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La participation de FTX dans Anthropic valorisée à plus de 30 milliards de dollars

Stéphane Daniel
Faits Vérifiés
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Il est rare que l’histoire financière offre une rédemption aussi mathématique, presque cynique, à l’une de ses plus grandes fraudes. Depuis l’effondrement spectaculaire de l’empire de Sam Bankman-Fried en novembre 2022, le récit dominant a été celui de la dilapidation : des fonds clients évaporés dans des paris illiquides, des biens immobiliers fastueux et des projets altruistes mal définis. Pendant des années, les liquidateurs ont travaillé d’arrache-pied pour gratter chaque centime, revendant des actifs à la casse pour assurer un minimum de liquidité aux millions de créanciers lésés. La procédure de faillite, par nature, est une machine à transformer le temps long de l’investissement en temps court de la restitution judiciaire. Mais parfois, le calendrier du marché se venge de celui des avocats.

Selon les dernières données de marché et une analyse relayée par nos confrères de Cryptopolitan, la participation initiale de FTX dans la start-up d’intelligence artificielle Anthropic atteindrait aujourd’hui une valorisation théorique stupéfiante de plus de 30 milliards de dollars. Ce montant, à lui seul, dépasse largement le trou bilanciel initial estimé entre 8 et 11 milliards de dollars au moment de la chute de la plateforme. Cette réévaluation massive intervient alors que l’entreprise d’IA, rivale directe d’OpenAI, vient de boucler un tour de table historique, propulsant sa capitalisation totale vers des sommets inédits.

Cette révélation pose une question structurelle vertigineuse pour l’ensemble du dossier : le mécanisme de faillite, censé protéger les créanciers, a-t-il paradoxalement détruit la valeur qui aurait pu les sauver intégralement ?

L’anatomie de l’occasion manquée : 30 milliards volatilisés par la prudence juridique

Pour comprendre l’ampleur du manque à gagner, il faut plonger dans la mécanique de l’investissement initial réalisé par Alameda Research et FTX. En octobre 2021, bien avant que l’intelligence artificielle ne devienne le moteur principal des marchés financiers mondiaux, Sam Bankman-Fried injecte 500 millions de dollars dans Anthropic. À l’époque, cette somme permet au groupe d’acquérir environ 8 % du capital (après dilution) de la société fondée par d’anciens cadres d’OpenAI.

Cependant, la logique implacable du Chapitre 11 impose de sécuriser des fonds rapidement. Face à l’incertitude et à la nécessité de rembourser les clients en monnaie fiduciaire, l’administration de la faillite a pris la décision de céder cette participation. La vente, réalisée en plusieurs tranches courant 2024, a rapporté environ 1,3 milliard de dollars à la succession. Sur le papier, c’était une victoire : un profit de plus de 150 % sur l’investissement initial, une bouffée d’oxygène pour la trésorerie de la succession. Comme nous l’analysions concernant la redistribution de 2 milliards de dollars aux créanciers, chaque milliard récupéré était alors perçu comme une victoire inespérée contre l’insolvabilité.

Mais la trajectoire d’Anthropic a depuis défié toutes les prévisions. Avec une récente levée de fonds de série G portant la valorisation de l’entreprise à près de 380 milliards de dollars, la participation initiale de FTX — si elle avait été conservée — vaudrait aujourd’hui plus de 30 milliards de dollars. L’écart est colossal : la succession a encaissé 1,3 milliard là où elle aurait pu disposer d’un trésor de guerre suffisant pour rembourser chaque client, payer les amendes gouvernementales, et potentiellement rendre de l’argent aux actionnaires.

L’ironie est mordante : le “mauvais investissement” réalisé avec les fonds des clients s’avère être, rétrospectivement, l’un des placements les plus performants de la décennie, mais ses fruits orneront les bilans des fonds spéculatifs ayant racheté les parts, et non les comptes des victimes de FTX.

Signal sectoriel : Le paradoxe de l’illiquidité dans la tech

Cette situation met en lumière une faille fondamentale dans le traitement des faillites technologiques. Le système juridique américain est conçu pour figer la valeur au moment de la pétition (la date de la faillite) et liquider les actifs “risqués” pour les convertir en dollars “sûrs”. Or, dans l’économie numérique, la valeur réside précisément dans la volatilité et la croissance exponentielle à long terme. En forçant la vente prématurée d’actifs comme les actions Anthropic ou les millions de tokens Solana détenus par l’échange, la procédure de faillite a agi comme un mécanisme de vente forcée au pire moment du cycle.

Ce cas d’école pourrait influencer la manière dont les futures faillites crypto seront gérées. Il démontre que la distinction classique entre “actifs liquides” et “investissements illiquides” est obsolète. Les positions de capital-risque (VC) de SBF, souvent moquées lors du procès comme des dépenses inconsidérées, comprenaient des participations dans **Robinhood** et des protocoles majeurs qui ont largement surperformé le marché traditionnel. Dans un contexte où les levées de fonds crypto et tech connaissent une hausse des valorisations, se débarrasser trop tôt de ces positions revient à valider les pertes des créanciers au lieu de parier sur leur recouvrement.

Ce n’est plus seulement une question de gestion de faillite, mais de timing de marché. Les créanciers de FTX se retrouvent dans la position unique d’avoir financé involontairement le boom de l’IA, sans pouvoir en toucher les dividendes. L’administration actuelle de FTX, dirigée par John J. Ray III, pourra toujours arguer que conserver une position aussi volatile aurait été irresponsable juridiquement. C’est vrai. Mais sur le plan financier, l’histoire retiendra que la prudence juridique a coûté vingt fois plus cher que la fraude elle-même.

Ce que cela change concrètement pour les investisseurs

Pour les anciens clients de la plateforme et les observateurs du marché, cette valorisation théorique a des implications psychologiques et potentiellement légales, même si l’argent est déjà techniquement hors de portée.

  • Revalorisation du narratif de solvabilité — Ce chiffre de 30 milliards confirme que FTX, malgré la fraude massive, n’était pas un coquille vide mais un fonds de capital-risque géant et mal géré. Cela pourrait alimenter le ressentiment des créanciers qui recevront leurs remboursements basés sur les prix des cryptos de novembre 2022 (Bitcoin à 16 000 $).
  • Pression sur la distribution restante — Alors que la succession commence à distribuer des fonds, la connaissance de cette “perte d’opportunité” va accroître la vigilance des créanciers sur la gestion des actifs restants, notamment le portefeuille de tokens Solana (SOL) encore bloqués.
  • Argumentaire pour la défense (symbolique) — Bien que cela ne change rien aux condamnations pénales, l’équipe de SBF pourrait utiliser ces chiffres pour tenter de minimiser l’impact financier réel des pertes lors des appels futurs, en arguant que le portefeuille était fondamentalement solvable à long terme.

La prudence reste de mise : ces 30 milliards sont virtuels pour la succession FTX. Ils ne peuvent plus être réclamés. Ils servent aujourd’hui d’étalon pour mesurer l’inefficacité du processus de liquidation face à l’hyper-croissance de la tech.

Les signaux clés à surveiller

Bien que la participation soit vendue, les répercussions de cette valorisation continuent d’envoyer des ondes de choc dans le dossier de recouvrement.

  • Les rapports mensuels de l’administration FTX — Surveillez les mises à jour sur les autres positions de “Venture Capital” non encore liquidées. L’administration pourrait désormais subir une pression des créanciers pour conserver (HODL) les actifs restants plutôt que de les vendre immédiatement, espérant répliquer une performance similaire.
  • Action collective des créanciers non-US — Certains groupes de créanciers pourraient tenter d’attaquer la décision de vente prématurée, bien que les chances de succès soient minimes en raison de la protection judiciaire dont bénéficie le liquidateur. Une plainte formelle sur ce sujet serait un signal fort.
  • La roadmap d’introduction en bourse d’Anthropic — Si Anthropic s’introduit en bourse (IPO) à une valorisation encore supérieure, l’écart entre le prix de vente de FTX et la valeur de marché deviendra un sujet médiatique et politique majeur, soulignant les lacunes de la régulation des faillites 2.0.

Perspectives — les scénarios pour la clôture du dossier

Scénario 1 — La frustration contenue
Dans ce cas de figure, le marché intègre que la vente était inévitable pour des raisons légales. Les remboursements, qui pourraient atteindre 118 % à 140 % de la valeur des réclamations (en dollars de 2022), sont acceptés comme une victoire relative. La pilule des 30 milliards perdus est amère, mais les créanciers préfèrent le cash immédiat aux procès hypothétiques. Le dossier FTX se referme comme l’exemple d’une gestion de crise compétente mais conservatrice.

Scénario 2 — Le contentieux de l’opportunité perdue
Si le marché crypto continue son cycle haussier et que les actifs vendus par la succession (Solana, Anthropic, etc.) atteignent des sommets stratosphériques, une nouvelle classe de litiges pourrait émerger. Des créanciers pourraient accuser l’administration de “manquements au devoir fiduciaire” pour avoir liquidé des actifs de classe mondiale au creux du marché. Cela retarderait la clôture définitive du dossier et maintiendrait le nom de FTX dans l’actualité judiciaire jusqu’en 2027, transformant la faillite en un débat interminable sur la valeur temps de l’argent.

Quelle que soit l’issue, une vérité demeure : Sam Bankman-Fried avait sans doute tort sur la morale, mais ses algorithmes d’investissement, eux, avaient tragiquement raison.

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Pendant que les procédures de faillite s’embourbent dans des décisions lentes, des projets comme Bitcoin Hyper redéfinissent l’efficacité des transactions numériques. Ce réseau se distingue par sa capacité à traiter les transferts à une vitesse fulgurante, corrigeant les lenteurs historiques du Bitcoin classique.

Investir dans des technologies performantes comme Bitcoin Hyper permet de naviguer dans un écosystéme où la réactivité est le maître-mot du succès. En offrant une infrastructure solide et rapide, ce protocole s’impose comme une alternative crédible pour ceux qui refusent l’immobilisme des anciens systèmes financiers.

Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.


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Stéphane Daniel

Stéphane Daniel

Stéphane Daniel découvre l’univers des crypto-monnaies à travers Solana, alors que le projet en est encore à ses balbutiements. Issu d’un parcours littéraire, il s’initie d’abord à l’écosystème par curiosité intellectuelle, avant de s’immerger pleinement dans les rouages de la blockchain et des marchés numériques. Passionné par les innovations portées par les NFT, il se lance dans le trading de collections émergentes, tout en affinant ses compétences en analyse technique et fondamentale.
Au fil des années, Stéphane développe une expertise reconnue sur les nouvelles tendances Web3, les écosystèmes à haute performance comme Solana, et les dynamiques communautaires autour des tokens et des actifs numériques. En tant que journaliste, il combine rigueur analytique et pédagogie, avec une plume claire et engagée. Son objectif : rendre accessibles les enjeux complexes du secteur crypto au plus grand nombre, sans jamais céder au sensationnalisme.

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