs freins qui bloquent le développement des cryptos au Royaume-Uni.
Les règles sont floues, parfois contradictoires, et les banques restent très méfiantes.Résultat : de nombreuses startups et investisseurs préfèrent s’installer ailleurs.
La Banque d’Angleterre, elle aussi, freine l’innovation, dit-il. Elle reste très prudente sur les stablecoins, notamment ceux en livre sterling. Et le gouvernement, dirigé par les travaillistes, ne semble pas vouloir prendre les choses en main. Osborne le dit clairement : ce n’est pas aux seuls régulateurs de décider, il faut une impulsion politique forte.
Les autres pays avancent, nous restons bloqués dans la paperasse.
Un déclassement financier à grande vitesse
Si rien ne change, le Royaume-Uni risque de perdre définitivement son rôle de leader financier mondial. Les « jeunes pousses iront innover ailleurs » prévient-il. Les investisseurs iront placer leur argent là où la réglementation est claire et les perspectives ouvertes.
Même la livre sterling pourrait être menacée. Aujourd’hui, 99 % des stablecoins sont indexés sur le dollar américain. Faute d’une alternative crédible en GBP, le Royaume-Uni risque de se retrouver dépendant d’une finance numérique façonnée à l’étranger. Et ça, Osborne le répète : c’est un risque majeur pour la souveraineté économique du pays.
Si nous ne construisons pas l’avenir de la finance ici, d’autres le feront sans nous.
Un nouveau Big Bang est nécessaire
George Osborne appelle à une réforme profonde, sur le modèle du Big Bang de 1986, qui avait transformé la City de Londres en place financière mondiale. Il faut selon lui un choc financier positif, qui redonne de la clarté et de la puissance au secteur.
Parmi ses propositions : un cadre légal solide pour les stablecoins, l’ouverture aux ETF crypto, et une collaboration plus forte entre gouvernement, banques et entreprises. Bref, un projet complet et assumé pour que le pays ne reste pas à la traîne.
Encore une occasion ratée ?
Le Royaume-Uni est à la croisée des chemins. Soit il saisit cette nouvelle chance et construit un écosystème solide autour des actifs numériques. Soit il continue de freiner, au risque de se faire dépasser définitivement par ses concurrents.
Osborne conclut son message avec :
La crypto n’est pas une mode. C’est une infrastructure mondiale. Si nous ne la développons pas ici, d’autres le feront à notre place.
Source : Financial Times
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