Dans une décision qui a ravivé les tensions, JPMorgan a brutalement fermé les comptes personnels de Jack Mallers, CEO de la plateforme crypto Strike. Cette décision laisse planer le doute quant aux motivations réelles de cette fermeture et au problème persistant de la débancarisation du secteur de la crypto.
Fermeture de compte pour motif inconnu
L’affaire éclate lorsque Jack Mallers a révélé sur X (anciennement Twitter) que tous ses comptes personnels chez JPMorgan avaient été clôturés sans préavis ni explication détaillée. Selon M. Mallers :
Le mois dernier, JPMorgan Chase m’a retiré de ses services bancaires. C’était assez étrange. Mon père était client privé chez eux depuis plus de trente ans. Chaque fois que je demandais la raison, on me répondait invariablement : Nous ne sommes pas autorisés à divulguer cette information.
Yes. A proud moment.
So proud I got it framed. https://t.co/uo6v2Xfr8p pic.twitter.com/Myfo59Wn3B
— Jack Mallers (@jackmallers) November 23, 2025
JPMorgan, pour sa défense, a alors évoqué une “activité préoccupante” détectée lors d’un contrôle de conformité de routine, faisant référence aux obligations découlant de la loi sur le secret bancaire, mais refusant de fournir plus de précisions. Une lettre de clôture remise à M. Mallers indiquait :
Nous sommes attachés au respect de la réglementation et à la protection de la sécurité et de l’intégrité du système financier. De ce fait, il se peut que nous ne soyons pas en mesure d’ouvrir de nouveaux comptes pour vous à l’avenir.
Cette décision plutôt floue est d’autant plus frappante que la famille Mallers était membre de longue date de la banque, alimentant ainsi les spéculations selon lesquelles cette fermeture pourrait être liée à sa position influente dans le secteur de la crypto. Comme l’a souligné Jason Allegrante, journaliste financier et directeur juridique et de la conformité chez Fireblocks, dans une interview :
Laisser les autorités de régulation prendre de telles décisions soulève de sérieuses questions quant à l’accès au système financier américain et porte atteinte à l’État de droit.

Les réactions du secteur crypto
Cette fermeture a suscité alors un vif débat quant à savoir si les banques continuent d’exclure les acteurs du secteur de la crypto, au mépris des directives gouvernementales. En août, le président américain Donald Trump a promulgué un décret interdisant explicitement le débancage des entreprises liées à ce secteur. Bo Hines, ancien directeur du Conseil des conseillers de Trump sur les actifs numériques et aujourd’hui conseiller stratégique chez Tether déclare ainsi :
Cette mesure visait à mettre fin à ce qu’on a appelé l’Opération Choke Point 2.0, une initiative présumée de l’administration Biden visant à contraindre les banques à rompre leurs liens avec les entités travaillant dans le domaine des actifs numériques.
Ce scepticisme est partagé par de nombreux membres de la communauté crypto, qui soupçonnent les institutions bancaires de continuer à exercer des pressions officieuses sur les acteurs de la cryptomonnaie, malgré ces changements réglementaires. Jason Allegrante averti en soulignant les enjeux mondiaux de telles mesures :
Tenter d’étouffer les cryptomonnaies ne les fera pas disparaître ; cela ne fera que les pousser à prospérer ailleurs et à laisser les États-Unis à la traîne.
Les experts de la crypto affirment que les récentes péripéties, notamment la faillite des banques pro crypto comme Silvergate et Signature, ont encore davantage miné la confiance des entrepreneurs du secteur dans l’accès aux services bancaires américains traditionnels.
A ce jour, Strike n’a signalé aucune perturbation de ses activités. La fermeture du compte de Jack Mallers chez JPMorgan a simplement mis en lumière la précarité de la situation des entrepreneurs de la crypto au sein du système financier américain. Pour l’instant, le cas du PDG de Strike suggère que, même dans un environnement normalement protégé, la limite entre la gestion des risques et la discrimination envers les entrepreneurs crypto demeure dangereusement frêle.
Source : X (anciennement Twitter)
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